23.7.08

Dernières nouvelles de la ZONE DE SINE

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Chassons les mauvaises pensées
Par Pierre Marcelle
vendredi 29 août 2008

Le chat de Siné

D’abord, dire cette évidence que, malgré le black-out décrété à Charlie Hebdo, où les grands ciseaux d’une censure furieuse font depuis six semaines taire les langues et s’écraser les plumes, elle n’est pas terminée, «l’affaire Siné»… Aussi bien ferait-on mieux de parler d’une «affaire Val», tant le procès - si dérisoire en ses attendus, si tragi-comique en ses conséquences - destiné à assassiner un homme en l’expulsant «à jamais» des bibliothèques (ainsi qu’y appelle la ministre de la Culture (!) Albanel), s’est retourné contre ses instigateurs. Entendez le silence soudain de procureurs qu’on avait connus plus prompts à bramer leur passion pour le débat d’idées et la liberté de la presse, lesquels, sur l’air fameux du «Je-ne-suis-pas-d’accord-avec-ce-que-vous-dites-mais-je-serais-prêt-à mourir-pour-que-vous-le-disiez» (paroles de Voltaire, musique de Tocqueville), font très bien dans des colonnes éditoriales, pourvu qu’ils restent à l’état de bandeau publicitaire…

Donc, le mal est fait. Siné est viré, le «nouveau» Charlie a achevé de se renier et sa rédaction de se coucher ; ainsi la «liberté grande» de Julien Gracq, si volontiers brandie en viatique, se découvre-t-elle réduite en charpie. Se méfier de ceux qui l’invoquent en y mettant des barbelés ; ceux qui, plaidant si mollement pour la licence de dire, et d’écrire, et de dessiner, se sentent si peu sûrs d’elle - et d’eux-mêmes - qu’ils se croient tenus de faire précéder leurs plaidoyers d’un prudent «je n’aime pas trop Siné, mais…» Normal, à propos d’un dessinateur qui toujours pensa mal.

Que, dans la chasse aux mauvaises pensées, l’infamante accusation d’antisémitisme ait encore une fois fait son office, ne surprend pas. Tout juste avons-nous été (un peu) étonnés de découvrir que son premier procureur, Philippe Val, se soit laissé aller à identifier et compter, parmi ses partisans et ses opposants, qui était juif et qui ne l’était pas (voir le portrait de Siné, in Libération du 30 juillet). Et à peine amusé en apprenant que Patrick Gaubert (député UMP qui évoqua le premier - dans Libération du 23 juin - la rumeur de la conversion au judaïsme de Jean Sarkozy) traînera Siné en justice, le 9 septembre, pour «incitation à la haine raciale»… Patrick Gaubert est président de la Licra, ce qui, si l’on ose dire, l’oblige.

C’est que, depuis certain 11 Septembre et certaine croisade irakienne, le procès en antisémitisme se dégaine à tout propos et tout prétexte, au seul profit des antisémites véritables. Arme mécanique et absolue des maîtres censeurs, il n’est plus désormais que l’étendard trop prévisible sous lequel se concoctent d’étranges alliances et incongrus jumelages… Y présidèrent, entre autres et après la loi contre le voile islamique, une pétition contre le fumeux concept de «fascislamisme» (1), la mise en scène de la trop consensuelle affaire des «caricatures de Mahomet», ou un pince-fesses sans lendemain - mais rythmé par la guitare de Carla Bruni peu avant qu’elle devienne Sarkozy - contre le test ADN de Brice Hortefeux…

Le chien de Pavlov

Où l’on constate qu’à l’heure où Bernard-Henri Lévy (2), entre deux exotiques promenades à Gori, se demande fielleusement «de quoi Siné est[-il] le nom ?» (dans le Monde du 22 juillet), le dessinateur honni fait un idéal bouc émissaire. Porteur de valises durant la guerre d’Algérie, fondateur de l’Enragé en 1968, «noniste» au référendum européen et défenseur des droits des Palestiniens, Siné incarne bien cet «antisarkozysme pavlovien» dénoncé par quatre députés socialistes emmenés par Manuel Valls (Libération du 22 juillet). Sous couvert de contester le non à la réformette constitutionnelle, leur tribune désignait l’ennemi à abattre avant le congrès de Reims : en gros, tout ce qui refuse le crédo fataliste du libéralisme économique.

Outre gloser sur les travaux d’Ivan Pavlov, physiologiste qui mit en évidence, vers la fin du XIXe siècle, le réflexe conditionnel de salivation chez le chien, on pourrait déplorer la métaphore animalière (toujours «totalitaire», selon Bernard-Henri) censée délégitimer toute opposition un peu systématique aux vicieuses «réformes» du sarkozysme. Plus gravement, on avancera l’hypothèse que, derrière Siné, c’est ladite «gauche de la gauche» (et, en premier lieu, le NPA de Besancenot) que visent de conserve Val et Valls, et leurs communs partisans. On ne s’étonnera donc pas qu’en cette affaire, le chien de Pavlov soutienne résolument le chat de Siné. A l’un et à l’autre, la chasse est ouverte, mais il n’est pas acquis que l’un ni l’autre s’y laissent tirer comme des lapins.

(1) Notez que lundi dernier, comparant les talibans afghans aux nazis qui, le 25 août 1944, massacrèrent cent vingt-quatre habitants du village de Maillé, Nicolas Sarkozy inventa, comme pour y faire écho, le «nazislamisme». (2) Actionnaire de Libération et membre de son conseil de surveillance.



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Tous victimes

par Isabelle
(du premier Charlie Hebdo)

Certains veulent s'étonner de l'immense mobilisation "pour" Siné que nul, disent-ils, ne peut considérer comme une innocente victime. Certes. Tout le monde sait que le personnage est un provocateur excessif.
Mais...
C'est nous les sacrifiés, nous, les lecteurs de la presse française.
La victime, c'est la liberté d'expression dont Charlie Hebdo fut l'un des derniers lieux.
Si l'humour (autrefois qualifié par Cavanna-Bernier de "coup de poing dans la gueule") doit désormais s'en tenir à une qualité Almanach Vermot pour n'effaroucher personne, qu'est-ce qu'on va s'emmerder.
A travers Siné, ce sont tous les dessinateurs, auteurs, artistes capables de susciter autre chose qu'un sourire crispé en cul de poule qui sont brimés.
Outre ma vieille sympathie amusée pour le pote Siné, la raison forte de mon soutien est là.

Quant à l'éventualité d'un procès, quelle tristesse que des gens comme Cabu, Cavanna et Wolinski en aient désormais la trouille, eux qui ont vécu les retentissants procès, principalement contre l'armée, des belles années de Charlie Hebdo. Les témoins à décharge y étaient prestigieux. La foule en soutien débordait du palais de Justice. La présidente du tribunal dissimulait mal sa sympathie...
Des choses, là, étaient dites, portées au public. Des consciences étaient remuées.

Si la gauche au pouvoir après 1981 a pu faire quelques réformes d'importance (abolition de la peine de mort, suppression des tribunaux militaires par exemple), c'est bien parce que des "provocateurs" (militants qui ne craignaient ni les coups de matraque ni la garde à vue, artistes qui défiaient la censure) ont impatiemment préparé le terrain pendant des années, en osant n'être pas du tout politiquement corrects, sans se demander s'ils risquaient ou non des procès. Ils en avaient, parfois, souvent, des procès. Ils y ont survécu... et ils pouvaient, en sortant, se regarder dans la glace.

La société française est en plein dérapage arrière, et Charlie Hebdo dérape avec elle. C'est triste.
Enfin c'était triste jusqu'à ce que nous nous comptions ici nombreux, très nombreux, à n'être pas d'accord.
La tristesse n'est désormais plus pour nous mais pour ceux qui doivent se sentir bien seuls dans leur tour d'ivoire réactionnaire gardée par ministres et esprits sectaires.


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Les lundis de Delfeil de Ton

VIVE GOOGLE ET SINE !

Où l'on voit Internet sauver Siné

d'une machination

et comment il s'en ensuivit

une pétition indigne

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On ne remerciera jamais assez Yahoo!, Google et leurs confrères, grâce à eux il y a un peu de liberté d'expression en Chine et ils viennent de montrer leur rôle indispensable dans la défense de la liberté en France.

Que se serait-il passé sans Internet? Un preux chevalier des neiges aurait foutu Siné à la porte de «Charlie-Hebdo» en lui accrochant au cou la pancarte «antisémite» et aucun journal n'aurait moufté. La calomnie aurait fait trois lignes puis on retournait à Carla et Nicolas pendant que Siné crevait dans son coin dans le déshonneur.

Ça ne s'est pas passé comme prévu. Un puissant lobby, au service d'on ne sait quels intérêts, composé d'auteurs de Groland, des caricaturistes Lefred-Thouron et Rémi Malingrëy, augmenté du cinéaste Jean-Pierre Bouyxou, a lancé une pétition pour Siné. Avec la pétition lancée en Belgique par la «section pâtissière d'Al-Qaida» de l'entarteur Noël Godin, on dépasse déjà de loin les dix mille signatures, qui vont de Jean Nouvel à Philippe Geluck et de Michel Onfray à Bruno Masure, en passant par François Maspero et Annie Ernaux.

Les citoyens, par leurs commentaires sur Internet, leurs réponses aux mensonges, ont montré que dans leur immense majorité ils désapprouvaient la censure de Siné et se sont montrés fort critiques de l'arbitraire de son employeur-patron, M. Philippe Val.

Celui-ci déteste Internet. Il a écrit un jour qu'Internet était la Kommandantur. Il fait en effet une fixation sur les années 1930-1940, il n'était pourtant pas né, il voit des antisémites partout, heureusement qu'il est là pour sauver la France de la peste antisémite qui la ronge. Il voit aussi beaucoup de juifs, trop même, il se plaint dans «Libération» (30 juillet): «Pas un journaliste non juif qui me soutient.» Penser à lui demander pourquoi, et à quoi, il distingue les juifs des "non juifs". Lui-même, on ne sait comment il se voit, au vrai on s'en fout.

Vingt personnes, présentées abusivement, pour plusieurs d'entre elles, comme des intellectuels, ont signé une contre-pétition, publiée dans «Le Monde» du 1er août, lequel l'avait d'ailleurs chapeautée d'un bel article de Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur chez Gallimard. Cet article, «Nous avons besoin des outrances de Siné», réduisait cette pétition en poudre avant même qu'on l'ait lue.

Intéressante, cette pétition. Elle montrait l'affolement. C'était une tentative, qu'on sentait désespérée, de réussir enfin le lynchage de Siné. Son antisémitisme apparaissant difficile à prouver, le voilà «raciste», «homophobe», le tout démontré à coups de citations arrangées, coupées de leur contexte, ne tenant aucun compte de son ton et de son style, connus et respectés depuis plus de cinquante ans. ll est consternant de voir certains noms signataires de ce texte indigne. Alors, pour mémoire:

1) Siné a en effet commis une bêtise, en 1982, il l'a reconnu, s'en est excusé, et la Licra de l'époque l'en a absout («Libération» du 31 juillet). C'était sur une radio libre, elles l'étaient encore, vers une ou deux heures du matin, dans la première émission de Lafesse dont le principe était le suivant: on commence à minuit et on s'arrête quand tous les participants ont vidé leur bouteille de whisky. Il s'y est emporté contre «l'Afrique du Sud où 10% de la population interdit aux autres 90% de s'asseoir sur les bancs publics. Il y a deux pays racistes, ce sont l'Afrique du Sud et Israël. Quand Israël bombarde, si on me dit qu'être antisioniste c'est être antisémite, alors je suis antisémite». Voir la suite, où elle figure seule, dans cette pétition.

2) Siné, en 1992, a signé l'appel pour la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans le génocide des juifs. François Mitterrand, président de la République, cela ne l'intéressa pas, il préférait alors faire fleurir la tombe de Pétain.

Quant au petit M. Val qui prétend, et sa pétition avec lui, que Siné était insupportable «depuis trente ans», voici ce qu'il écrivait en 1999 en préface à l'autobiographie de Siné, qu'il éditait: «Un conseil aux anti-Siné qui voudraient le rester: n'ouvrez pas ce livre (...) dans cinq minutes vous allez vous dire: "Je rêve, ou quoi?...Mais je l'aime, ce mec..."»

On ne saurait mieux dire.

Delfeil de Ton



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Sollicité par un ami très cher au sujet de cette tempête Val-Siné, j’ai lu avec un intérêt grandissant la série de commentaires souvent pertinents et même joliments impertinents de ce blog. Ce sujet m’a d’autant plus interpellé que j’ai eu affaire à Val lorsque j’étais producteur animateur sur France inter entre les années 80 et 2000 (poste restante, bien entendu, comme ça s’écrit et beaucoup d’autres émissions). J’avais, comme nombre de gens, été bercé par l’humour ravageur “bête et méchant” de Charlie Hebdo , au point que mon fils aîné, aujourd’hui âgé de 20 ans se prénomme Charlie (I-E). Mon père, vieil anar de 83 balais, a toujours eu de la tendresse pour ce vieux râleur un peu poivrot, disons le, de Siné, moi de même et mon fils aussi. Comme Coluche ou Desproges en son temps; Siné est une sorte de fouteur de merde qui dit en classe des gros mots et ne peut s’empêcher de dire des énormités (ce qui réjouit généralement la classe)
Donc à France inter, j’invite un jour Môssieur Val, au sujet de Céline et de sa campagne pour INTERDIRE son Oeuvre (si si ) et au passage l’existence du Front National (rien que ça!!!) pour m’étonner que ce chantre de la liberté TOTALE devienne une sorte de taliban et d’ayatollah au petit pied…
Il persistait. Je compris alors que, privé de la décapante présence de Patrick Font ( qui au passag écrivait les textes drôles du duo ) et à la suite du procès d’icelui lors duquel il avait fait preuve d’une lâcheté sans nom ” je le connaissais à peine!” on a même jamais dîné ensemble” , etc. Môssieur Val s’était mis en tête de devenir Directeur de charlie Hebdo. Ce titre qui , dans la grande tradition des anars, n’était que formaliste, administratif est devenu à ces yeux le bâton de maréchal de celui qui jusqu’alors n’était qu’un fantaisiste et qui se métarmophosait peu à peu en commissaire politique rose pâle pour devenir un “éditorialiste averti de la presse Française!!!” Il s’est pris au sérieux , ce qui, on l’a vu avec Coluche, est la pire maladie dont un comique voire un humoriste, puissse être atteint. L’incident Siné est la suite de cette opération de légitimité et de conquête par cet ancien histrion repenti ( ce sont les pires !) de sa place dans “la cour des grands ” bref, une purge stalinienne!!!!
Car enfin, la mauvaise foi de Siné, dont Desproges disait avec tant de justesse attendrie que c’était un “gauchiste d’extrème droite” n’est plus à démontrer. Et puis, ce texte dont on dit pis que pendre ( on oublie au passage que la polémique fut lancée par Claude Askolovitch, qui, au prétexte d’être juif, s’est cru investi du devoir de “balancer ” Siné à son patron sur les antennes d’RTL, ce qui était détestable et digne, comme on dit chez ces parangons de vertu, comme un sésame ouvrant des portes ouvertes, des “pires heures de notre histoire” ; ce texte donc était une philippique de plus contre Sarko et l’opportunisme familial mais voilà, Siné faisait “désordre” dans ce Charlie Hebdo ” repris en main par Val pour en faire un “vrai journal” d’opinion où le Patron pisse son édito comme un gourou donne la marche à suivre. Siné, resté fidèle à l’humour bête et méchant, n’est pas toujoursd drôle mais Val ne l’est plus jamais. Et Mossieur Val, lorsqu’en dircet dans mon émission s’est vu interroger sur ce que devenait FONT m’a très vivement reproché de ne pas filtrer les appels, ce qui m’a laissé sur le cul. Vexé comme un ministre à qui un journaliste a posé une “mauvaise question” il n’a eu de cesse de demander ma tête à son ami, le socialiste bon teint jean-Luc Hees , laissant accroire que je n’étais qu’un Lepeniste rampant. (forcément, quand on ne pense pas EXACTEMENT comme lui, on ne pense pas ou pis encore on est un fasciste!) Ce qu’il a obtenu.
Voilà, j’ai répondu à mon ami qui me demandait mon avis.
Môssieur Val est un putschiste au petit pied qui a pris soin de s’entourer de mecs de talant qui lui doivent tout pour enfion faire de Charlie Sa Chose !!!
Siné semait sa zone, il a été épuré. C’est aussi bête et méchant que ça. Mais ce n’est pas drôle.
Comme De Gaulle disait à propos de Sartre vendant de façon illicite la cause du peuple dans les rues ” On ne met pas Voltaire en prison” je dirai à propose de Siné ” “On ne vire pas un grand pèreà qui l’on doit tout” Quant à Môssieur Askolovitch, je lui dis ici, en temps que juif moi -même, que s’ériger en porte parole de la lutte contre l’antisémitisme de Siné frôle l’usurpation d’identité et du crime de lèse- liberté d’expression car enfin, et depuis toujours, Charlie Hebdo, ce n’est pas “la semaine de Suzette!” même si, grâce à ce danube de la pensée unique et ce génie des carpettes de VAL ce journal tend à devenir, malgré les artistes de grand talent qui restent, un organe du parti socialiste moribond.
Val est un triste sire et Siné un joyeux drille. Voilà!

Michel Grégoire





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De
"bête et méchant "
à
"responsable et sérieux"




Quoiqu'il s'en défende dans son dernier édito de "Charlie", et malgré la (molle) réaction de Cavanna dans le même numéro, Val vient de mettre fin à l'Esprit qui portait ce journal et ses devanciers depuis plus de quarante ans.
L'Esprit-Charlie, ou l'Esprit-HaraKiri, c'était ce fatras libertaire et excessif dont Siné était devenu, dinosaure, le dernier vrai représentant.
Comme le disait clairement le titre de sa rubrique, il "semait sa zone" de semaine en semaine. Siné, comme Reiser d'ailleurs, c'est d'abord le goût de la provoc, même celle à deux balles. Tout le monde sait ça, même Val, même les adversaires de l'Esprit en question.
Tout le monde sait que Siné s'amuse à écrire n'importe quoi, ce n'est pas nouveau.
En le mettant dehors, Val, avec l'approbation apparente de sa rédaction, met un point final definitif au slogan historique : "Journal Bête et Méchant". Ce qu'il veut, c'est un journal "responsable et sérieux" que l'on puisse citer dans les revues de presse du mercredi matin.
Au-délà du cadre purement charliesque, et au-delà même des personnes mises en cause ou de leurs idées, cette dramatique affaire, ce pathétique haro sur Siné, ce ridicule déchaînement médiatique démontre une chose terrifiante : le politiquement incorrect n'a plus droit de cité dans notre France libérale.
Et ça, c'est réellement monstrueux.


Numa sadoul




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Poétons plus haut que notre cul

Qui c'est qui va lui tomber dessusse?
Le général Findus.
Qui c'est qui réfrigère le plusse?
Le général Findus.
Qui c'est qui fond dans un placard?
Le général Picard.





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LETTRE à Christine ALBANEL

par SINé
L'image “http://www.blog-sine.com/blog/wp-content/uploads/2008/08/albanel.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


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Siné : Filoche répond aux vingt politiques
et intellectuels qui soutiennent Val

sur NOUVELOBS.COM | 01.08.2008 | 12:44

Sous le titre "O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes !", le socialiste Gérard Filoche s'en prend au texte notamment signé par Bertrand Delanoë, Robert Badinter, Elie Wiesel ou encore BHL, qui prend la défense du directeur de la publication de Charlie Hebdo.

Siné

Siné

Dans un texte rendu public vendredi 1er août, le socialiste Gérard Filoche prend la défense du chroniqueur Siné et dénonce le soutien apporté par vingt politiques et intellectuels au directeur de la publication de Charlie Hebdo, Philippe Val. Siné a été accusé d'avoir tenu dans Charlie Hebdo des propos antisémites liés aux projets de conversion au judaïsme et de mariage de Jean Sarkozy avec la fille du fondateur des magasins Darty, pour lesquels il a été renvoyé de l'hebdomadaire. Voici le texte de Gérard Filoche:

"O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes ! Et combien je suis offusqué que certains signataires ci-dessus se joignent aux bien-pensants ampoulés et ridicules, à l’ordre officiel de Madame Albanel pour soutenir celui qui n'a commis d'autre "crime" récent que de s'en prendre au fils Sarkozy… Car qu'est ce qui décide ces 20 signataires à faire le procès de la carrière entière d'un dessinateur aujourd'hui âgé de 80 ans célèbre depuis ses caricatures et prises de position lors de la guerre d'Algérie, le manifeste des 121, et son immortel dessin où il montre des soutanes devant un crucifié se moquant d'un pauvre hère devant son totem ? Ce n’était pas seulement des "fulgurances", il en fallait du courage !… Siné est un combattant depuis les années 60 de toutes les causes démocratiques, antiracistes et, d'ailleurs, ne l'avez-vous pas côtoyé aux nombreux dîners des parrains de SOS-Racisme auxquels il participait, c'est là que je l'ai rencontré avec vous tous, en 1988, lorsqu’il y serrait la main de François Mitterrand, et les vôtres ? Qu'est ce qui vous prend de faire un autodafé à partir de citations tronquées, tirées de leur contexte, de sa vie, de son œuvre entière ? Vous l’excommuniez? C’est un grand honneur que vous lui faites ! Où a-t-on vu cela, vous vous prenez pour Jdanov? Comme l’a fait la ministre de la culture du père de Jean Sarkozy qui veut voir "disparaître à jamais" (un autodafé, vous amenez le briquet?) Siné, sa vie, son œuvre?

Tous, absolument tous les juristes répètent qu'il n'y a pas d'antisémitisme dans le texte incriminé de Siné, juridiquement ça n’est pas plaidable, ce n'est qu'une reprise d'une info exprimée déjà dans Libération le 23 juin par un ami de Jean Sarkozy, membre de la Licra, en termes similaires...

Vous parlez peu de l’objet précis et récent de l’affaire, ce que vous en citez est tronqué malhonnêtement, et vous étendez surtout la question "aux dérapages" de toute la vie d’un homme, en l’occurrence d’un artiste, en extrayant des excès qui vous ont semblé contestable en lui -d’un point de vue universel suprême, celui de votre absolue autorité.

Rien ne vous donne ce droit d’exécuter ainsi quelqu’un. Personne ne vous a demandé de vous mettre à 20 pour juger le bon ou le mauvais goût des caricatures de Siné, c'est son droit, sa liberté, son œuvre, et s'il est apprécié depuis plus de 50 ans, lui, ami de Prévert, de Léonor Fini ou de Malcolm X, il y a sûrement une raison à ses centaines de milliers d'admirateurs... Toute licence en art! Même pour les dessinateurs de chat, bouffeurs de curés et provocateurs! Même pour Plantu que vous exécutez au passage en donneur de leçons suprêmes que vous êtes…

Vous vous mettez en 20 pour faire la police de la pensée officielle, et estimez que cela fait des décennies que Siné aurait dû être réduit au silence? Bouh, ça fait froid dans le dos! Toute l'équipe de Hara-Kiri, Charlie Hebdo première mouture, (avant que Val ne s'en empare), est censurée épurée, réduite au silence, en un même coup, par vos propos: soit 80 % des caricaturistes célèbres dans ce pays depuis 40 ans. Votre logique, c'est d'interdire une seconde fois "Bal tragique à Colombey", ça se faisait à l’époque, après que les Yvon Bourges aient interdit "La Religieuse" de Jacques Rivette. Vous voulez, vous aussi, liquider quelque chose de mai 68 en vous en prenant à Siné et en donnant raison à Val?

Parce que vous croyez que Val a une constance dans son engagement ? Qu’il est "démocrate, défenseur et garant des principes" de Charlie Hebdo et de sa rédaction? Voulez-vous qu’on joue au même jeu des citations le concernant? Ce serait aussi facile, cruel mais dégradant. Ou comment Val a tiré profit de Charlie, et comment il traite le droit de ses salariés dans le journal sur lequel il a mis la main, comment il vient de "licencier" un prétendu "droit d’auteur" qui était plus ancien que lui à la fondation ? La rédaction de Charlie qui a votre "entier soutien", ce sont aussi Charb et Cavanna défendant Siné contre toute votre accusation: "Je n’aurais pas travaillé 16 ans aux côtés d’un antisémite", "Siné n’est pas antisémite" écrivent-ils!

Comme Willem, Delfeil de Ton, Carali, Barbe, Geluck, Malingrey, Pichon, Pétillon, Got, Faujour, Picha, Tignous, Thouron, Tardi, Wiaz... qui le soutiennent. Alors pourquoi est-ce Siné qui est viré, vilipendé, lynché et comment pouvez-vous donner votre "entier soutien" à ce Val-là?"


Gérard Filoche




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Bellaciao apporte son plein
et entier soutien à Siné


par Le collectif Bellaciao

"Le collectif Bellaciao apporte son plein et entier soutien à Siné dans le combat qui l’oppose aujourd’hui à la pensée unique du capitalisme réactionnaire le plus dur qu’on ait connu en France depuis des dizaines d’années.

Travesti derrière une accusation publique d’antisémitisme, (antisémitisme que toutefois les zélés moralistes n’ont pas encore osé porter eux-même devant les tribunaux), se déroule un combat qui a pour seul enjeu de laver l’honneur du fils de M. le président de la République, traité par Siné, dans la chronique incriminée, grosso modo, d’arriviste.

Arriviste. Point. Et rien d’autre.

Comme le démontrent les différents soutiens apportés à Philippe Val le point commun, le lien entre toutes ces personnes, c’est d’une part leur soutien, ou leur relation, parfois personnelle, avec le président de la République, et d’autre part une haine du communiste (stalinien, forcément, stalinien...), qui n’a d’égale que leur amour immodéré du capitalisme, dont ils sont tous par ailleurs de vigoureux défenseurs, même si certains se prétendent de gauche.

Comment lire autrement M. Adler, par exemple, qui consacre deux paragraphes à reprocher avant tout à Siné d’être un "stalinien endurci" (traduire un s... de rouge, une crapule communiste)?

Ah, M. Adler regrette bien que, pour l’heure, le droit n’ait pas encore mis le "stalinisme" (voire, soyons fous et rêvons un peu, le communisme) au même niveau que l’antisémitisme, non? La suite de son article dans Le Figaro est à l’avenant sur la question, et même J. Vergès en prend pour son matricule, sans que M. Adler semble redouter que l’inexactitude ou l’imprécision de certains de ses propos porte préjudice à son raisonnement...

L’antisémitisme est une chose bien trop grave, contre laquelle nous avons toujours lutté et nous lutterons toujours, pour continuer d’être ainsi instrumentalisée à des fins strictement politiciennes, idéologiques, de défense d’un système qui, comble de l’ironie, a fourni à l’Histoire son plus gros bataillon de salauds, tortionnaires, nazis, collabos, et êtres inhumains en tout genres.

Ce que dénonce Siné, cette compromission entre pouvoir, politique de droite et forces capitalo-bourgeoise, est aussi vieux que ce que de nombreux historiens ont récemment mis à jour et amplement démontré ; c’est aussi vieux que la Synarchie, les Ligues, la Cagoule et le Comité des Forges dont les meilleurs représentants en France (et ailleurs) ont soutenu sans trembler l’œuvre abominable et ineffaçable d’un Adolf Hitler.

Rappelons-nous leur mot d’ordre : "Plutôt Hitler que le Front Populaire" ! "Plutôt Munich que Moscou" !

Alors, à quand un "Marx antisémite"? Lequel osera tirer le premier?

Siné n’a rien écrit, selon nous, dans sa chronique qui puisse s’apparenter à de l’antisémitisme, ni de près ni de loin.

Si Siné a tenu, selon ses détracteurs, par le passé, des propos qui auraient pu s’analyser comme de l’antisémitisme, que les soutiens de Ph.Val et de J. Sarkozy aujourd’hui ne l’ont -ils alors attaqué en justice hier? ! Et d’ailleurs, que ne l’ont-ils fait aujourd’hui même, puisque, nous en sommes bien d’accord, c’est si grave, l’antisémitisme. Après tout, on ne plaisante pas avec l’antisémitisme, n’est-ce-pas Mesdames et Messieurs les donneurs de leçon?

Alors pourquoi s’être contenté de le virer et de l’insulter?

Dans cette affaire, ne seront trompés que celles et ceux qui veulent bien l’être.

Nous espérons que Siné gagnera ce combat, essentiel pour nous tous et toutes aujourd’hui, et repartira de la salle du Tribunal la tête haute, et lavé de cette accusation immonde dont on l’a volontairement affublé à tort.

Soutenez Siné, comme vous nous avez soutenu contre les Chantiers Navals à l’époque, soutenez la liberté d’expression, et signez là !










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Affaire Siné :
«Val voit de l’antisémitisme subliminal»

«Dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, estime Me Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, la volonté de Philippe Val est d’aller au-delà de la loi, c’est une forme de terrorisme intellectuel ». Décryptage juridique de l’affaire.
Cette phrase du caricaturiste de Charlie Hebdo est-t-elle condamnable, en droit ?
Christophe Bigot. «On plaiderait sur cette expression de Siné, je pense qu’elle ne serait pas condamnée. Pour qu’elle le soit, il faudrait une assimilation claire entre le judaïsme et le fait d’être avide d’argent. Il faudrait en effet prêter un trait de caractère, attentatoire à l’honneur, à une communauté de personnes en raison de sa religion, ou de son origine. Ici, seule la religion est concernée. Laurent Joffrin utilise un mot impropre lorsqu’il parle de «race», c’est bien de religion dont il s’agit.

Cette lecture est, en l’espèce, très contestable. Lorsque je lis : «Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive, et héritière des fondateurs Darty. Il fera du chemin dans la vie ce petit», je comprends que ce dernier est prêt à tout pour faire du chemin, y compris changer de religion. Qu’il s’agisse du judaïsme, du bouddhisme ou du catholicisme, peu importe.
Philippe Val va-t-il trop loin en licenciant Siné?
Philippe Val voit de l’antisémitisme subliminal. Cette phrase de Siné n’induit absolument pas ce cliché des juifs qui seraient «prêts à tout». C’est une interprétation très extensive de l’antisémitisme, qui n’est pas en principe celle de la loi. Et c’est dangereux. Il faut faire attention avec cette infraction d’injure à raison de la religion. A force d’en voir partout, on ne pourra plus parler de religion du tout. Il faut laisser la place à une certaine critique et ne pas faire une interprétation extensive de la loi, surtout pour Charlie Hebdo qui se prévaut de brocarder la religion. Pour moi c’est une forme de terrorisme intellectuel que de considérer ce message comme faisant l’analogie entre judaïsme et goût de l’argent.
Contrairement à l’affaire des caricatures, Charlie Hebdo choisit cette fois-ci le parti des religions…
J’ai déjà été opposé à Charlie Hebdo dans l’affaire des caricatures, où je plaidais pour la Grande Mosquée, en première instance. Philippe Val possède un épiderme à géométrie variable. Cela ne lui posait en effet aucun problème de faire le parallèle entre Mahomet et les poseurs de bombes. Et d’assimiler, par là-même, les musulmans aux terroristes. Bien que le journal s’en défende, on ne traite pas les religions de la même manière à Charlie Hebdo. Cette affaire montre de manière éclatante que les appréciations sont très différentes selon qu’il s’agisse du judaïsme ou de l’islam.
Charlie Hebdo est-il un objet journalistique particulier, qui peut aller plus loin que les autres?
Charlie non. La caricature, très présente dans cet hebdo, oui. Cette dernière dispose en effet d’un statut particulier, avec une liberté beaucoup plus large. Lorsque l’intention du dessinateur est de faire rire, cela va anéantir l’intention raciste, qui peut être présente. Cela s’est produit de nombreuses fois, pour des caricatures sur des catholiques ou des musulmans.
Lors du procès des caricatures, le jugement du tribunal de première instance a reconnu que ces dessins faisaient le lien entre la religion musulmane et le terrorisme. Ils étaient donc injurieux, mais dans le cadre de Charlie Hebdo et avec l’intention humoristique, le journal a été relaxé. La Cour d’appel a finalement modifié ce jugement, en affirmant que ces caricatures visaient seulement les intégristes. Dieudonné s’est fait relaxer sur ce moyen plusieurs fois, la cour considérant qu’il visait uniquement les intégristes juifs.
Mais dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, la volonté de Val est d’aller au-delà de la loi.»
Réalisé par Clara Martinez.


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Nous avons besoin des outrances de Siné

Par Jean-Marie LACLAVETINE

Bernard-Henri Lévy a raison : ce qui compte, ce sont les mots. La moindre des choses, quand on se livre à un réquisitoire aussi violent que le sien, serait donc de citer les phrases de Siné, afin de montrer l'évidence "odieuse, inexcusable, mortelle" de son fanatisme antisémite. Il s'en garde bien, et pour cause. S'il citait les phrases, le lecteur pourrait se rendre compte d'une autre évidence, pointée avec colère par Gisèle Halimi : dans un procès en justice, il n'y aurait strictement aucune chance pour que Siné, sur la base de ces lignes, soit condamné pour antisémitisme. La philosophie médiatique n'en est pas à une simplification ou un amalgame près pour frapper l'opinion. Inutile de discuter : on sait "ce que pensent les amis de Siné", ces "âmes glauques qui tripatouillent dans les histoires de sang, d'ADN, de génie des peuples, de race". De telles phrases n'appellent pas de réponse. Mais quelques commentaires, tout de même.

Il était prévisible que cette affaire suscite les récurrents effets de manche et sonneries de tocsin. Il n'y a là qu'un symptôme supplémentaire d'un triste état de fait : on ne respire plus, dans ce pays. La France pète de trouille, et ça ne sent pas bon. La poltronnerie de la plupart favorise l'autoritarisme de quelques-uns. Toute pensée, toute parole libres sont immédiatement soumises à un feu roulant d'intimidations, de condamnations ronflantes et sans appel. Comme le dit un proverbe japonais : "Le clou qui dépasse appelle le marteau." Malheur à celui qui critique les replis communautaristes, l'invasion massive du religieux dans l'espace public, la défaite annoncée de la laïcité dont le discours de Latran était un avant-goût, les clés des banlieues remises aux barbus par une république capitularde, l'arrogance grandissante des imams et des rabbins, la montée des intégrismes sous couvert de quête légitime d'identité, la politique israélienne ou palestinienne. Antisémite ! Islamophobe !

La rhétorique victimaire, chère à nos dirigeants, est omniprésente. Philippe Val n'est plus un patron de journal qui a licencié arbitrairement un collaborateur : il devient la victime d'une horde déchaînée dont l'oeil perçant du philosophe a saisi les motivations racistes. Ainsi Jean Sarkozy, bien fils de son père en matière d'arrogance, d'opportunisme et de grossièreté, est transformé en victime d'attaques honteuses dignes du Pilori (un journal antisémite sous l'Occupation) ou de la Milice.

Pourquoi le texte de soutien à Siné a-t-il recueilli plus de 2 000 signatures ? Bernard-Henri Lévy feint d'y voir un signe supplémentaire de la montée de l'antisémitisme en France. Les signataires se sentiront légitimement insultés par une telle accusation, qui n'est pas seulement injuste mais aveugle. Il semble que nos penseurs n'aient pas pris la mesure du sentiment d'asphyxie qui gagne de nombreux concitoyens, dans une société de surveillance mutuelle et de soumission générale. A l'heure où les humoristes graveleux et serviles imposent partout leur présence - et jusque dans l'entourage présidentiel -, nous avons besoin, un besoin vital, des outrances et des gueulantes d'un Siné. Souvenez-vous des couvertures qu'osaient publier il y a vingt ans Charlie Hebdo ou Hara-Kiri, et comparez avec ce qui se publie aujourd'hui : le chemin parcouru est atterrant.

OÙ EST L'OPPOSITION ?

Comme le monde est devenu simple ! La vérité nous est assenée jour après jour par une armée de journalistes conformes et de penseurs autorisés, qui nous débitent à toute heure leurs discours identiques. Où est la presse libre ? Où est l'opposition ? Le seul quotidien estampillé de gauche consacre cinq pages à Carla Sarkozy pour la sortie de son disque, dont les chaînes publiques assurent la promotion. La presse satirique a trempé son esprit d'insolence dans les bénitiers communautaires. Pas un organe de presse, pas une chaîne de télévision qui soit désormais en état de faire entendre une voix discordante. Le Parti communiste a disparu entre deux lames du parquet, l'extrême gauche tapine chez Drucker, le Parti socialiste mijote au tout petit feu des ambitions triviales, les syndicats se laissent tondre la laine sur le dos.

Dans une Europe barricadée, la maison France a fermé portes et fenêtres. La police du langage surveille chacune de nos phrases. Nous vivons dans l'obscurité des vérités communes, des hypocrisies admises, des bienséances cathodiques, des peurs silencieuses, des grandiloquences convenables. Comme il est doux de pleurer ensemble à la libération d'Ingrid Betancourt, tandis qu'on laisse crever en silence Marina Petrella dans sa cellule en attendant de refiler son presque-cadavre à notre ami Berlusconi... Ouvrez ! On étouffe, ici !


Jean-Marie Laclavetine est écrivain.




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Marre de lire dans tous les journaux


et sur le Net que la pétition de soutien à Siné a recueilli "près de 2000 signatures".
Tas d'enfoirés mondains ! La pétition toujours en ligne et que je ne saurais trop vous conseiller d'aller signer toute affaire cessante (http://www.soutenir-sine.org/) en est, à ce jour (30 juillet 2008 à 23 heures), à plus de 7000 signatures, qui s'ajoutent aux 1500 de la première liste (publiée ici même). Ce qui fait, si je ne m'abuse (et sans tenir compte de la pétition lancée en Belgique par l'entarteur Noël Godin, qui a elle-même réuni près de 2500 noms), au moins 8500 signatures.
8500 signatures, et j'espère bien que c'est loin d'être fini... Un chiffre énorme, colossal, renversant, qui en dit long sur l'iniquité du procès intenté à Siné par Val, BHL, Joffrin et leurs petits camarades crypto-sarkozistes.
Tu prétends, Val de mes deux, que Siné se montre liberticide en tirant à boulets rouges sur toutes les dictatures religieuses et morales, qu'elles soient chrétiennes, musulmanes ou juives (c'est pas de ma faute, je te le jure, si aucun mot ne me permet davantage qu'à lui de différencier les Juifs en tant qu'adeptes d'une religion et les Juifs en tant que peuple, race ou tout ce que tu voudras parce que je m'en branle). Pauvre cloche ! Minus ! Crétin sinistre et mollasson ! Nabot du bulbe ! Crapule ! C'est toi qui, sans le vouloir, sans le savoir, te montres tel que tu es : con, infiniment con.
C'est de ton côté, Val, que se tapissent l'intolérance, la cupidité intellectuelle (ou supposée telle) et l'hypocrisie. Ton étroitesse d'esprit, flagrante, te discrédite à jamais. Quoi que tu puisses éructer, pitoyable débris paré des tristes oripeaux de la philosophie de comptoir, tu transpires la bassesse, l'égoïsme, l'autosatisfaction, l'arrivisme, la gloriole, le fiel, la haine, la veulerie.
Tu t'es démasqué le jour, déjà lointain, où tu t'es fait l'apologue de la censure. Tu t'es démasqué le jour où tu t'es livré à un grotesque numéro d'indignation en feignant de découvrir - après vingt ans de scène avec lui - que ton équipier Patrick Font préférait les très jeunes adolescentes aux femmes de son âge. Faux jeton ! A qui pensais-tu faire croire que tu ne t'étais jamais douté de rien alors que Font, dans la plupart de ses chansons, obsessionnellement, n'avait cessé de beugler ses lubies érotiques ? Tu n'as pas défendu ton ex-partenaire une seule seconde. Il n'était qu'accusé, soupçonné, et tu l'as immédiatement traité en coupable (tiens! tu savais donc ?). Dans le cul, la présomption d'innocence ! Pas question, pour toi, d'adopter en public une conduite socialement incorrecte. En immolant Font sur l'autel de ta bonne réputation, à quoi pensais-tu sinon à ta carrière ? Salaud ! Margoulin ! Truqueur ! Brosse à cabinet !
Tu réitères avec Siné. Il a refusé de faire les excuses que tu demandais, alors tu l'as viré. Il aurait donc suffi qu'il les fasse, qu'il se couche devant toi, et tu l'aurais blanchi de toutes les infamie dont tu l'accables aujourd'hui. Sauf que tu savais bien, fumier, qu'il ne pouvait pas accepter cela. Pas lui, justement parce qu'il était le dernier collaborateur de ton torche-cul à dire ce qu'il voulait, comme il le voulait, comme il pensait que cela méritait d'être dit. Et s'il se plantait, s'il se prenait le stylo dans le tapis des mauvaises formulations, c'était à toi de le couvrir, de le justifier, de le défendre mordicus.
Bien au contraire, tu as profité des circonstances pour l'enfoncer, le charger de mille maux, lui prêter des intentions qui vont, tu ne peux pas l'ignorer, totalement à l'encontre de ses convictions les mieux ancrées.
Vas-y, coco. Fais des turlutes au pouvoir et, un jour, tu finiras par être nommé ministre.
Comme ça, tu pourras donner leur picotin de récompense aux ânes bâtés qui font le dos rond autour de toi : tes compères et associés Cabu et Bernard Maris, bien sûr, mais aussi Charb, Luz, Jul et quelques autres. Ils faisaient mine, hier, d'adorer Siné. Ils aimeraient, aujourd'hui, pisser sur son cadavre. Ils sont méprisables. Toi, Val, tu n'es que haïssable.

Jérôme Fandor


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Les lundis de Delfeil de Ton

(30 juillet)

Le théorème de Joffrin

Par Delfeil de Ton

Où l'on voit comment la défense de l'indéfendable Philippe Val peut mener aux pires incongruités.

1970. «L'Hebdo Hara-kiri» est interdit. «L'Obs» nous offre ses pages centrales pour y paraître jusqu'à ce que la censure soit levée.

2008. Siné est censuré. «L'Obs» lui offre l'asile et publie sa chronique sur Nouvelobs.com.

L'histoire se répète, avec cette différence, pas petite, qu'en 1970 c'est le ministre de l'Intérieur qui interdit et qu'en 2008 le censeur est «Charlie-Hebdo», qui succéda en 1970 à «L'Hebdo Hara-kiri».

C'est-y pas merveilleux, une histoire pareille. Qui l'aurait inventée? Philippe Val l'a inventée. Il n'y a qu'un Philippe Val pour salir l'image de «Charlie-Hebdo» avec un acharnement si conséquent. Le drame de l'affaire, c'est qu'elle nous oblige à lire du Philippe Val, ce que nous ne faisions jamais, du B.-H. Lévy, ce dont nous nous gardons, et maintenant, horrible à faire et déjà horrible à écrire, d'aller lire Alexandre Adler et Ivan Rioufol dans les colonnes du «Figaro». Car B.-H. Lévy et «Le Figaro» sont devenus les quasi seuls soutiens, dans la presse nationale écrite, de «Charlie-Hebdo».

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EVRARD JS/SIPA
Laurent Joffrin
J'entends le lecteur: «Et "Libération"? Et Laurent Joffrin?»

En étudiant l'argumentation, mot un peu fort, de Laurent Joffrin, on a aussi celle des Rioufol, Adler, Lévy. Elle consiste à dire que Siné a refusé de s'excuser auprès de Jean Sarkozy (à propos d'une conversion annoncée par le président de la Licra lui-même dans «Libération» du 23 juin!) et que donc Siné est le nouveau Drumont. Ces quatre mousquetaires ne sont pas obtus (encore que pour deux d'entre eux c'est pas sûr) mais ils sont de mauvaise foi, cette fois-ci mot faible.

Laurent Joffrin accable Siné sous Marcel Déat, Brasillach (condamnés à mort) ce dont se gardent ses confrères du «Figaro», ne me demandez pas pourquoi, je serais foutu de vous répondre, eux l'accablent sous Mao Zedong, Jacques Vergès et Enver Hodja. La péroraison du pérorant Adler vaut son pesant de moutarde, servons-la généreusement:

«Aujourd'hui, on voit qui a la trempe d'un Zola, d'un général Picard: c'est Philippe Val. Et qui a la bassesse de Drumont, de Maurras ou de Bernanos: ce sont les pétitionnaires semi-trotskistes en faveur de l'éternel stalinien Siné.»

Rions. Pas qu'un peu. Surtout que ça vient d'un ancien du PCF (1968-1980).

Et notre ami Laurent? Lui, il dénonce en les pétitionnaires pro-Siné «les bataillons quelque peu cacochymes de l'extrême-gauche "antisioniste"». «Libération», «Le Figaro», même vocabulaire: pétitionnaires semi-trotskistes d'un côté, bataillons cacochymes de l'autre. C'est pas bien d'imiter, Laurent Joffrin.

Voici ma réaction, postée à l'aube, sitôt la parution en ligne de son article, réaction signée de mon nom:

«Mon cher Laurent, ton article est immonde qui affecte de croire que Siné n'a pas précisé le sens de son propos, qui était pourtant déjà très clair, voir les innombrables témoignages. Quant aux "bataillons cacochymes", ils comprennent la fine fleur de l'humour d'aujourd'hui. Dont le dessinateur de ton journal! »

Il a fallu quatre envois successifs tout au long de la journée à Libération.fr, plus trois coups de téléphone, un échange de mails, pour qu'elle finisse par paraître le soir mais mise sous le boisseau (pas la place d'expliquer le vice de l'affaire). Ai-je été victime d'une censure? C'est peut-être que «Libération» a été noyé sous les réactions indignées. L'après-midi même, à16h48, ils ont cessé d'en publier, alors qu'elles arrivaient par centaines, peut-être par milliers. Aucun journal, en France, à ma connaissance, n'avait encore fait ça: stopper net les réactions des internautes à un écrit de son directeur. Le seul précédent que je connaisse, mais du temps où la presse n'était qu'en papier, c'est quand Serge July a supprimé le courrier des lecteurs pendant bien une dizaine d'années, alors que c'était l'essence même de son journall.

Si «Libération» s'est retrouvé ainsi noyé sous les réactions, c'est moins à cause de Siné, en fait, qu'à cause de Laurent Joffrin qui ressuscitait la notion de «race juive» dans son article. Les gens sont méchants. Ils ne veulent pas admettre que Laurent Joffrin a droit à tous les lapsus. C'est Siné, qui a droit à rien. Théorème de Joffrin.

D.D.T.


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Touchez pas a mon pote!

Un message de Michael Warschawski (en Israël)

Je croyais, naivement, qu'elle etait bien derriere nous cette campagne qui visait a fermer la gueule de ceux qu'on n'aime pas en les traitant d'antisemites. Beaucoup en avaient fait leur fond de commerce, au debut de ce millenaire, quand l'armee israelienne massacrait les Palestiniens souleves contre l'occupation coloniale.
Moins de 70 ans apres la liberation des camps d'extermination, l'accusation d'antisemitisme est certainement une des plus graves qui soient, car elle est liee a un des pluis grands crimes de l'epoque moderne. C'est bien pourquoi on ne doit l'utiliser a la legere. Encore moins l'instrumentaliser pour regler des comptes personnels ou politiques.
C'est pourtant ce que vient de faire, une fois de plus, Claude Askolovitz, soutenu par le neo-conservateur PhilippeVal, mediocre caricature francaise de ses mentors d'outre-atlantique.
Je lis tres rarement Charlie Hebdo, et j'avoue que l'humour de Sine ne me fait pas toujours rire. Dans mon enfance de Juif ne en France apres l'occupation, a une epoque ou les valeurs des lumieres n'etaient pas encore considerees comme depassees, j'ai appris le respect des convictions d'autrui, politiques, philosophiques ou religieuses. Sine n'a jamais puise ses opinions chez les philosophes, mais dans la grande tradition anarchiste, mecreante et blasphematoire, anti-religieuse autant qu'anti-clericale. Quiconque a un minimum d'honnete reconnaitra que Sine vomit avec le meme degout cures, rabbins et imams, et chie tout autant dans les synagogues que dans les eglises, les temples ou les mosquees.
Sine est un modele d'anti-racisme qui, contrairement a beaucoup d'autres, n'a pas une once de paternalisme ou de condescendance pour les victimes de ces racismes, comme le montre ses caricatures d'Africains, de travailleurs maghrebins ou de Juifs.
Que Philippe Val soit son procureur pour charge de racisme anti-juif est un comble, lui qui publie dans Charlie des caricatures ouvertement islamophobes, au nom de la liberte de critique mais licencie Sine pour avoir repris une rumeur sur une eventuelle conversion au judaisme de Sarkozy junior..
Sine est mon pote, comme il l'est de nombreux autres juifs, noirs, arabes ou gaulois. Comme il l'a ete des combattants algeriens et du peuple cubain. Tartuffes de tous bords, ne touchez pas a mon pote.


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L'affaire a commencé

(par Robert Tourcoing)


C'est la guerre!


Ne nous y trompons pas. Derrière les apparences d’une banale empoignade d’intellectuels médiatiques touillant les mêmes recettes éculées dans les mêmes marmites rouillées, quelque chose d’essentiel se joue. Quelque chose qui solde une époque, et qui en ouvre une autre. Le combat est essentiel, il faut le gagner, le gagner complètement, défaire jusqu’au dernier les porte-flingues de cette cabale, et bien leur faire mordre la poussière. Cette fois, c’est la fois de trop. Depuis des années, ils tirent à bout portant, impunément, avec leur arme magique qu’ils appellent l’antisémitisme. Mais cette balle sera la dernière. Celle qui va ricocher et leur fracasser la tête.

D’Alexandre Adler à Laurent Joffrin, d’Ivan Roufiol à Philippe Val, de Bernard-Henri Lévy à Claude Askolovitch, la camarilla des blablateux stipendiés s’est mise en marche, avec son énorme machinerie de pognon, de perchoir, de kiosques, de micros, de puissance cathodique. Contre une seule plume. Contre un seul homme. Pour le supprimer définitivement, lui clouer le bec, le marquer au fer rouge de toute éternité, d’un signe infamant entre tous. Un signe magique, qui par contagion frappera de nullité, de satanisme, tout ce qu’il a pu dire, faire et dessiner. Détruira l’œuvre d’une vie.

Eh bien cela, nous ne le laisserons pas faire. C’est eux ou nous. Pas de compromis possible. A la loyale, flamberges sorties devant témoins, honneur dans la balance. On ne s’arrêtera pas au premier sang.

Voici pourquoi.

C’est le rire qui est en jeu. Le vrai, celui qui explose, qui déborde, qui renverse tout sur son passage. Celui qui révèle les failles de l’être. Celui qui coupe l’herbe sous les pieds, qui scie la branche, qui fait perdre l’équilibre. Celui qui fait son croche-pied jubilatoire aux statues de Commandeur. Celui qui ne s’arrête pas, qui ne s’arrête nulle part, qui saute les petites clôtures et les haies dérisoires de l’opinion toute faite. Tempête dans les jardins du consensus. Spasme irrépressible dans les zygomatiques du cosmos. Ce rire-là ne peut, ne doit souffrir aucune censure. Aucune.

C’est la vengeance par les mots qui est en jeu. La terrible, indispensable vengeance de l’esprit contre le réel. La littérature, en somme. Dans le monde, on se cogne tout le temps, on bute contre la nécessité, contre la naissance, contre les hiérarchies, contre l’économie, contre les puissants, contre la politique, contre le béton, contre les supermarchés, contre les bénitiers, contre la vieillesse, contre la bêtise, contre soi-même. Et en particulier, dans la France de 2008, on se cogne contre un symbole, celui de Jean Sarkozy. Cet être, ce tout petit être insignifiant, il n’est rien mais il symbolise tout. Muettement, il proclame chaque jour à la face du peuple : « Je suis tout, vous n’êtes rien. J’ai de l’argent, vous n’en avez pas. J’ai du pouvoir, vous n’en avez pas. J’ai de l’avenir, vous n’en avez pas. J’ai un père, vous n’en avez pas. J’ai des relations, vous n’en avez pas. J’ai, parce que j’ai. Et vous n’avez rien, parce que c’est comme ça. Et il n’y a rien d’autre qu’avoir. Rien d’autre que pouvoir et argent. Même pas eu besoin de travailler à l’école, puisque j’ai. Le reste est fumée. Fermez le ban ». Eh bien contre cela, la vengeance par les mots est indispensable. Elle est sacrée. Elle a tous les droits. Et on ne la fera pas taire.

C’est l’universel qui est en jeu. L’universel, c’est de dire « tous », sans exception. Tous les hommes. Toutes les croyances. Tous les Etats. Toutes les communautés. Tous les obscurantismes. Tous les impérialismes. Tous les pouvoirs. Cela s’appelle la pensée, et ce qui s’essouffle avant ne mérite pas ce nom. Sinon, on en tient pour le droit particulier, supérieur à tous les autres, d’une croyance, d’un impérialisme, d’un pouvoir, d’une communauté. Alors, il n’y a plus d’humanité. C’est le nationalisme, plus ou moins fascisant. C’est la force, la force brute avec des mots autour pour cacher. Eh bien, nous disons avec Siné que nous bottons le cul de tout et de tous : des femmes voilées ET des rabbins, des tyranneaux arabes ET des colonisateurs israéliens, de la connerie communautariste musulmane ET juive, de l’obscurantisme hindou ET bouddhiste, du tchador ET des rouflaquettes, du nationalisme français, russe, moldave, états-uniens, paraguayien, inuit ET du nationalisme israélien qui s’appelle le sionisme. Il n’y a pas d’autre patrie que la patrie humaine, et nous sommes anti-tout le reste. Nous sommes pour tous les traîtres, et notamment pour les « traîtres juifs » régulièrement vilipendés par les gardes-chiourme autoproclamés d’une communauté-prison. Lorrain je suis, français je suis, européen je suis, blanc je suis, d’origine catholique je suis, et je m’en branle, et je refuse ces purs hasards de la naissance, et je ne poursuis personne pour anti-lorrainisme. Vous n’avez qu’à en faites autant avec vos petites hérédités.

C’est la politique qui est en jeu. L’offensive anti-Siné vise large. Elle veut décapiter les dernières idées, les derniers espoirs, les dernières sensibilités authentiques qui surnagent encore au-dessus de la mélasse socialo-gestionnaire des petits arrivistes en culottes courtes. Dans la société, dans le monde, il y a des classes, et c’est une insulte à la raison. Il y a des gens qui vivent sans travailler, tandis que d’autres travaillent sans vivre. Il y a des opprimés, il y a des guerres de domination, il y a des conscrits qui se font trouer le caisson, il y a des généraux braillards de salon, il y a des check-points, il y a des visas, il y a des corrompus adulés et des honnêtes conspués, il y a des émirs et des putes philippines, il y a des starlettes qui se gavent et des artistes très maigres. Insultes à la raison. Eux, les parvenus éditorialistes en chaire, ont étouffé leur raison - pour bouffer. Mais ils n’étoufferont pas la nôtre. Et ils ne traîneront pas nos révoltes dans la boue amalgamante des « tendances glauques séculaires franchouillardes gaucho-poujado-antisémites ». Ils ne le feront pas, parce que les tuerons avant. Intellectuellement. Sur le pré des idées, à la loyale.

Feu !


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29 juillet 2008, par d’après l’AFP
Christine Albanel apporte son soutien à Philippe Val 28.07.08 | 22h20
La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a déclaré lundi souhaiter "apporter son soutien" à Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, dans le cadre du licenciement du dessinateur Siné, indique un communiqué de la ministre.
Christine Albanel "souhaite apporter son soutien" à Philippe Val "dont personne ne peut douter de l’indépendance d’esprit et de son attachement à la liberté d’expression". (sic)
"Le dessin et les propos de Siné renvoient à des clichés et caricatures d’un autre temps que l’on aimerait voir disparaître à jamais", conclut la ministre (de la culture sic) .


Le karcher au ministère de la culture :

Une ministre de la culture, en exercice, souhaite voir un caricaturiste parmi les plus célèbres de notre pays, et dans le monde, (ou ses dessins sont diffusés) depuis 40 ans, "disparaître à jamais" ?
Elle a bien dit "voir disparaître" ? Son “dessin”. Et ses “propos”. En général. Tous. Tout de lui.

Pas seulement ! Elle précise : A JAMAIS ? Effacer de la mémoire ? Définitivement ? Eradiquer ? Brûler peut être ? Un autodafé ? En place publique ?

Elle est bien “ministre de la culture”, même de celle qu’elle n’aime pas ?

Ou bien, c’est une directrice des arts et métiers officiels, à la Staline ou Djanov ? Elle veut A JAMAIS bannir les mécréants et leurs dessins qui lui déplaisent ?

Pensez vous, Siné a osé se moquer du petit maître, de Monsieur Fils. Sale hérétique !
"Des clichés d’un autre temps" mais quel est son temps à cette Albanel ? Comme la servante dévouée d’un pharaon, elle ferait effacer sur les pierres, les cartouches de Siné ? Il serait maudit comme Akhénaton, en quelque sorte ?

Elle parle en titre ? Elle sort son revolver ? Son Karcher ?

Hé oui, on savait que le Karcher était toujours là : c’est miss sous ministre Farenheit 451 au service de la voix du... fils de son maître !
Ah “il ira loin le petit” avec des appuis comme ça... A jamais protégé : la voix officielle de la culture du gouvernement de son père veut lui fait d’avance offrande des cendres de Siné !

Mais ça ne se passera pas comme cela, Albanel encense Val, c’est Siné qui gagne !
A jamais.
On se souviendra des dessins de Siné qu’on aura oublié le nom de cette ministre-là.
L’humanité se souvient de Spartakus et pas du nom du sous gouverneur romain qui l’a crucifié !


Gérard Filoche, D&S, 29 juillet 2008





Siné (Audrey Cerdan/Rue89).

Siné répond aux questions de RUE 89

le lundi 28 juillet 2008

Cliquez ICI pour voir les vidéos











La dernière ZONE DE SINE non parue dans CHARLIE HEBDO


Cliquez sur l'image pour l'agrandir
ou lire le texte en
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Le dessin de PLANTU dans "l'EXPRESS"


Dessin de BERTH


10 commentaires:

Véro a dit…

Ce qui est le plus triste (au-delà de cette nouvelle atteinte à la liberté d'expression et à la liberté en générale) c'est de ne pas voir les autres membres de la rédaction de Charlie hurler au scandale et claquer la porte!! Ils baissent la tête et lèchent le cul qu'on veut bien leur tendre!
On va devoir laisser crever cette feuille de chou... Seule bonne nouvelle : Choron aura pas vu cette deuxième mort honteuse!
On a pas le droit de dire que Junior est prêt à se convertir par arrivisme. Et est-ce-qu'on a le droit de dire que Val s'est converti au sarkozysme par arrivisme ? (pitin j'vais m'faire traiter d'antisémite...)

makhno a dit…

Eh oui il est plus qu'inacceptable de voir comment des journalistes de Charlie, même et y compris ceux qui manifestaient une opposition à Val comme Charb, se sont écrasés dans cette affaire pour ne pas déplaire sans doute au "patron".
Abonné à Charlie depuis le 1er n° de la reparution en 94, j' y ai mis fin depuis 4 ans lassé de l'auto-suffisance éditoriale du sieur Val et de ses positions pro-guerre idéologique....dommage pour les salariés du journal mais je ne mettrai pas un euro pour sauver ce canard d'une éventuelle difficulté financière.....
Soutenons plutôt outre Siné les autes canards comme CQFD ou le Plan B qui ne renient pas eux leurs convictions et pratiques intiales.....

PYA a dit…

J'ai envoyé ceci à la redaction Vendredi en demandant TRES POLIMENT il me semble de bien vouloir le communiquer à l'ensemble de l'équipe: j'attends une réponse, notamment des derniers historiques ( Cavanna, Cabu ...)

Bal Tragique à Charlie Hebdo : 1 mort ?

le jeudi 24 juillet 2008
à Mr Philippe Val
directeur de la publication et de la rédaction
44 rue de Turbigo, 75003 Paris
redaction@charliehebdo.fr

Monsieur le directeur de la publication et de la rédaction

Lecteur de Charlie depuis ses origines, c’est à dire une quarantaine d’années ( dès le n°1 d’Hara kiri Hebdo ), je ne peux m’empêcher aujourd’hui de réagir à votre dernier édito :
Alerté d’abord sur le limogeage de SINE par le mail d’un membre d’ATTAC qui écrivait notamment « la dérive de Charlie, dont chacun a eu largement le temps depuis des années de mesurer le nouveau statut de journal aligné sur le Pentagone US, et dont on sait que la cible principale est ce qui reste de penseurs et d'agitateurs de gauche dans ce pays », j’ai cherché me renseigner par moi même sur le FOND de l’affaire.
Car cette vision de mon hebdo favori ( que j’ai déjà eu l’heur de rencontrer, sans y faire bien attention, je l’avoue, la mettant au compte de délires paranoïaques habituels dans certains milieux ) me choque évidemment profondément et je voulais pouvoir lui répondre avec des arguments indiscutables.
Mais comment connaître votre position, et celle de vos contradicteurs, dans mon camping de l’Ardèche, si ce n’est par le truchement d’internet ?
Or ce n’est certes pas votre dernier édito qui va me le permettre : Comme d’habitude vous maniez la langue française avec un art consommé de la formule et de la citation sur une demi page que vous consacrez à défendre une culture de la politesse et des bonnes manières qui n’est pas spécialement la marque de fabrique de Charlie (ne serait-ce que sur la page qui précède ! ). Je vous livre à ce propos quelques réflexions en Annexe.
Total : Qu’en ressort-il ? Que vous déplorez la forme, certes, mais quant au FOND… hum ?
Rien en dehors de l’adresse au lecteur du 16 Juillet ( en bas de la page 3 ) signée par toute la rédaction, que dans un premier temps j’ai pris pour argent comptant, avant de m’interroger sur l’absence de celles de Cavanna ( fondateur ) et de Cabu, et avant de connaître ( hier ) la position, discordante, de Polac.
Ca fait un peu court, non ?
Car si j’ai souvent lu des accusations, les plus graves étaient rarement insultantes : Que répondez vous à celles d’Edwy Plénel sur Médiapart le 18 Juillet ? Et que dites vous à Plantu, Bedos et Halimi … ?
En l’absence de réponse, comment éviter que ne se propagent celles qu’on rencontre par exemple sur Agoravox ( cf. ci dessous ) ?
J'estime en tant que lecteur avoir le droit à ces explications et tout en espérant que vous voudrez bien répondre à cette demande je vous prie d'agréer, Monsieur le directeur (... ), l'expression de ce que vous voudrez : les formules de politesse n'engagent guère leur auteur, et ne font guère preuve d'une imagination débordante ( on en trouve d'ailleurs toute une série sur internet ou avec n'importe quel logiciel de traitement de textes ). Je préfère moi qu'on me dise franchement les choses, et si je me fais traiter de con, outre que ma part féminine apprécie beaucoup, j'espère avant tout pouvoir prouver le contraire à mon détracteur. Ce que vous ne faites absolument pas !

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42393
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41638
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42287
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=41635


Réflexions annexes :
Qu’en termes choisis cela est donc bien dit. Certaines de vos affirmations me semblent cependant bien péremptoires et méritent commentaire :
- Molière, La Fontaine…sous quel règne, déjà ? N’est-ce pas sous un certain Louis XIV, lequel a lancé les dragonnades contre les protestants des Cévennes et du Vivarais ( où je séjourne à l’heure actuelle ), qui ont très modérément apprécié la politesse. Il est vrai que s’ils avaient respecté la bienséance, ils auraient obéi sans rechigner à la volonté de leur cher souverain d’imposer une seule religion sur tout le territoire de son royaume et accepté poliment de se soumettre à l’édit de Fontainebleau, dit « de révocation » de celui de Nantes, que son grand père, Henri le Quatrième ( qu’on nous présente le plus souvent comme un soudard aux manières frustres… et très impoli ! ) avait imposé moins d’un siècle plus tôt : c’était ( il me semble ) le premier édit de tolérance religieuse, bien avant la Déclaration des Droits de l’Homme.
- A propos de la Déclaration … supposons que l’idée de la rédiger n’ait pu avoir lieu sans cette « culture de la politesse » que vous supposez élaborée par les Lumières. Sa rédaction n’a-t-elle pas été rendue possible avant tout parce que le Tiers Etat et ses représentants se sont montrés particulièrement peu respectueux de la Bienséance : eux qui avaient jusqu’alors demandé respectueusement à leur bon souverain de bien vouloir écouter leurs doléances sont soudainement devenus impolis : sans les évènements de l’été 89 ( Serment du Jeu de Paume, prise de la Bastille, Grande Peur…) que se serait il passé fin Août ?
- Que les femmes aient bénéficié des règles de Bienséance, cela se discute, et je laisserai les féministes réagir sur le rôle réel de la galanterie. Ce sont pourtant bien des femmes (en partie manipulées par des hommes comme Marat ) qui ont ramené à Paris sans ménagement, donc impoliment, « le boulanger, la boulangère et le petit mitron » en Octobre. Or cette fameuse Déclaration ci dessus nommée n’avait semble-t-il guère satisfait aux aspirations des femmes « éclairées » comme Olympe de Gouges, qui s’est plutôt vue « rabrouer grossièrement », non ? Et s’il est vrai que ce fut sous la Terreur, règne absolu de l’impolitesse, qu’on lui coupa la tête, ce ne fut pas pour son texte qui avait été refusé bien avant, mais pour son engagement aux côtés des Girondins….
- …Et non pas parce qu’elle n’avait pas de couilles ! Qu’est ce que c’est que cette présentation caricaturale de l’Histoire ? Et Hébert, dans ce cas ? Lui l’apôtre d’un deuxième terreur ? Vous expliquez son exécution comment ? C’est ridicule !
- Le pamphlet a toujours existé et a connu dans le passé bien des périodes d’épanouissement, et pas seulement à l’extrême droite ! Il est évident que vous utilisez cette idée pour laisser penser que vos contradicteurs sont de cette obédience … et ce n’est donc pas très poli : de manière polémique, vous cherchez à stigmatiser des gens !
- Par ailleurs je trouve votre anecdote du colonel viet-cong plutôt étonnante : vous qui défendez, et je suis d’accord là dessus, l’idée qu’il ne faut pas pratiquer l’amalgame entre un peuple et son gouvernement ou sa religion ( Israel et USA en particulier ), comment expliquer cet exemple où les Américains passent TOUS pour des ( gros cons ? ) impolis ? Et ce vieux vietnamien ne leur faisant la guerre que pour les rééduquer en utilisant la culture française ( Cocorico ) ? Où voulez vous en venir exactement ?
- Enfin un dernier mot, plus personnel : Vous dites ( fin du deuxième paragraphe ) que la politesse permet « la polémique la pus virulente et l’humour le plus débridé… ». Je viens de dire ci dessus ce qu’il en est de la polémique. Quant à l’humour, je trouve que vous ne profitez guère ( et ce n’est pas nouveau : il m’arrive fréquemment de suspendre la lecture de vos éditos par ennui !) de cette possibilité qui vous est offerte : Que certains individus se lâchent sur internet en vous accusant de ne pas avoir de couilles, c’est ridicule, mais pourquoi le prendre si mal au point d’en faire l’essentiel de cette « démonstration » laborieuse ? On aurait pu attendre que dans Charlie on réponde à ce genre d’attaque par la dérision, par l’humour… Cela vous vexerait il à ce point ? Ou n’avez vous rien d’autre à dire sur ce qui fait le fond de la polémique qui se développe contre la rédaction de C. H. ?

en deux mots... a dit…

D'autres dessins de presse sur le thème à :

http://erbykezako.blogspot.com/

Libres de droits... à votre disposition pour publication.

route64 a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
PYA a dit…

Sur mon blog, je me permets un nouveau commentaire, qui ne va sûrement pas plaire à tout le monde, mais tant pis !...

Les élucubrations du vieux rouge a dit…

Bravo SINE !!!
Ta réponse à la ou le ministre est un vrai régal.

Vieux Rouge

Anne Marie a dit…

10 000 cons contre 20 grabataires!
Savez-vous qu'Elie Wiesel a décoré ,à travers sa fondation,le tire de l'humaniste de l'année à...A... Nicolas sarkozi!
le pôvre homme ne doit plus avoir toute sa tête!
Alors ,quand même, je me marre à lire les réactions des lecteurs dans libé, le monde, marianne, le nouvelobs et même l'express! résultat des course: environs 15% pour Val et 85% pour Siné!
Celui-ci en faisant sa chronique n'immaginait sans doute pas le bordel qu'il allait foutre dans la presse de Gôche. Les masques sont tombés!
Askolovitch, le négre de Besson et Daty est hors circuit. tous ses copains du nouvelobs le maudissent!
Joffrin,qui pour une fois exprimait une opinion,s'est attiré la foudre de ses lecteurs.
Val, le fouilleur de poubelle,a réussi le tour de force d'enterrer définitivement CH.
Bon moi je n'achête plus libé depuis longtemps( la campagne présidentielle) Charlie Hedo (depuis Val)..en gros la presse prémachée ne vaut pas un clou! Le seul pour qui je veux bien me fendre c'est le canard.
J'embrasse fort tous les cons!

mordevol a dit…

J'ai beaucoup aimé la Réponse de Filloche à BHL et consort, par contre je trouve abject le texte signé Fandor, si vous avez des comptes personnels à régler avec Val, ne prenez pas les signtaires à témoin, votre texte ne sert pas Siné.

Anne Marie a dit…

A lire absolument le blog d'un internaute:"le blog de philippe,patron de presse"...hillarant!
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