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23.7.08

Dernières nouvelles de la ZONE DE SINE

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Chassons les mauvaises pensées
Par Pierre Marcelle
vendredi 29 août 2008

Le chat de Siné

D’abord, dire cette évidence que, malgré le black-out décrété à Charlie Hebdo, où les grands ciseaux d’une censure furieuse font depuis six semaines taire les langues et s’écraser les plumes, elle n’est pas terminée, «l’affaire Siné»… Aussi bien ferait-on mieux de parler d’une «affaire Val», tant le procès - si dérisoire en ses attendus, si tragi-comique en ses conséquences - destiné à assassiner un homme en l’expulsant «à jamais» des bibliothèques (ainsi qu’y appelle la ministre de la Culture (!) Albanel), s’est retourné contre ses instigateurs. Entendez le silence soudain de procureurs qu’on avait connus plus prompts à bramer leur passion pour le débat d’idées et la liberté de la presse, lesquels, sur l’air fameux du «Je-ne-suis-pas-d’accord-avec-ce-que-vous-dites-mais-je-serais-prêt-à mourir-pour-que-vous-le-disiez» (paroles de Voltaire, musique de Tocqueville), font très bien dans des colonnes éditoriales, pourvu qu’ils restent à l’état de bandeau publicitaire…

Donc, le mal est fait. Siné est viré, le «nouveau» Charlie a achevé de se renier et sa rédaction de se coucher ; ainsi la «liberté grande» de Julien Gracq, si volontiers brandie en viatique, se découvre-t-elle réduite en charpie. Se méfier de ceux qui l’invoquent en y mettant des barbelés ; ceux qui, plaidant si mollement pour la licence de dire, et d’écrire, et de dessiner, se sentent si peu sûrs d’elle - et d’eux-mêmes - qu’ils se croient tenus de faire précéder leurs plaidoyers d’un prudent «je n’aime pas trop Siné, mais…» Normal, à propos d’un dessinateur qui toujours pensa mal.

Que, dans la chasse aux mauvaises pensées, l’infamante accusation d’antisémitisme ait encore une fois fait son office, ne surprend pas. Tout juste avons-nous été (un peu) étonnés de découvrir que son premier procureur, Philippe Val, se soit laissé aller à identifier et compter, parmi ses partisans et ses opposants, qui était juif et qui ne l’était pas (voir le portrait de Siné, in Libération du 30 juillet). Et à peine amusé en apprenant que Patrick Gaubert (député UMP qui évoqua le premier - dans Libération du 23 juin - la rumeur de la conversion au judaïsme de Jean Sarkozy) traînera Siné en justice, le 9 septembre, pour «incitation à la haine raciale»… Patrick Gaubert est président de la Licra, ce qui, si l’on ose dire, l’oblige.

C’est que, depuis certain 11 Septembre et certaine croisade irakienne, le procès en antisémitisme se dégaine à tout propos et tout prétexte, au seul profit des antisémites véritables. Arme mécanique et absolue des maîtres censeurs, il n’est plus désormais que l’étendard trop prévisible sous lequel se concoctent d’étranges alliances et incongrus jumelages… Y présidèrent, entre autres et après la loi contre le voile islamique, une pétition contre le fumeux concept de «fascislamisme» (1), la mise en scène de la trop consensuelle affaire des «caricatures de Mahomet», ou un pince-fesses sans lendemain - mais rythmé par la guitare de Carla Bruni peu avant qu’elle devienne Sarkozy - contre le test ADN de Brice Hortefeux…

Le chien de Pavlov

Où l’on constate qu’à l’heure où Bernard-Henri Lévy (2), entre deux exotiques promenades à Gori, se demande fielleusement «de quoi Siné est[-il] le nom ?» (dans le Monde du 22 juillet), le dessinateur honni fait un idéal bouc émissaire. Porteur de valises durant la guerre d’Algérie, fondateur de l’Enragé en 1968, «noniste» au référendum européen et défenseur des droits des Palestiniens, Siné incarne bien cet «antisarkozysme pavlovien» dénoncé par quatre députés socialistes emmenés par Manuel Valls (Libération du 22 juillet). Sous couvert de contester le non à la réformette constitutionnelle, leur tribune désignait l’ennemi à abattre avant le congrès de Reims : en gros, tout ce qui refuse le crédo fataliste du libéralisme économique.

Outre gloser sur les travaux d’Ivan Pavlov, physiologiste qui mit en évidence, vers la fin du XIXe siècle, le réflexe conditionnel de salivation chez le chien, on pourrait déplorer la métaphore animalière (toujours «totalitaire», selon Bernard-Henri) censée délégitimer toute opposition un peu systématique aux vicieuses «réformes» du sarkozysme. Plus gravement, on avancera l’hypothèse que, derrière Siné, c’est ladite «gauche de la gauche» (et, en premier lieu, le NPA de Besancenot) que visent de conserve Val et Valls, et leurs communs partisans. On ne s’étonnera donc pas qu’en cette affaire, le chien de Pavlov soutienne résolument le chat de Siné. A l’un et à l’autre, la chasse est ouverte, mais il n’est pas acquis que l’un ni l’autre s’y laissent tirer comme des lapins.

(1) Notez que lundi dernier, comparant les talibans afghans aux nazis qui, le 25 août 1944, massacrèrent cent vingt-quatre habitants du village de Maillé, Nicolas Sarkozy inventa, comme pour y faire écho, le «nazislamisme». (2) Actionnaire de Libération et membre de son conseil de surveillance.



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Tous victimes

par Isabelle
(du premier Charlie Hebdo)

Certains veulent s'étonner de l'immense mobilisation "pour" Siné que nul, disent-ils, ne peut considérer comme une innocente victime. Certes. Tout le monde sait que le personnage est un provocateur excessif.
Mais...
C'est nous les sacrifiés, nous, les lecteurs de la presse française.
La victime, c'est la liberté d'expression dont Charlie Hebdo fut l'un des derniers lieux.
Si l'humour (autrefois qualifié par Cavanna-Bernier de "coup de poing dans la gueule") doit désormais s'en tenir à une qualité Almanach Vermot pour n'effaroucher personne, qu'est-ce qu'on va s'emmerder.
A travers Siné, ce sont tous les dessinateurs, auteurs, artistes capables de susciter autre chose qu'un sourire crispé en cul de poule qui sont brimés.
Outre ma vieille sympathie amusée pour le pote Siné, la raison forte de mon soutien est là.

Quant à l'éventualité d'un procès, quelle tristesse que des gens comme Cabu, Cavanna et Wolinski en aient désormais la trouille, eux qui ont vécu les retentissants procès, principalement contre l'armée, des belles années de Charlie Hebdo. Les témoins à décharge y étaient prestigieux. La foule en soutien débordait du palais de Justice. La présidente du tribunal dissimulait mal sa sympathie...
Des choses, là, étaient dites, portées au public. Des consciences étaient remuées.

Si la gauche au pouvoir après 1981 a pu faire quelques réformes d'importance (abolition de la peine de mort, suppression des tribunaux militaires par exemple), c'est bien parce que des "provocateurs" (militants qui ne craignaient ni les coups de matraque ni la garde à vue, artistes qui défiaient la censure) ont impatiemment préparé le terrain pendant des années, en osant n'être pas du tout politiquement corrects, sans se demander s'ils risquaient ou non des procès. Ils en avaient, parfois, souvent, des procès. Ils y ont survécu... et ils pouvaient, en sortant, se regarder dans la glace.

La société française est en plein dérapage arrière, et Charlie Hebdo dérape avec elle. C'est triste.
Enfin c'était triste jusqu'à ce que nous nous comptions ici nombreux, très nombreux, à n'être pas d'accord.
La tristesse n'est désormais plus pour nous mais pour ceux qui doivent se sentir bien seuls dans leur tour d'ivoire réactionnaire gardée par ministres et esprits sectaires.


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Les lundis de Delfeil de Ton

VIVE GOOGLE ET SINE !

Où l'on voit Internet sauver Siné

d'une machination

et comment il s'en ensuivit

une pétition indigne

couvsine.jpg

On ne remerciera jamais assez Yahoo!, Google et leurs confrères, grâce à eux il y a un peu de liberté d'expression en Chine et ils viennent de montrer leur rôle indispensable dans la défense de la liberté en France.

Que se serait-il passé sans Internet? Un preux chevalier des neiges aurait foutu Siné à la porte de «Charlie-Hebdo» en lui accrochant au cou la pancarte «antisémite» et aucun journal n'aurait moufté. La calomnie aurait fait trois lignes puis on retournait à Carla et Nicolas pendant que Siné crevait dans son coin dans le déshonneur.

Ça ne s'est pas passé comme prévu. Un puissant lobby, au service d'on ne sait quels intérêts, composé d'auteurs de Groland, des caricaturistes Lefred-Thouron et Rémi Malingrëy, augmenté du cinéaste Jean-Pierre Bouyxou, a lancé une pétition pour Siné. Avec la pétition lancée en Belgique par la «section pâtissière d'Al-Qaida» de l'entarteur Noël Godin, on dépasse déjà de loin les dix mille signatures, qui vont de Jean Nouvel à Philippe Geluck et de Michel Onfray à Bruno Masure, en passant par François Maspero et Annie Ernaux.

Les citoyens, par leurs commentaires sur Internet, leurs réponses aux mensonges, ont montré que dans leur immense majorité ils désapprouvaient la censure de Siné et se sont montrés fort critiques de l'arbitraire de son employeur-patron, M. Philippe Val.

Celui-ci déteste Internet. Il a écrit un jour qu'Internet était la Kommandantur. Il fait en effet une fixation sur les années 1930-1940, il n'était pourtant pas né, il voit des antisémites partout, heureusement qu'il est là pour sauver la France de la peste antisémite qui la ronge. Il voit aussi beaucoup de juifs, trop même, il se plaint dans «Libération» (30 juillet): «Pas un journaliste non juif qui me soutient.» Penser à lui demander pourquoi, et à quoi, il distingue les juifs des "non juifs". Lui-même, on ne sait comment il se voit, au vrai on s'en fout.

Vingt personnes, présentées abusivement, pour plusieurs d'entre elles, comme des intellectuels, ont signé une contre-pétition, publiée dans «Le Monde» du 1er août, lequel l'avait d'ailleurs chapeautée d'un bel article de Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur chez Gallimard. Cet article, «Nous avons besoin des outrances de Siné», réduisait cette pétition en poudre avant même qu'on l'ait lue.

Intéressante, cette pétition. Elle montrait l'affolement. C'était une tentative, qu'on sentait désespérée, de réussir enfin le lynchage de Siné. Son antisémitisme apparaissant difficile à prouver, le voilà «raciste», «homophobe», le tout démontré à coups de citations arrangées, coupées de leur contexte, ne tenant aucun compte de son ton et de son style, connus et respectés depuis plus de cinquante ans. ll est consternant de voir certains noms signataires de ce texte indigne. Alors, pour mémoire:

1) Siné a en effet commis une bêtise, en 1982, il l'a reconnu, s'en est excusé, et la Licra de l'époque l'en a absout («Libération» du 31 juillet). C'était sur une radio libre, elles l'étaient encore, vers une ou deux heures du matin, dans la première émission de Lafesse dont le principe était le suivant: on commence à minuit et on s'arrête quand tous les participants ont vidé leur bouteille de whisky. Il s'y est emporté contre «l'Afrique du Sud où 10% de la population interdit aux autres 90% de s'asseoir sur les bancs publics. Il y a deux pays racistes, ce sont l'Afrique du Sud et Israël. Quand Israël bombarde, si on me dit qu'être antisioniste c'est être antisémite, alors je suis antisémite». Voir la suite, où elle figure seule, dans cette pétition.

2) Siné, en 1992, a signé l'appel pour la reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans le génocide des juifs. François Mitterrand, président de la République, cela ne l'intéressa pas, il préférait alors faire fleurir la tombe de Pétain.

Quant au petit M. Val qui prétend, et sa pétition avec lui, que Siné était insupportable «depuis trente ans», voici ce qu'il écrivait en 1999 en préface à l'autobiographie de Siné, qu'il éditait: «Un conseil aux anti-Siné qui voudraient le rester: n'ouvrez pas ce livre (...) dans cinq minutes vous allez vous dire: "Je rêve, ou quoi?...Mais je l'aime, ce mec..."»

On ne saurait mieux dire.

Delfeil de Ton



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Sollicité par un ami très cher au sujet de cette tempête Val-Siné, j’ai lu avec un intérêt grandissant la série de commentaires souvent pertinents et même joliments impertinents de ce blog. Ce sujet m’a d’autant plus interpellé que j’ai eu affaire à Val lorsque j’étais producteur animateur sur France inter entre les années 80 et 2000 (poste restante, bien entendu, comme ça s’écrit et beaucoup d’autres émissions). J’avais, comme nombre de gens, été bercé par l’humour ravageur “bête et méchant” de Charlie Hebdo , au point que mon fils aîné, aujourd’hui âgé de 20 ans se prénomme Charlie (I-E). Mon père, vieil anar de 83 balais, a toujours eu de la tendresse pour ce vieux râleur un peu poivrot, disons le, de Siné, moi de même et mon fils aussi. Comme Coluche ou Desproges en son temps; Siné est une sorte de fouteur de merde qui dit en classe des gros mots et ne peut s’empêcher de dire des énormités (ce qui réjouit généralement la classe)
Donc à France inter, j’invite un jour Môssieur Val, au sujet de Céline et de sa campagne pour INTERDIRE son Oeuvre (si si ) et au passage l’existence du Front National (rien que ça!!!) pour m’étonner que ce chantre de la liberté TOTALE devienne une sorte de taliban et d’ayatollah au petit pied…
Il persistait. Je compris alors que, privé de la décapante présence de Patrick Font ( qui au passag écrivait les textes drôles du duo ) et à la suite du procès d’icelui lors duquel il avait fait preuve d’une lâcheté sans nom ” je le connaissais à peine!” on a même jamais dîné ensemble” , etc. Môssieur Val s’était mis en tête de devenir Directeur de charlie Hebdo. Ce titre qui , dans la grande tradition des anars, n’était que formaliste, administratif est devenu à ces yeux le bâton de maréchal de celui qui jusqu’alors n’était qu’un fantaisiste et qui se métarmophosait peu à peu en commissaire politique rose pâle pour devenir un “éditorialiste averti de la presse Française!!!” Il s’est pris au sérieux , ce qui, on l’a vu avec Coluche, est la pire maladie dont un comique voire un humoriste, puissse être atteint. L’incident Siné est la suite de cette opération de légitimité et de conquête par cet ancien histrion repenti ( ce sont les pires !) de sa place dans “la cour des grands ” bref, une purge stalinienne!!!!
Car enfin, la mauvaise foi de Siné, dont Desproges disait avec tant de justesse attendrie que c’était un “gauchiste d’extrème droite” n’est plus à démontrer. Et puis, ce texte dont on dit pis que pendre ( on oublie au passage que la polémique fut lancée par Claude Askolovitch, qui, au prétexte d’être juif, s’est cru investi du devoir de “balancer ” Siné à son patron sur les antennes d’RTL, ce qui était détestable et digne, comme on dit chez ces parangons de vertu, comme un sésame ouvrant des portes ouvertes, des “pires heures de notre histoire” ; ce texte donc était une philippique de plus contre Sarko et l’opportunisme familial mais voilà, Siné faisait “désordre” dans ce Charlie Hebdo ” repris en main par Val pour en faire un “vrai journal” d’opinion où le Patron pisse son édito comme un gourou donne la marche à suivre. Siné, resté fidèle à l’humour bête et méchant, n’est pas toujoursd drôle mais Val ne l’est plus jamais. Et Mossieur Val, lorsqu’en dircet dans mon émission s’est vu interroger sur ce que devenait FONT m’a très vivement reproché de ne pas filtrer les appels, ce qui m’a laissé sur le cul. Vexé comme un ministre à qui un journaliste a posé une “mauvaise question” il n’a eu de cesse de demander ma tête à son ami, le socialiste bon teint jean-Luc Hees , laissant accroire que je n’étais qu’un Lepeniste rampant. (forcément, quand on ne pense pas EXACTEMENT comme lui, on ne pense pas ou pis encore on est un fasciste!) Ce qu’il a obtenu.
Voilà, j’ai répondu à mon ami qui me demandait mon avis.
Môssieur Val est un putschiste au petit pied qui a pris soin de s’entourer de mecs de talant qui lui doivent tout pour enfion faire de Charlie Sa Chose !!!
Siné semait sa zone, il a été épuré. C’est aussi bête et méchant que ça. Mais ce n’est pas drôle.
Comme De Gaulle disait à propos de Sartre vendant de façon illicite la cause du peuple dans les rues ” On ne met pas Voltaire en prison” je dirai à propose de Siné ” “On ne vire pas un grand pèreà qui l’on doit tout” Quant à Môssieur Askolovitch, je lui dis ici, en temps que juif moi -même, que s’ériger en porte parole de la lutte contre l’antisémitisme de Siné frôle l’usurpation d’identité et du crime de lèse- liberté d’expression car enfin, et depuis toujours, Charlie Hebdo, ce n’est pas “la semaine de Suzette!” même si, grâce à ce danube de la pensée unique et ce génie des carpettes de VAL ce journal tend à devenir, malgré les artistes de grand talent qui restent, un organe du parti socialiste moribond.
Val est un triste sire et Siné un joyeux drille. Voilà!

Michel Grégoire





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De
"bête et méchant "
à
"responsable et sérieux"




Quoiqu'il s'en défende dans son dernier édito de "Charlie", et malgré la (molle) réaction de Cavanna dans le même numéro, Val vient de mettre fin à l'Esprit qui portait ce journal et ses devanciers depuis plus de quarante ans.
L'Esprit-Charlie, ou l'Esprit-HaraKiri, c'était ce fatras libertaire et excessif dont Siné était devenu, dinosaure, le dernier vrai représentant.
Comme le disait clairement le titre de sa rubrique, il "semait sa zone" de semaine en semaine. Siné, comme Reiser d'ailleurs, c'est d'abord le goût de la provoc, même celle à deux balles. Tout le monde sait ça, même Val, même les adversaires de l'Esprit en question.
Tout le monde sait que Siné s'amuse à écrire n'importe quoi, ce n'est pas nouveau.
En le mettant dehors, Val, avec l'approbation apparente de sa rédaction, met un point final definitif au slogan historique : "Journal Bête et Méchant". Ce qu'il veut, c'est un journal "responsable et sérieux" que l'on puisse citer dans les revues de presse du mercredi matin.
Au-délà du cadre purement charliesque, et au-delà même des personnes mises en cause ou de leurs idées, cette dramatique affaire, ce pathétique haro sur Siné, ce ridicule déchaînement médiatique démontre une chose terrifiante : le politiquement incorrect n'a plus droit de cité dans notre France libérale.
Et ça, c'est réellement monstrueux.


Numa sadoul




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Poétons plus haut que notre cul

Qui c'est qui va lui tomber dessusse?
Le général Findus.
Qui c'est qui réfrigère le plusse?
Le général Findus.
Qui c'est qui fond dans un placard?
Le général Picard.





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LETTRE à Christine ALBANEL

par SINé
L'image “http://www.blog-sine.com/blog/wp-content/uploads/2008/08/albanel.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


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Siné : Filoche répond aux vingt politiques
et intellectuels qui soutiennent Val

sur NOUVELOBS.COM | 01.08.2008 | 12:44

Sous le titre "O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes !", le socialiste Gérard Filoche s'en prend au texte notamment signé par Bertrand Delanoë, Robert Badinter, Elie Wiesel ou encore BHL, qui prend la défense du directeur de la publication de Charlie Hebdo.

Siné

Siné

Dans un texte rendu public vendredi 1er août, le socialiste Gérard Filoche prend la défense du chroniqueur Siné et dénonce le soutien apporté par vingt politiques et intellectuels au directeur de la publication de Charlie Hebdo, Philippe Val. Siné a été accusé d'avoir tenu dans Charlie Hebdo des propos antisémites liés aux projets de conversion au judaïsme et de mariage de Jean Sarkozy avec la fille du fondateur des magasins Darty, pour lesquels il a été renvoyé de l'hebdomadaire. Voici le texte de Gérard Filoche:

"O combien je soutiens mon pote Siné contre les 20 que vous êtes ! Et combien je suis offusqué que certains signataires ci-dessus se joignent aux bien-pensants ampoulés et ridicules, à l’ordre officiel de Madame Albanel pour soutenir celui qui n'a commis d'autre "crime" récent que de s'en prendre au fils Sarkozy… Car qu'est ce qui décide ces 20 signataires à faire le procès de la carrière entière d'un dessinateur aujourd'hui âgé de 80 ans célèbre depuis ses caricatures et prises de position lors de la guerre d'Algérie, le manifeste des 121, et son immortel dessin où il montre des soutanes devant un crucifié se moquant d'un pauvre hère devant son totem ? Ce n’était pas seulement des "fulgurances", il en fallait du courage !… Siné est un combattant depuis les années 60 de toutes les causes démocratiques, antiracistes et, d'ailleurs, ne l'avez-vous pas côtoyé aux nombreux dîners des parrains de SOS-Racisme auxquels il participait, c'est là que je l'ai rencontré avec vous tous, en 1988, lorsqu’il y serrait la main de François Mitterrand, et les vôtres ? Qu'est ce qui vous prend de faire un autodafé à partir de citations tronquées, tirées de leur contexte, de sa vie, de son œuvre entière ? Vous l’excommuniez? C’est un grand honneur que vous lui faites ! Où a-t-on vu cela, vous vous prenez pour Jdanov? Comme l’a fait la ministre de la culture du père de Jean Sarkozy qui veut voir "disparaître à jamais" (un autodafé, vous amenez le briquet?) Siné, sa vie, son œuvre?

Tous, absolument tous les juristes répètent qu'il n'y a pas d'antisémitisme dans le texte incriminé de Siné, juridiquement ça n’est pas plaidable, ce n'est qu'une reprise d'une info exprimée déjà dans Libération le 23 juin par un ami de Jean Sarkozy, membre de la Licra, en termes similaires...

Vous parlez peu de l’objet précis et récent de l’affaire, ce que vous en citez est tronqué malhonnêtement, et vous étendez surtout la question "aux dérapages" de toute la vie d’un homme, en l’occurrence d’un artiste, en extrayant des excès qui vous ont semblé contestable en lui -d’un point de vue universel suprême, celui de votre absolue autorité.

Rien ne vous donne ce droit d’exécuter ainsi quelqu’un. Personne ne vous a demandé de vous mettre à 20 pour juger le bon ou le mauvais goût des caricatures de Siné, c'est son droit, sa liberté, son œuvre, et s'il est apprécié depuis plus de 50 ans, lui, ami de Prévert, de Léonor Fini ou de Malcolm X, il y a sûrement une raison à ses centaines de milliers d'admirateurs... Toute licence en art! Même pour les dessinateurs de chat, bouffeurs de curés et provocateurs! Même pour Plantu que vous exécutez au passage en donneur de leçons suprêmes que vous êtes…

Vous vous mettez en 20 pour faire la police de la pensée officielle, et estimez que cela fait des décennies que Siné aurait dû être réduit au silence? Bouh, ça fait froid dans le dos! Toute l'équipe de Hara-Kiri, Charlie Hebdo première mouture, (avant que Val ne s'en empare), est censurée épurée, réduite au silence, en un même coup, par vos propos: soit 80 % des caricaturistes célèbres dans ce pays depuis 40 ans. Votre logique, c'est d'interdire une seconde fois "Bal tragique à Colombey", ça se faisait à l’époque, après que les Yvon Bourges aient interdit "La Religieuse" de Jacques Rivette. Vous voulez, vous aussi, liquider quelque chose de mai 68 en vous en prenant à Siné et en donnant raison à Val?

Parce que vous croyez que Val a une constance dans son engagement ? Qu’il est "démocrate, défenseur et garant des principes" de Charlie Hebdo et de sa rédaction? Voulez-vous qu’on joue au même jeu des citations le concernant? Ce serait aussi facile, cruel mais dégradant. Ou comment Val a tiré profit de Charlie, et comment il traite le droit de ses salariés dans le journal sur lequel il a mis la main, comment il vient de "licencier" un prétendu "droit d’auteur" qui était plus ancien que lui à la fondation ? La rédaction de Charlie qui a votre "entier soutien", ce sont aussi Charb et Cavanna défendant Siné contre toute votre accusation: "Je n’aurais pas travaillé 16 ans aux côtés d’un antisémite", "Siné n’est pas antisémite" écrivent-ils!

Comme Willem, Delfeil de Ton, Carali, Barbe, Geluck, Malingrey, Pichon, Pétillon, Got, Faujour, Picha, Tignous, Thouron, Tardi, Wiaz... qui le soutiennent. Alors pourquoi est-ce Siné qui est viré, vilipendé, lynché et comment pouvez-vous donner votre "entier soutien" à ce Val-là?"


Gérard Filoche




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Bellaciao apporte son plein
et entier soutien à Siné


par Le collectif Bellaciao

"Le collectif Bellaciao apporte son plein et entier soutien à Siné dans le combat qui l’oppose aujourd’hui à la pensée unique du capitalisme réactionnaire le plus dur qu’on ait connu en France depuis des dizaines d’années.

Travesti derrière une accusation publique d’antisémitisme, (antisémitisme que toutefois les zélés moralistes n’ont pas encore osé porter eux-même devant les tribunaux), se déroule un combat qui a pour seul enjeu de laver l’honneur du fils de M. le président de la République, traité par Siné, dans la chronique incriminée, grosso modo, d’arriviste.

Arriviste. Point. Et rien d’autre.

Comme le démontrent les différents soutiens apportés à Philippe Val le point commun, le lien entre toutes ces personnes, c’est d’une part leur soutien, ou leur relation, parfois personnelle, avec le président de la République, et d’autre part une haine du communiste (stalinien, forcément, stalinien...), qui n’a d’égale que leur amour immodéré du capitalisme, dont ils sont tous par ailleurs de vigoureux défenseurs, même si certains se prétendent de gauche.

Comment lire autrement M. Adler, par exemple, qui consacre deux paragraphes à reprocher avant tout à Siné d’être un "stalinien endurci" (traduire un s... de rouge, une crapule communiste)?

Ah, M. Adler regrette bien que, pour l’heure, le droit n’ait pas encore mis le "stalinisme" (voire, soyons fous et rêvons un peu, le communisme) au même niveau que l’antisémitisme, non? La suite de son article dans Le Figaro est à l’avenant sur la question, et même J. Vergès en prend pour son matricule, sans que M. Adler semble redouter que l’inexactitude ou l’imprécision de certains de ses propos porte préjudice à son raisonnement...

L’antisémitisme est une chose bien trop grave, contre laquelle nous avons toujours lutté et nous lutterons toujours, pour continuer d’être ainsi instrumentalisée à des fins strictement politiciennes, idéologiques, de défense d’un système qui, comble de l’ironie, a fourni à l’Histoire son plus gros bataillon de salauds, tortionnaires, nazis, collabos, et êtres inhumains en tout genres.

Ce que dénonce Siné, cette compromission entre pouvoir, politique de droite et forces capitalo-bourgeoise, est aussi vieux que ce que de nombreux historiens ont récemment mis à jour et amplement démontré ; c’est aussi vieux que la Synarchie, les Ligues, la Cagoule et le Comité des Forges dont les meilleurs représentants en France (et ailleurs) ont soutenu sans trembler l’œuvre abominable et ineffaçable d’un Adolf Hitler.

Rappelons-nous leur mot d’ordre : "Plutôt Hitler que le Front Populaire" ! "Plutôt Munich que Moscou" !

Alors, à quand un "Marx antisémite"? Lequel osera tirer le premier?

Siné n’a rien écrit, selon nous, dans sa chronique qui puisse s’apparenter à de l’antisémitisme, ni de près ni de loin.

Si Siné a tenu, selon ses détracteurs, par le passé, des propos qui auraient pu s’analyser comme de l’antisémitisme, que les soutiens de Ph.Val et de J. Sarkozy aujourd’hui ne l’ont -ils alors attaqué en justice hier? ! Et d’ailleurs, que ne l’ont-ils fait aujourd’hui même, puisque, nous en sommes bien d’accord, c’est si grave, l’antisémitisme. Après tout, on ne plaisante pas avec l’antisémitisme, n’est-ce-pas Mesdames et Messieurs les donneurs de leçon?

Alors pourquoi s’être contenté de le virer et de l’insulter?

Dans cette affaire, ne seront trompés que celles et ceux qui veulent bien l’être.

Nous espérons que Siné gagnera ce combat, essentiel pour nous tous et toutes aujourd’hui, et repartira de la salle du Tribunal la tête haute, et lavé de cette accusation immonde dont on l’a volontairement affublé à tort.

Soutenez Siné, comme vous nous avez soutenu contre les Chantiers Navals à l’époque, soutenez la liberté d’expression, et signez là !










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Affaire Siné :
«Val voit de l’antisémitisme subliminal»

«Dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, estime Me Christophe Bigot, avocat spécialisé en droit de la presse, la volonté de Philippe Val est d’aller au-delà de la loi, c’est une forme de terrorisme intellectuel ». Décryptage juridique de l’affaire.
Cette phrase du caricaturiste de Charlie Hebdo est-t-elle condamnable, en droit ?
Christophe Bigot. «On plaiderait sur cette expression de Siné, je pense qu’elle ne serait pas condamnée. Pour qu’elle le soit, il faudrait une assimilation claire entre le judaïsme et le fait d’être avide d’argent. Il faudrait en effet prêter un trait de caractère, attentatoire à l’honneur, à une communauté de personnes en raison de sa religion, ou de son origine. Ici, seule la religion est concernée. Laurent Joffrin utilise un mot impropre lorsqu’il parle de «race», c’est bien de religion dont il s’agit.

Cette lecture est, en l’espèce, très contestable. Lorsque je lis : «Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive, et héritière des fondateurs Darty. Il fera du chemin dans la vie ce petit», je comprends que ce dernier est prêt à tout pour faire du chemin, y compris changer de religion. Qu’il s’agisse du judaïsme, du bouddhisme ou du catholicisme, peu importe.
Philippe Val va-t-il trop loin en licenciant Siné?
Philippe Val voit de l’antisémitisme subliminal. Cette phrase de Siné n’induit absolument pas ce cliché des juifs qui seraient «prêts à tout». C’est une interprétation très extensive de l’antisémitisme, qui n’est pas en principe celle de la loi. Et c’est dangereux. Il faut faire attention avec cette infraction d’injure à raison de la religion. A force d’en voir partout, on ne pourra plus parler de religion du tout. Il faut laisser la place à une certaine critique et ne pas faire une interprétation extensive de la loi, surtout pour Charlie Hebdo qui se prévaut de brocarder la religion. Pour moi c’est une forme de terrorisme intellectuel que de considérer ce message comme faisant l’analogie entre judaïsme et goût de l’argent.
Contrairement à l’affaire des caricatures, Charlie Hebdo choisit cette fois-ci le parti des religions…
J’ai déjà été opposé à Charlie Hebdo dans l’affaire des caricatures, où je plaidais pour la Grande Mosquée, en première instance. Philippe Val possède un épiderme à géométrie variable. Cela ne lui posait en effet aucun problème de faire le parallèle entre Mahomet et les poseurs de bombes. Et d’assimiler, par là-même, les musulmans aux terroristes. Bien que le journal s’en défende, on ne traite pas les religions de la même manière à Charlie Hebdo. Cette affaire montre de manière éclatante que les appréciations sont très différentes selon qu’il s’agisse du judaïsme ou de l’islam.
Charlie Hebdo est-il un objet journalistique particulier, qui peut aller plus loin que les autres?
Charlie non. La caricature, très présente dans cet hebdo, oui. Cette dernière dispose en effet d’un statut particulier, avec une liberté beaucoup plus large. Lorsque l’intention du dessinateur est de faire rire, cela va anéantir l’intention raciste, qui peut être présente. Cela s’est produit de nombreuses fois, pour des caricatures sur des catholiques ou des musulmans.
Lors du procès des caricatures, le jugement du tribunal de première instance a reconnu que ces dessins faisaient le lien entre la religion musulmane et le terrorisme. Ils étaient donc injurieux, mais dans le cadre de Charlie Hebdo et avec l’intention humoristique, le journal a été relaxé. La Cour d’appel a finalement modifié ce jugement, en affirmant que ces caricatures visaient seulement les intégristes. Dieudonné s’est fait relaxer sur ce moyen plusieurs fois, la cour considérant qu’il visait uniquement les intégristes juifs.
Mais dans l’affaire Siné, il n’y a pas d’outrage ou d’injure envers un groupe religieux dans son entier, la volonté de Val est d’aller au-delà de la loi.»
Réalisé par Clara Martinez.


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Nous avons besoin des outrances de Siné

Par Jean-Marie LACLAVETINE

Bernard-Henri Lévy a raison : ce qui compte, ce sont les mots. La moindre des choses, quand on se livre à un réquisitoire aussi violent que le sien, serait donc de citer les phrases de Siné, afin de montrer l'évidence "odieuse, inexcusable, mortelle" de son fanatisme antisémite. Il s'en garde bien, et pour cause. S'il citait les phrases, le lecteur pourrait se rendre compte d'une autre évidence, pointée avec colère par Gisèle Halimi : dans un procès en justice, il n'y aurait strictement aucune chance pour que Siné, sur la base de ces lignes, soit condamné pour antisémitisme. La philosophie médiatique n'en est pas à une simplification ou un amalgame près pour frapper l'opinion. Inutile de discuter : on sait "ce que pensent les amis de Siné", ces "âmes glauques qui tripatouillent dans les histoires de sang, d'ADN, de génie des peuples, de race". De telles phrases n'appellent pas de réponse. Mais quelques commentaires, tout de même.

Il était prévisible que cette affaire suscite les récurrents effets de manche et sonneries de tocsin. Il n'y a là qu'un symptôme supplémentaire d'un triste état de fait : on ne respire plus, dans ce pays. La France pète de trouille, et ça ne sent pas bon. La poltronnerie de la plupart favorise l'autoritarisme de quelques-uns. Toute pensée, toute parole libres sont immédiatement soumises à un feu roulant d'intimidations, de condamnations ronflantes et sans appel. Comme le dit un proverbe japonais : "Le clou qui dépasse appelle le marteau." Malheur à celui qui critique les replis communautaristes, l'invasion massive du religieux dans l'espace public, la défaite annoncée de la laïcité dont le discours de Latran était un avant-goût, les clés des banlieues remises aux barbus par une république capitularde, l'arrogance grandissante des imams et des rabbins, la montée des intégrismes sous couvert de quête légitime d'identité, la politique israélienne ou palestinienne. Antisémite ! Islamophobe !

La rhétorique victimaire, chère à nos dirigeants, est omniprésente. Philippe Val n'est plus un patron de journal qui a licencié arbitrairement un collaborateur : il devient la victime d'une horde déchaînée dont l'oeil perçant du philosophe a saisi les motivations racistes. Ainsi Jean Sarkozy, bien fils de son père en matière d'arrogance, d'opportunisme et de grossièreté, est transformé en victime d'attaques honteuses dignes du Pilori (un journal antisémite sous l'Occupation) ou de la Milice.

Pourquoi le texte de soutien à Siné a-t-il recueilli plus de 2 000 signatures ? Bernard-Henri Lévy feint d'y voir un signe supplémentaire de la montée de l'antisémitisme en France. Les signataires se sentiront légitimement insultés par une telle accusation, qui n'est pas seulement injuste mais aveugle. Il semble que nos penseurs n'aient pas pris la mesure du sentiment d'asphyxie qui gagne de nombreux concitoyens, dans une société de surveillance mutuelle et de soumission générale. A l'heure où les humoristes graveleux et serviles imposent partout leur présence - et jusque dans l'entourage présidentiel -, nous avons besoin, un besoin vital, des outrances et des gueulantes d'un Siné. Souvenez-vous des couvertures qu'osaient publier il y a vingt ans Charlie Hebdo ou Hara-Kiri, et comparez avec ce qui se publie aujourd'hui : le chemin parcouru est atterrant.

OÙ EST L'OPPOSITION ?

Comme le monde est devenu simple ! La vérité nous est assenée jour après jour par une armée de journalistes conformes et de penseurs autorisés, qui nous débitent à toute heure leurs discours identiques. Où est la presse libre ? Où est l'opposition ? Le seul quotidien estampillé de gauche consacre cinq pages à Carla Sarkozy pour la sortie de son disque, dont les chaînes publiques assurent la promotion. La presse satirique a trempé son esprit d'insolence dans les bénitiers communautaires. Pas un organe de presse, pas une chaîne de télévision qui soit désormais en état de faire entendre une voix discordante. Le Parti communiste a disparu entre deux lames du parquet, l'extrême gauche tapine chez Drucker, le Parti socialiste mijote au tout petit feu des ambitions triviales, les syndicats se laissent tondre la laine sur le dos.

Dans une Europe barricadée, la maison France a fermé portes et fenêtres. La police du langage surveille chacune de nos phrases. Nous vivons dans l'obscurité des vérités communes, des hypocrisies admises, des bienséances cathodiques, des peurs silencieuses, des grandiloquences convenables. Comme il est doux de pleurer ensemble à la libération d'Ingrid Betancourt, tandis qu'on laisse crever en silence Marina Petrella dans sa cellule en attendant de refiler son presque-cadavre à notre ami Berlusconi... Ouvrez ! On étouffe, ici !


Jean-Marie Laclavetine est écrivain.




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Marre de lire dans tous les journaux


et sur le Net que la pétition de soutien à Siné a recueilli "près de 2000 signatures".
Tas d'enfoirés mondains ! La pétition toujours en ligne et que je ne saurais trop vous conseiller d'aller signer toute affaire cessante (http://www.soutenir-sine.org/) en est, à ce jour (30 juillet 2008 à 23 heures), à plus de 7000 signatures, qui s'ajoutent aux 1500 de la première liste (publiée ici même). Ce qui fait, si je ne m'abuse (et sans tenir compte de la pétition lancée en Belgique par l'entarteur Noël Godin, qui a elle-même réuni près de 2500 noms), au moins 8500 signatures.
8500 signatures, et j'espère bien que c'est loin d'être fini... Un chiffre énorme, colossal, renversant, qui en dit long sur l'iniquité du procès intenté à Siné par Val, BHL, Joffrin et leurs petits camarades crypto-sarkozistes.
Tu prétends, Val de mes deux, que Siné se montre liberticide en tirant à boulets rouges sur toutes les dictatures religieuses et morales, qu'elles soient chrétiennes, musulmanes ou juives (c'est pas de ma faute, je te le jure, si aucun mot ne me permet davantage qu'à lui de différencier les Juifs en tant qu'adeptes d'une religion et les Juifs en tant que peuple, race ou tout ce que tu voudras parce que je m'en branle). Pauvre cloche ! Minus ! Crétin sinistre et mollasson ! Nabot du bulbe ! Crapule ! C'est toi qui, sans le vouloir, sans le savoir, te montres tel que tu es : con, infiniment con.
C'est de ton côté, Val, que se tapissent l'intolérance, la cupidité intellectuelle (ou supposée telle) et l'hypocrisie. Ton étroitesse d'esprit, flagrante, te discrédite à jamais. Quoi que tu puisses éructer, pitoyable débris paré des tristes oripeaux de la philosophie de comptoir, tu transpires la bassesse, l'égoïsme, l'autosatisfaction, l'arrivisme, la gloriole, le fiel, la haine, la veulerie.
Tu t'es démasqué le jour, déjà lointain, où tu t'es fait l'apologue de la censure. Tu t'es démasqué le jour où tu t'es livré à un grotesque numéro d'indignation en feignant de découvrir - après vingt ans de scène avec lui - que ton équipier Patrick Font préférait les très jeunes adolescentes aux femmes de son âge. Faux jeton ! A qui pensais-tu faire croire que tu ne t'étais jamais douté de rien alors que Font, dans la plupart de ses chansons, obsessionnellement, n'avait cessé de beugler ses lubies érotiques ? Tu n'as pas défendu ton ex-partenaire une seule seconde. Il n'était qu'accusé, soupçonné, et tu l'as immédiatement traité en coupable (tiens! tu savais donc ?). Dans le cul, la présomption d'innocence ! Pas question, pour toi, d'adopter en public une conduite socialement incorrecte. En immolant Font sur l'autel de ta bonne réputation, à quoi pensais-tu sinon à ta carrière ? Salaud ! Margoulin ! Truqueur ! Brosse à cabinet !
Tu réitères avec Siné. Il a refusé de faire les excuses que tu demandais, alors tu l'as viré. Il aurait donc suffi qu'il les fasse, qu'il se couche devant toi, et tu l'aurais blanchi de toutes les infamie dont tu l'accables aujourd'hui. Sauf que tu savais bien, fumier, qu'il ne pouvait pas accepter cela. Pas lui, justement parce qu'il était le dernier collaborateur de ton torche-cul à dire ce qu'il voulait, comme il le voulait, comme il pensait que cela méritait d'être dit. Et s'il se plantait, s'il se prenait le stylo dans le tapis des mauvaises formulations, c'était à toi de le couvrir, de le justifier, de le défendre mordicus.
Bien au contraire, tu as profité des circonstances pour l'enfoncer, le charger de mille maux, lui prêter des intentions qui vont, tu ne peux pas l'ignorer, totalement à l'encontre de ses convictions les mieux ancrées.
Vas-y, coco. Fais des turlutes au pouvoir et, un jour, tu finiras par être nommé ministre.
Comme ça, tu pourras donner leur picotin de récompense aux ânes bâtés qui font le dos rond autour de toi : tes compères et associés Cabu et Bernard Maris, bien sûr, mais aussi Charb, Luz, Jul et quelques autres. Ils faisaient mine, hier, d'adorer Siné. Ils aimeraient, aujourd'hui, pisser sur son cadavre. Ils sont méprisables. Toi, Val, tu n'es que haïssable.

Jérôme Fandor


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Les lundis de Delfeil de Ton

(30 juillet)

Le théorème de Joffrin

Par Delfeil de Ton

Où l'on voit comment la défense de l'indéfendable Philippe Val peut mener aux pires incongruités.

1970. «L'Hebdo Hara-kiri» est interdit. «L'Obs» nous offre ses pages centrales pour y paraître jusqu'à ce que la censure soit levée.

2008. Siné est censuré. «L'Obs» lui offre l'asile et publie sa chronique sur Nouvelobs.com.

L'histoire se répète, avec cette différence, pas petite, qu'en 1970 c'est le ministre de l'Intérieur qui interdit et qu'en 2008 le censeur est «Charlie-Hebdo», qui succéda en 1970 à «L'Hebdo Hara-kiri».

C'est-y pas merveilleux, une histoire pareille. Qui l'aurait inventée? Philippe Val l'a inventée. Il n'y a qu'un Philippe Val pour salir l'image de «Charlie-Hebdo» avec un acharnement si conséquent. Le drame de l'affaire, c'est qu'elle nous oblige à lire du Philippe Val, ce que nous ne faisions jamais, du B.-H. Lévy, ce dont nous nous gardons, et maintenant, horrible à faire et déjà horrible à écrire, d'aller lire Alexandre Adler et Ivan Rioufol dans les colonnes du «Figaro». Car B.-H. Lévy et «Le Figaro» sont devenus les quasi seuls soutiens, dans la presse nationale écrite, de «Charlie-Hebdo».

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EVRARD JS/SIPA
Laurent Joffrin
J'entends le lecteur: «Et "Libération"? Et Laurent Joffrin?»

En étudiant l'argumentation, mot un peu fort, de Laurent Joffrin, on a aussi celle des Rioufol, Adler, Lévy. Elle consiste à dire que Siné a refusé de s'excuser auprès de Jean Sarkozy (à propos d'une conversion annoncée par le président de la Licra lui-même dans «Libération» du 23 juin!) et que donc Siné est le nouveau Drumont. Ces quatre mousquetaires ne sont pas obtus (encore que pour deux d'entre eux c'est pas sûr) mais ils sont de mauvaise foi, cette fois-ci mot faible.

Laurent Joffrin accable Siné sous Marcel Déat, Brasillach (condamnés à mort) ce dont se gardent ses confrères du «Figaro», ne me demandez pas pourquoi, je serais foutu de vous répondre, eux l'accablent sous Mao Zedong, Jacques Vergès et Enver Hodja. La péroraison du pérorant Adler vaut son pesant de moutarde, servons-la généreusement:

«Aujourd'hui, on voit qui a la trempe d'un Zola, d'un général Picard: c'est Philippe Val. Et qui a la bassesse de Drumont, de Maurras ou de Bernanos: ce sont les pétitionnaires semi-trotskistes en faveur de l'éternel stalinien Siné.»

Rions. Pas qu'un peu. Surtout que ça vient d'un ancien du PCF (1968-1980).

Et notre ami Laurent? Lui, il dénonce en les pétitionnaires pro-Siné «les bataillons quelque peu cacochymes de l'extrême-gauche "antisioniste"». «Libération», «Le Figaro», même vocabulaire: pétitionnaires semi-trotskistes d'un côté, bataillons cacochymes de l'autre. C'est pas bien d'imiter, Laurent Joffrin.

Voici ma réaction, postée à l'aube, sitôt la parution en ligne de son article, réaction signée de mon nom:

«Mon cher Laurent, ton article est immonde qui affecte de croire que Siné n'a pas précisé le sens de son propos, qui était pourtant déjà très clair, voir les innombrables témoignages. Quant aux "bataillons cacochymes", ils comprennent la fine fleur de l'humour d'aujourd'hui. Dont le dessinateur de ton journal! »

Il a fallu quatre envois successifs tout au long de la journée à Libération.fr, plus trois coups de téléphone, un échange de mails, pour qu'elle finisse par paraître le soir mais mise sous le boisseau (pas la place d'expliquer le vice de l'affaire). Ai-je été victime d'une censure? C'est peut-être que «Libération» a été noyé sous les réactions indignées. L'après-midi même, à16h48, ils ont cessé d'en publier, alors qu'elles arrivaient par centaines, peut-être par milliers. Aucun journal, en France, à ma connaissance, n'avait encore fait ça: stopper net les réactions des internautes à un écrit de son directeur. Le seul précédent que je connaisse, mais du temps où la presse n'était qu'en papier, c'est quand Serge July a supprimé le courrier des lecteurs pendant bien une dizaine d'années, alors que c'était l'essence même de son journall.

Si «Libération» s'est retrouvé ainsi noyé sous les réactions, c'est moins à cause de Siné, en fait, qu'à cause de Laurent Joffrin qui ressuscitait la notion de «race juive» dans son article. Les gens sont méchants. Ils ne veulent pas admettre que Laurent Joffrin a droit à tous les lapsus. C'est Siné, qui a droit à rien. Théorème de Joffrin.

D.D.T.


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Touchez pas a mon pote!

Un message de Michael Warschawski (en Israël)

Je croyais, naivement, qu'elle etait bien derriere nous cette campagne qui visait a fermer la gueule de ceux qu'on n'aime pas en les traitant d'antisemites. Beaucoup en avaient fait leur fond de commerce, au debut de ce millenaire, quand l'armee israelienne massacrait les Palestiniens souleves contre l'occupation coloniale.
Moins de 70 ans apres la liberation des camps d'extermination, l'accusation d'antisemitisme est certainement une des plus graves qui soient, car elle est liee a un des pluis grands crimes de l'epoque moderne. C'est bien pourquoi on ne doit l'utiliser a la legere. Encore moins l'instrumentaliser pour regler des comptes personnels ou politiques.
C'est pourtant ce que vient de faire, une fois de plus, Claude Askolovitz, soutenu par le neo-conservateur PhilippeVal, mediocre caricature francaise de ses mentors d'outre-atlantique.
Je lis tres rarement Charlie Hebdo, et j'avoue que l'humour de Sine ne me fait pas toujours rire. Dans mon enfance de Juif ne en France apres l'occupation, a une epoque ou les valeurs des lumieres n'etaient pas encore considerees comme depassees, j'ai appris le respect des convictions d'autrui, politiques, philosophiques ou religieuses. Sine n'a jamais puise ses opinions chez les philosophes, mais dans la grande tradition anarchiste, mecreante et blasphematoire, anti-religieuse autant qu'anti-clericale. Quiconque a un minimum d'honnete reconnaitra que Sine vomit avec le meme degout cures, rabbins et imams, et chie tout autant dans les synagogues que dans les eglises, les temples ou les mosquees.
Sine est un modele d'anti-racisme qui, contrairement a beaucoup d'autres, n'a pas une once de paternalisme ou de condescendance pour les victimes de ces racismes, comme le montre ses caricatures d'Africains, de travailleurs maghrebins ou de Juifs.
Que Philippe Val soit son procureur pour charge de racisme anti-juif est un comble, lui qui publie dans Charlie des caricatures ouvertement islamophobes, au nom de la liberte de critique mais licencie Sine pour avoir repris une rumeur sur une eventuelle conversion au judaisme de Sarkozy junior..
Sine est mon pote, comme il l'est de nombreux autres juifs, noirs, arabes ou gaulois. Comme il l'a ete des combattants algeriens et du peuple cubain. Tartuffes de tous bords, ne touchez pas a mon pote.


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L'affaire a commencé

(par Robert Tourcoing)


C'est la guerre!


Ne nous y trompons pas. Derrière les apparences d’une banale empoignade d’intellectuels médiatiques touillant les mêmes recettes éculées dans les mêmes marmites rouillées, quelque chose d’essentiel se joue. Quelque chose qui solde une époque, et qui en ouvre une autre. Le combat est essentiel, il faut le gagner, le gagner complètement, défaire jusqu’au dernier les porte-flingues de cette cabale, et bien leur faire mordre la poussière. Cette fois, c’est la fois de trop. Depuis des années, ils tirent à bout portant, impunément, avec leur arme magique qu’ils appellent l’antisémitisme. Mais cette balle sera la dernière. Celle qui va ricocher et leur fracasser la tête.

D’Alexandre Adler à Laurent Joffrin, d’Ivan Roufiol à Philippe Val, de Bernard-Henri Lévy à Claude Askolovitch, la camarilla des blablateux stipendiés s’est mise en marche, avec son énorme machinerie de pognon, de perchoir, de kiosques, de micros, de puissance cathodique. Contre une seule plume. Contre un seul homme. Pour le supprimer définitivement, lui clouer le bec, le marquer au fer rouge de toute éternité, d’un signe infamant entre tous. Un signe magique, qui par contagion frappera de nullité, de satanisme, tout ce qu’il a pu dire, faire et dessiner. Détruira l’œuvre d’une vie.

Eh bien cela, nous ne le laisserons pas faire. C’est eux ou nous. Pas de compromis possible. A la loyale, flamberges sorties devant témoins, honneur dans la balance. On ne s’arrêtera pas au premier sang.

Voici pourquoi.

C’est le rire qui est en jeu. Le vrai, celui qui explose, qui déborde, qui renverse tout sur son passage. Celui qui révèle les failles de l’être. Celui qui coupe l’herbe sous les pieds, qui scie la branche, qui fait perdre l’équilibre. Celui qui fait son croche-pied jubilatoire aux statues de Commandeur. Celui qui ne s’arrête pas, qui ne s’arrête nulle part, qui saute les petites clôtures et les haies dérisoires de l’opinion toute faite. Tempête dans les jardins du consensus. Spasme irrépressible dans les zygomatiques du cosmos. Ce rire-là ne peut, ne doit souffrir aucune censure. Aucune.

C’est la vengeance par les mots qui est en jeu. La terrible, indispensable vengeance de l’esprit contre le réel. La littérature, en somme. Dans le monde, on se cogne tout le temps, on bute contre la nécessité, contre la naissance, contre les hiérarchies, contre l’économie, contre les puissants, contre la politique, contre le béton, contre les supermarchés, contre les bénitiers, contre la vieillesse, contre la bêtise, contre soi-même. Et en particulier, dans la France de 2008, on se cogne contre un symbole, celui de Jean Sarkozy. Cet être, ce tout petit être insignifiant, il n’est rien mais il symbolise tout. Muettement, il proclame chaque jour à la face du peuple : « Je suis tout, vous n’êtes rien. J’ai de l’argent, vous n’en avez pas. J’ai du pouvoir, vous n’en avez pas. J’ai de l’avenir, vous n’en avez pas. J’ai un père, vous n’en avez pas. J’ai des relations, vous n’en avez pas. J’ai, parce que j’ai. Et vous n’avez rien, parce que c’est comme ça. Et il n’y a rien d’autre qu’avoir. Rien d’autre que pouvoir et argent. Même pas eu besoin de travailler à l’école, puisque j’ai. Le reste est fumée. Fermez le ban ». Eh bien contre cela, la vengeance par les mots est indispensable. Elle est sacrée. Elle a tous les droits. Et on ne la fera pas taire.

C’est l’universel qui est en jeu. L’universel, c’est de dire « tous », sans exception. Tous les hommes. Toutes les croyances. Tous les Etats. Toutes les communautés. Tous les obscurantismes. Tous les impérialismes. Tous les pouvoirs. Cela s’appelle la pensée, et ce qui s’essouffle avant ne mérite pas ce nom. Sinon, on en tient pour le droit particulier, supérieur à tous les autres, d’une croyance, d’un impérialisme, d’un pouvoir, d’une communauté. Alors, il n’y a plus d’humanité. C’est le nationalisme, plus ou moins fascisant. C’est la force, la force brute avec des mots autour pour cacher. Eh bien, nous disons avec Siné que nous bottons le cul de tout et de tous : des femmes voilées ET des rabbins, des tyranneaux arabes ET des colonisateurs israéliens, de la connerie communautariste musulmane ET juive, de l’obscurantisme hindou ET bouddhiste, du tchador ET des rouflaquettes, du nationalisme français, russe, moldave, états-uniens, paraguayien, inuit ET du nationalisme israélien qui s’appelle le sionisme. Il n’y a pas d’autre patrie que la patrie humaine, et nous sommes anti-tout le reste. Nous sommes pour tous les traîtres, et notamment pour les « traîtres juifs » régulièrement vilipendés par les gardes-chiourme autoproclamés d’une communauté-prison. Lorrain je suis, français je suis, européen je suis, blanc je suis, d’origine catholique je suis, et je m’en branle, et je refuse ces purs hasards de la naissance, et je ne poursuis personne pour anti-lorrainisme. Vous n’avez qu’à en faites autant avec vos petites hérédités.

C’est la politique qui est en jeu. L’offensive anti-Siné vise large. Elle veut décapiter les dernières idées, les derniers espoirs, les dernières sensibilités authentiques qui surnagent encore au-dessus de la mélasse socialo-gestionnaire des petits arrivistes en culottes courtes. Dans la société, dans le monde, il y a des classes, et c’est une insulte à la raison. Il y a des gens qui vivent sans travailler, tandis que d’autres travaillent sans vivre. Il y a des opprimés, il y a des guerres de domination, il y a des conscrits qui se font trouer le caisson, il y a des généraux braillards de salon, il y a des check-points, il y a des visas, il y a des corrompus adulés et des honnêtes conspués, il y a des émirs et des putes philippines, il y a des starlettes qui se gavent et des artistes très maigres. Insultes à la raison. Eux, les parvenus éditorialistes en chaire, ont étouffé leur raison - pour bouffer. Mais ils n’étoufferont pas la nôtre. Et ils ne traîneront pas nos révoltes dans la boue amalgamante des « tendances glauques séculaires franchouillardes gaucho-poujado-antisémites ». Ils ne le feront pas, parce que les tuerons avant. Intellectuellement. Sur le pré des idées, à la loyale.

Feu !


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29 juillet 2008, par d’après l’AFP
Christine Albanel apporte son soutien à Philippe Val 28.07.08 | 22h20
La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a déclaré lundi souhaiter "apporter son soutien" à Philippe Val, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, dans le cadre du licenciement du dessinateur Siné, indique un communiqué de la ministre.
Christine Albanel "souhaite apporter son soutien" à Philippe Val "dont personne ne peut douter de l’indépendance d’esprit et de son attachement à la liberté d’expression". (sic)
"Le dessin et les propos de Siné renvoient à des clichés et caricatures d’un autre temps que l’on aimerait voir disparaître à jamais", conclut la ministre (de la culture sic) .


Le karcher au ministère de la culture :

Une ministre de la culture, en exercice, souhaite voir un caricaturiste parmi les plus célèbres de notre pays, et dans le monde, (ou ses dessins sont diffusés) depuis 40 ans, "disparaître à jamais" ?
Elle a bien dit "voir disparaître" ? Son “dessin”. Et ses “propos”. En général. Tous. Tout de lui.

Pas seulement ! Elle précise : A JAMAIS ? Effacer de la mémoire ? Définitivement ? Eradiquer ? Brûler peut être ? Un autodafé ? En place publique ?

Elle est bien “ministre de la culture”, même de celle qu’elle n’aime pas ?

Ou bien, c’est une directrice des arts et métiers officiels, à la Staline ou Djanov ? Elle veut A JAMAIS bannir les mécréants et leurs dessins qui lui déplaisent ?

Pensez vous, Siné a osé se moquer du petit maître, de Monsieur Fils. Sale hérétique !
"Des clichés d’un autre temps" mais quel est son temps à cette Albanel ? Comme la servante dévouée d’un pharaon, elle ferait effacer sur les pierres, les cartouches de Siné ? Il serait maudit comme Akhénaton, en quelque sorte ?

Elle parle en titre ? Elle sort son revolver ? Son Karcher ?

Hé oui, on savait que le Karcher était toujours là : c’est miss sous ministre Farenheit 451 au service de la voix du... fils de son maître !
Ah “il ira loin le petit” avec des appuis comme ça... A jamais protégé : la voix officielle de la culture du gouvernement de son père veut lui fait d’avance offrande des cendres de Siné !

Mais ça ne se passera pas comme cela, Albanel encense Val, c’est Siné qui gagne !
A jamais.
On se souviendra des dessins de Siné qu’on aura oublié le nom de cette ministre-là.
L’humanité se souvient de Spartakus et pas du nom du sous gouverneur romain qui l’a crucifié !


Gérard Filoche, D&S, 29 juillet 2008





Siné (Audrey Cerdan/Rue89).

Siné répond aux questions de RUE 89

le lundi 28 juillet 2008

Cliquez ICI pour voir les vidéos











La dernière ZONE DE SINE non parue dans CHARLIE HEBDO


Cliquez sur l'image pour l'agrandir
ou lire le texte en
CLIQUANT ICI





Le dessin de PLANTU dans "l'EXPRESS"


Dessin de BERTH


20.7.08




AVERTISSEMENT

Vous trouverez plus bas la liste
des nombreuses personnalités
solidaires du dessinateur.

Nous recevons de plus en plus
de demandes de signataires voulant se joindre
à cette démarche.

Pour pouvoir accueillir
tout ces nouveaux venus, un site de pétition
est actuellement en ligne sur internet.
Vous pouvez y déposer votre signature
en cliquant sur cette adresse:

http://www.soutenir-sine.org/


LE COMITE DE SOUTIEN A SINE








SINE : SA VIE, SON OEUVRE.

Le mardi 8 juillet, sur les ondes de RTL, Claude Askolovitch,
journaliste du Nouvel Observateur dénonçait
« un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas ».
Claude Askolovitch faisait allusion à une chronique de Siné
dans Charlie Hebdo dont nous reproduisons le texte ici :

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel
et déjà conseiller général de l'UMP,
est sorti presque sous les applaudissements
de son procès en correctionnelle
pour délit de fuite en scooter.
Le Parquet a même demandé sa relaxe !
Il faut dire que le plaignant est arabe !
Ce n'est pas tout : il vient de déclarer
vouloir se convertir au judaïsme
avant d'épouser sa fiancée, juive,
et héritière des fondateurs de Darty.
Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Menacé d'être traîné devant les tribunaux pour antisémitisme,
Philippe Val, directeur de publication de Charlie Hebdo,
a enjoint Siné de signer une lettre d'excuses
à Jean Sarkozy, écrite par la direction de Charlie.
Siné a refusé.
En conséquence, dans le numéro du 16 juillet,
Philippe Val demande à Siné de quitter le journal.

Dans l'émission de RTL, Alain-Gérard Slama journaliste au Figaro,
a appuyé les accusations de Claude Askolovitch
envers Siné en ces termes :
« Comme quoi il y a souvent des liens
entre la dénonciation de l’argent,
des riches, et puis l’antisémitisme »..

Où est l'antisémitisme dans le texte de Siné ?
Il y dénonce seulement, avec le ton fleuri
qui est sa marque de fabrique,
l'opportunisme du fils du Président de la République.
Philippe Val et la direction de Charlie Hebdo
se sont couchés devant Jean Sarkozy.
Grand bien leur fasse, leurs lecteurs apprécieront.
D'autres, continuent à la radio de faire des procès
en antisémitisme comme certains, naguère, en sorcellerie.

Nous connaissons bien Siné :
sa grande gueule, sa violence intellectuelle,
mais aussi sa générosité, son humour
et surtout sa maison ouverte à tous :
Juifs, Arabes, Français, Noirs, Auvergnats,
Bretons, pédés, communistes, (listes non exhaustive),
tous unis pour conchier autour d'un (ou plusieurs)
verre une société de plus en plus
bien pensante et moraliste.
Siné c'est ça.
Pas ce que peuvent déblatérer dans les médias
Philippe Val, Claude Askolovitch
et Alain-Gérard Slama.

C'est pourquoi nous lui apportons
notre soutien total et inconditionnel.
Siné n'est pas antisémite.
Siné n'aime pas les cons.
Siné est un anar.
Vive Siné !











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(dessinateur), Jérémie Malisz (musicien), Lucien Malson (directeur de revue), Bérénice Manac’h (retraitée), Thomas Mansouri (chargé de communication), Cédric Manusset (journaliste), Joëlle Manzanares (retraitée), Anatole Maquaire (auteur de sketches en devenir), Stéphane Maraval (enseignant lettres et philo), Sébastien Marchal (graphiste), Marjorie Marchisio (artiste), Georges Maréchal (retraité de l’idiovisuel public), Odile Mariette, Jean-Luc Marino (réalisateur de documentaires), Myriam Marino (journaliste), Christian Marmonnier (auteur), Raphaël Marongiu (dessinateur), Martin (auteur à Groland, réalisateur), Danielle Martinez, Nathalie Martin (technicienne), Violette Martinez Consonetti (psychologue clinicienne), Jeannine Martinez (assistante de direction), Didier Martinez (directeur de société), David Maslarski (étudiant 3e cycle), François Maspero (écrivain), Guillaume Massart (étudiant en cinéma), Gustave Massiah (Cedetim, Attac), Olivier Massoud (ingénieur informatique), Bruno Masure (homme de télévision), Alexandre Mathis (romancier), Daniel Matias (journaliste), Aline Maume (journaliste), Simon Maud (chargée de production), Charlotte Mauger (médiatrice culturelle), Mauro (illustrateur jeunesse), Mauro Mazzari (infographiste), Elsa Mazzella (commerciale sédentaire), Michèle McNally (directrice de magasin), Jean-Pierre Mazziotta (retraité), Thérèse Mazziotta (retraitée), Larbi Mechkour (dessinateur), Mikaël Mehsen (informaticien), Anton Meier (galeriste), Jorge Meijide (dessinateur), Noëlle Meimaroglou (éditrice), Jérôme Mély (informaticien), Robert Ménard, Henri Ménard, Laurence Mendelsohn (retraitée), Jean-Christophe Menu (L’Association), Stéphane Mercurio (réalisatrice), Julie Meresse (assistante photographe), Kevin Mérigot (cadre dynamique), Alexis Merlaud (thésard), Claude Merle (artiste), Gilles Merlin (chercheur), Daniel Mermet (journaliste), Arnaud Merzougui (RMIste), Stéphane du Mesnildot (journaliste), Lila Messaoudi (aide-comptable), Alain Meunier (retraité), Jean-Pierre Meyer, Jérôme Meyer-Bisch (dessinateur), Dominique Meyers (restaurateur), Jean-Fred Meylan (retraité), Betty Mialet (éditrice), Vincent Michaud (rédacteur pigiste), Jean-Claude Michel (historien du cinéma), Laetitia Michel (photographe), Francine Michel (travailleuse), Georges Michel (facteur), Alain Migus (citoyen), Eric Mie (chanteur, comédien), Amaury Mijeon (tourneur fraiseur), Malika Millerat (infirmière), Anne-Marie Miéville (cinéaste), Serge Millerat (agent technique), Alain Millet (graphiste-illustrateur), Stéphane Milliex (sans emploi), Kro Minet (informaticien), Julien Misserey (libraire), Benoît Minisini (informaticien), Thimoty Mirthil (journaliste), Miss Tic (Bombe textuelle), Misti (journaliste pédé), Jean-Paul Moche (journaliste), Claire Moisan (assistante de service social), Sylvain Moizie (auteur de BD), François Molimard (médecin), Paul Molla (retraité), Hélène Mollière (ingénieur informaticienne), Azita Monachipour (architecte), Louis 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Kiki Picasso (artiste), Deborah Picaud (éducatrice), Picha (dessinateur et cinéaste) Pichon (dessinateur), Frederic Pieri (professeur), Jacques Pieri (retraité), Kristel Pierre (maquettiste), M. 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(collectif), Nathanaël Quénu (éducateur de jeunes enfants), Astrée Questiaux, Delphine Quidelleur (éducation nationale), Gilles Quidelleur (fonction publique), Majan Quidelleur (collégienne), Nolwenn Quidelleur (étudiante), Herlé Quinquis (auteur de BD), Alain Rabineau (chauffeur poids lourd), Luc Racaut (professeur d'histoire à l'université de Newcastle), Karim Rahmani (enseignant), Maurice Rajsfus (écrivain, journaliste), David Ramasseul (journaliste), Jocelyn Ramasseul (auteur, comédien), Matthieu Ranck (étudiant), Gwendal Rault (étudiant et aide-soignant), Marie Raymond-Bertrand (graphiste), Dan Raynal (éditeur), Ana von Rebeur (dessinatrice, présidente de FECO-Argentina), Bruno Rébufie (demandeur d’emploi), Claude Regi (retraité de l’Education nationale), Philippe Renard (sans activité), Monique Renault (réalisatrice de films d'animation), Sébastien Renders (salarié), Olivier Repellin (ingénieur), Manuel Resende (traducteur et poète), Michèle Rev (professeur d’allemand), Arnaud Elie Revellin (graphiste, animateur, etc.), Maximilien Revest (etudiant), Benoit Rey (ecrivain, cuisinier), Lys Reygor, Franck Rezzak (plasticien), Claudia Riascos (sans emploi), Laure Ribeiro (architecte paysagiste), Stéphane Ribeiro (auteur), Jacques Richard (cinéaste), Pierre Richard (peintre), Marine Richard (artiste), Frédéric Rigouste (technicien son), Maximilien Revest (etudiant), Bruno Richaud (informaticien), Christian Richeux (auteur-compositeur-interprète), Nicolas Rideau, Delphine Rieu (auteur de BD), Fiodor Rilov, Jean-Marc Rimbaud (journaliste, publicitaire), Alain Riou (journaliste au Nouvel Observateur), Bernard Rivière (photographe), Ludovic Rivière (musicien), Léa-Pop Rizzo-Graphito (étudiante), Denis Robert (journaliste), Xavier Robert (syndicaliste France Télécom), Jacques Robin (retraité de l’enseignement), Frédéric Robin (opérateur Pao), Jean Robin (éditeur), Jean-Max Rocanin-Borraz (retraité), Jean-Louis Rochard (ouvrier à la retraite), Jean-Louis Roche (auteur pamphlétaire), Lisbeth Rocher (correctrice), Franck Rodde (opérateur de production), Françoise Rodriguez (professeur de lettres), Marie-Madeleine Rodriguez Antonietti (peintre. Ecrivain), Alain Roels (journaliste), Kevin Rollin (informaticien), Pierre-Jean Romand (architecte), Jean Roquecave (journaliste), Annie Robic (retraitée), Thomas Roland (cadreur-monteur vidéo, critique de cinéma), Jean Rollin (cinéaste, écrivain), Francky Romana (second de cuisine), Emmanuelle de Rosa (journaliste), Sébastien Rousset (Ingénieur), Amael Rouault (étudiant en science politique), David Rouchaud (étudiant), Damien Roudeau (dessinateur), Thierry Rouden (monteur films), Jean-Paul Roudier (retraité), Danièle Rousseau, Stéphane Rousseau (ingénieur réseaux), Germain Rousselet (chercheur), Lionel Rousselet (technicien), Robert Rousso (dessinateur), Sophie Rouxel (étudiante), Philippe Rouyer (critique de cinéma), Laurie Roy (agent littéraire et cinéma), Frédéric Royer (créateur des Gérard), Patrick Royer (sans profession), Paul Royer (graphiste), Mylène Rudier (étudiante), François Ruffin (rédacteur en chef de Fakir), Jean-Jacques Rue (employé cinéma Utopia), Mireille Rumeau (citoyenne en colère), Fabien Sabatès (directeur de rédaction), Jackie Sabatier (retraité), Akim Sadli (adjoint territorial), Elisabeth Saille (mosaïste), Sacha Saille (comédien), Numa Sadoul (metteur de scène, historien de la BD), Céline Saint-Gal (institutrice), Pierre Sajus (retraité), Christophe Salengro (président du Groland), Mohammed Salhi (fonctionnaire), Daniel Salmon (directeur d’école), Béatrice Samatan (conseillère à l’emploi), Alexis Samatan (psychologue du travail), Annick Samatan (directrice d'école), Karine Sanche (webdesigner et vétérinaire), Miguel Sanchez (réalisateur), Juli Sanchis (dessinateur), François Sandoz (étudiant), Jean-Christophe Sannicolas (journaliste), Stef Sanseverino (chanteur), Chantal Santerre Dom Sarraï-Desseigne (graphiste), Eddie Saudrais (enseignant), Boris Sauteur (fonction publique), Lucie Scheidt (ouvrière agricole), Alexandre Schallhammer (imprimeur), Yoann Scheidt (musicien), Patrick Schevin (technicien CNRS), Carlo Schneider (dessinateur de presse), Guy Schoukroun (musicologue), Florent Schoumacher (écrivain post-situationniste), Michel Scrive (professeur), Ronald Searle (dessinateur), François Sebesi (gérant), Boris Séméniako (graphiste illustrateur), Fred Sendon (libraire), Mariam Seri Sibide (travailleuse sociale), Henry-Jean Servat (journaliste), Pablo Servigne (étudiant), Guillaume Séry (édition), Pierre Sevin (70 ans), Djamal Sheik (artisan), Michèle Sibony (enseignante), Jérôme Sié (illustrateur), Denis Sieffert (journaliste), Claire Simon (régisseur château), Patrice Simounet (ingénieur), Anik Siné (ex-épouse juive de l’accusé), Maud Sinet (traductrice), Nathalie Sioniac (architecte), Sirou (dessinateur de BD), Maud Skoric (sans emploi), Skalpa (responsable de formation), Romain Slocombe (auteur, dessinateur), Maurice Smadja (Iconovox) Emmanuel Smail (formateur), Michel Smith (journaliste), Boualem Snaoui (militant associatif et syndical), Francesca Solleville (chanteuse), Edith Soonckindt (auteur), William Soragna (ingénieur informaticien), Nina Sordes-Barreau (correctrice), Vincent Sorel (illustrateur), Jean Sorel (retraité SNCF), Lionel Soukaz (cinéaste), Soulas (dessinateur), Isabelle Soulié [ex-Cabut] (femme de lettres), Alexandre Sourbier (employé de bureau), Antoine Splet (tente d’étudier), Jean Stals (retraité), Pierre Stambul (Union Juive Française pour la Paix - Marseille), Stara (éditeur), André Stas (pataphysicien), Patrice Stern (kinésithérapeute), Philippe Stockli (paysagiste), Jean Streff (auteur), Sarah Struve Marie-José Suchetet (commerçante), Jean-Marc Surcin (journaliste), Monika Swuine (site Allien’s Café), Lili Sztajn (traductrice), Sophie Szymkowiak (ingénieur), Jean-Christophe Tabuy (sonorisateur), Jean-Pierre Tahmazian (producteur de disques), Serge Taillandier (conseiller social), J.P. Tallut (retraité), James Tanay (Iconovox) Huguette Tanchoux (retraitée), Suzanne Tandé (ex-comédienne), Marc Taraskoff (illustrateur), Éric Tandy (journaliste), James Tanneau (libraire retraité), Jacques Tardi (dessinateur), Taroop (plasticien), Charles Tatum Jr. (critique de cinéma), Bob Tass (écrivain, Libreville), Colo Tavernier O'Hagan (scénariste), Pascale Tchakhotine (enseignante), Yves Tenret (écrivain), Jean Teulé (écrivain), Fabien Texier (journaliste), Marcel Teyssier (retraité), Catherine Thein, Maximilien Theinhardt (lycéen), Benoît Thelliez (journaliste), Frédéric Thenon (technicien de maintenance), Jean-Paul Thevenet (auteur), Nicolas Thévenin (directeur général), Bernard Thiallier (retraité de l’Éducation nationale), Martin Thibault (étudiant en graphisme), Bertrand Thiebault (journaliste), Jérôme Thissé (responsable export), Thom (Bellaciao), Jacqueline Thomas (bénévole association), Alain Thomas (enseignant), Lefred Thouron (dessinateur), Sylvie Nicolas Tiar (danseuse de flamenco), Tignous (dessinateur), Michel Tiradon (infirmier), Michael Tolley (ingénieur civil), Jef Tombeur (journaliste), Myriam Tonelotto (réalisatrice), Claire Tonnot (sage-femme), Cristian Topan (dessinateur, président de FECO-Romania), Toulouse-la-rose (auteur), Fabien Tricoire (chercheur), Mathieu Trigon (agent de développement), Vincent Tripiana, Fabrice Trochet, Emmanuel Tronquart (journaliste), Patrick Troudet (programmateur cinéma), Cyrille Tsapzang (ingénieur en informatique), Gatien Tulasne (étudiant en ingénierie réseau), Othman Turki (chômeur), Jean-Pierre Turmel (Sordide Sentimental) Laurent d’Ursel (artiste), Rémi Uzan (fonctionnaire territorial), Sergueï Uzinski (champion du monde de colle à bois)Odile Vacher (maître de conférences), Raymond Vacheron (syndicaliste), Sofi Vaillant (infographiste truquiste), Rachel Vanentin (journaliste), Jean-Pierre Valentin (documentariste), Patrick Vallée (militant syndicaliste), Gérard Vallerey (amoureux des chats et de l'anarchie), M. Valles (enseignant), Damien Valton (patron de bistrot)Sylvie Van Hiel (graphiste), Désirée van der Kraats (éducatrice), Anne Van der Linden (dessinatrice), Tristan-Edern Vaquette (chanteur), Jean Vanzeebrock (étudiant), Stéphane Vasco (comptable), René Vautier (cinéaste), Philippe Vautrin (professeur des écoles), Frédéric Venant (intermittent du spectacle), Pierre Verbraeken (journaliste retraité), Rémi Verbraeken (dessinateur), Monsieur Verdun (dessinateur), Franck Vergeade (journaliste), Laurence Vergeade (agent du ministère de la Culture), Stéphane Verger (comptable), Paul Vergez (graphiste), Gilles Verlant (écrivain), Alain Vernassa (auteur), Marie-Françoise Véry (retraitée), Daniel Vey (professeur, syndicaliste), Julien Veyret (professeur d’histoire-géographie), Magali Vezza (metteur en scène), Jean-François Vial (militant associatif), Chantal Viala (chômeuse), Daniel Viard (retraité), Alain Vidal (enseignant), Cédric Vidal (inspecteur de travaux), Gilles Vidal (écrivain), Pierre Vigna (régisseur lumière), Fabrice Vigne (bibliothécaire, écrivain), Florian Vigneron (libraire), Jean-François Vilar (écrivain), Jean-Hugues Villacampo (bouquiniste), Cédric Villenave (comédien), J.C.C. Villin (retraité), Céline Vincent (journaliste), Jean-François Vincent, Denis Vincent (branleur), Stéphane Vittoz (thésard des sciences)Maxime Vivas (écrivain), Marina Vlady (comédienne), Jugoslav Vlahovic (dessinateur, président de FECO-Serbia), Thierry Vohl (concepteur graphique), Florie Vuattoux, Pierre Vuattoux, Philippe Vuillemin (dessinateur), Monique Vuillermoz (assistante sociale), Roland C. Wagner (écrivain), Jean-François Walden (factotum désoeuvré), Richard Waroquier (électronicien), Dror Warschawski (chercheur), Michel Warschawski (Juif et anti-colonialiste Israelien), Jean-Marc Warszawski (musicologue), Alain Watier (libraire), Michel Wazbinski (pré-retraité), Isaac Wens (dessinateur),Christian Weiersmuller, V. Wester-Ouisse (professeur), Pierre Wetzel (photographe), Wiaz (dessinateur), Harry R. Wilkens (columnist), Willem (dessinateur), Julien Willème (avocat), Georges Wils (retraité), Hypatie Wils (retraitée), Frank Wuyts (musicien), Jean-François Wydouw (directeur)Khadija Yanouri (professeure de lettres modernes), Arturo Yépez Pottier (président de l’Association des dessinateurs humoristiques de Puerto Rico), Yannis Youlountas (philosophe libertaire), Guillaume Yziquel (en recherche d’emploi), Mohamed Zaaf (médecin, conseiller municipal), Zador (enseignant), Jérémie Zahorski (administrateur ONG), Christian Zambaux (agent SNCF), Alexandre Zanchetti (ingénieur hydrolique), Marcel Zanini (musicien, chanteur), Ida Zannier (éducatrice en retraite), Weronika Zarachowicz (journaliste), Frédéric Zaugg (ambulancier), Lolo Zazar (réalisateur), Sylvain Zeghni (enseignant)Christian Zeimert (artiste peintre), Miloud Zehraoui (architecte), Olivia Zémor (libraire Résistances), Sonia Ziani (enseignante), Anne-Sophie Zika (photographe indépendante), Nicolas Zimny, Odile Zingerle (retraitée ), Zoé Zyrel (traductrice).







18.7.08





Siné : Val fan culo !

dimanche 27 juillet 2008 par Renaud Chenu



« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

Extrait de Zone de Siné dans Charlie Hebdo, paru le 2 juillet 2008, à l’origine de « l’Affaire ».

Et ?
Et quoi ?
L’Affaire de l’été !
Cet été Bertrand Canta n’a pas tué sa maîtresse, le Hezbollah n’est pas en guerre avec Tsahal dans le sud Liban, la canicule ne décime pas nos maisons de retraite... alors on s’occupe un tantinet... c’est tombé sur Siné !

Plus sérieusement, attachons nous à démêler ce sac de noeuds pour chercher à comprendre ce que révèle l’Affaire Siné.

Du point de vue de Charlie Hebdo en général et de son directeur de publication en particulier.

La première chose et certainement la plus anecdotique est une histoire d’hommes, de deux hommes, qui ne peuvent pas se piffer. L’un considérant que le premier est un vieux con gauchiste et le second estimant que le premier est un arriviste droitier. Les deux s’envoyant des élégances à la gueule d’une semaine à l’autre dans les pages de Charlie Hebdo, en particulier sur la politique de l’Etat d’Israël. Le lecteur appréciait. Des positions opposées dans les mêmes colonnes... on était bien dans un journal ouvert où soufflait un vent de démocratie. Vrai ?

Ceux qui connaissent l’ambiance dans les locaux de la rue Turbigo se marrent en lisant ça. On se fait chier à Charlie. Pour y avoir traîné un peu à l’occasion de recherches universitaires, la seule fois où j’ai entendu rire toutes les personnes présentes, c’était à l’occasion du nouvel an Chinois fêté à Paris. En voyant une troupe de Dragons dans la rue de Turbigo, une petite fille s’est mise à pleurer et hurler. Un journaliste présent se fendit d’une répartie salace « Pourtant, Val n’est pas là », en référence à l’affaire de pédophilie qui a mené Font, l’ancien compagnon de scène de Val, en prison. Le patron n’était pas là, les salariés se lâchent, ça détend... Charlie est une boîte comme les autres. Avec ses tensions, ses clans, ses jalousies, le chef, sa cour, ceux qui résistent et les balances. Nous étions deux, on compilait des infos pour notre mémoire de maîtrise avec un pote. On avait 21 ans, on croyait en Charlie Hebdo, pour nous ce canard était un mythe. On a halluciné, on a découvert l’envers du décor fade, chiant, puant. A Charlie on ne se marre pas. L’ambiance y est juste une ambiance de merde.

Au 44, rue de Turbigo, on est chez Val. C’est son journal, sa propriété, sa chose. Pourquoi pas, personne n’est obligé d’acheter ce canard. Sauf que... De la même manière que Bonaparte s’est appuyé sur les acquis de la révolution pour mieux la travestir en salope impériale, Philippe Val s’est appuyé sur un titre glorieux, une histoire magnifique, pour en faire un brouet et détourner l’histoire à son avantage. Après avoir claqué la porte de La Grosse Bertha1, Val, Cabu, Cavanna, Wolinsky, Siné et d’autres se retrouvent dans un bar et décident de fonder un nouveau canard. Cavanna prend la parole pour dire que le titre Charlie Hebdo est libre. Ainsi est décidé de relancer le titre disparu dix ans plus tôt. Mignon, non ? Ca ressemble à un conte de fée, où tout se termine bien à la fin... Il était une fois, gna gna gna, et ils vécurent heureux. A y regarder de plus près, l’histoire est moins rose.

Dans son histoire de Charlie Hebdo, Stéphane Mazurier2 commence en fanfare en allumant Val sur son curieux rapport à l’histoire du journal, illustré dans le seizième numéros hors-série de Charlie Hebdo, publié au mois d’avril 2002 et intitulé : Dix ans de Bonheur. Philippe Val ne revient que très anecdotiquement sur le « premier » Charlie Hebdo et se contente d’une réflexion sur « le sien ».

« Octobre 1960 : Cavanna crée le premier mensuel Hara Kiri. Février 1969, Cavanna lance L’Hebdo Hara Kiri. Novembre 1970, De Gaulle meurt. L’Hebdo Hara Kiri titre « Bal tragique à Colombey : 1 mort ». Le journal est interdit par le ministre de l’intérieur, Raymond Marcellin. La semaine suivante, Cavanna lance Charlie Hebdo. Décembre 1981 : fin provisoire de Charlie Hebdo... Juillet 1992 : après dix ans d’absence, Charlie Hebdo reparaît ».

L’historien nous signale que cet historique est truffé d’erreurs. Approximations causées par un manque d’appétence à vérifier ses informations ou légèreté traduisant une volonté d’en finir vite avec « l’ancien », pour se concentrer sur « le nouveau », « le sien » ? Le premier numéro du mensuel Hara Kiri est daté de septembre 1960 et non d’octobre, c’est Hara Kiri Hebdo qui est fondé en février 1969 (il devient l’Hebdo Hara Kiri en mai 1969) et l’ultime Charlie Hebdo (sans mention de dépôt légal) paraît en janvier 1982. Par ailleurs, l’idée de la fin provisoire relève de la téléologie : rien ne pouvait laisser alors imaginer que le titre renaîtrait de ses cendres. Par ailleurs Cavanna est présenté comme le seul fondateur des trois titre. Hara Kiri, l’Hebdo Hara Kiri, et Charlie Hebdo. Quid du professeur Choron, gommé de la carte postale, rayé de l’histoire officielle, jeté aux oubliettes.

Cet historique s’appuie sur des décisions de justice, qui interviendront à posteriori. Le 30 janvier 1993, la troisième chambre du tribunal de grande instance de Paris reconnaît la paternité du titre à Cavanna. Depuis lors, celui-ci apparaît dans l’ours du journal en qualité de « fondateur ». Plus près de nous, en mars 2002, François Cavanna a récupéré le titre Hara Kiri, journal bête et méchant, qui figure dépuis en dernière page de Charlie Hebdo.

En 2002, 42 ans d’histoire semblent donc en voie d’achèvement... Tout rentre dans l’ordre, le fondateur est reconnu comme tel par la justice. Mais il s’agit d’une reconstruction historique, orchestrée par le rédacteur en chef (c’est à l’époque Gébé qui est directeur de publication, il le reste jusqu’à sa mort le 5 avril 2004). La continuité entre les deux journaux est plus que contestable. En outre, les anciens collaborateurs du journal n’ont pas tous souhaité travailler pour la nouvelle version de 1992. Ainsi Arthur3, dans une fausse nécrologie de Val publiée dans le magazine en ligne Zoo d’octobre 1999 donne une explication de son départ de La Grosse Bertha en 1991 (dont le rédacteur en chef était Val) :

« Philippe Val était une synthèse de Voltaire, Montaigne et Bernanos réunis. Chaque semaine, ses lecteurs éblouis découvraient la différence entre le bien et le mal, la gauche et la droite, fromage ou dessert, fumeur ou non fumeur et Lagarde ou Michard. Mais aucun de ses subordonnés n’oubliera l’ambiance décontractée au Vittel-Fraise qui régnait dans les réunions de rédaction où l’abbé Val marmottait ses patenôtres en attendant qu’une bonne âme lui suggère les idées qui lui venaient si péniblement à l’esprit. »

Ou encore Delfeil de Ton, cité par Stéphane Mazurier :

« Ils réécrivent l’histoire, ceux de maintenant... ils la réécrivent si bien qu’il y a eu des des interviews, des pages dans les journaux où j’étais gommé de l’histoire de Charlie Hebdo ! C’est te dire à quel point ils la réécrivent... Et Bernier, ils te le gommeraient... »

Réglement de compte ? Certainement, mais qui révèle une pratique systématique à Charlie hebdo. Il y a l’histoire, celle qui cherche à être objective, écrite par les historiens du journal, dont je fais modestement partie et l’histoire officielle, rédigée par les gardiens du temple, sous l’autorité de « l’abbé Val ». Dix ans de Bonheur fait l’impasse sur Georges Bernier, alias le Professeur Choron, sans qui pourtant Cavanna n’aurait « rien pu faire » selon ses propres termes4 C’est Richard Malka qui se charge de lui régler son compte dans Dix ans de bonheur. La société éditrice de Georges Bernier « Stars, Spectacles et Créations », est présentée comme « obscure », ses membres comme « voleurs de titre » qui l’auraient « déposé en douce à l’INPI ». Il n’est même pas désigné nominativement ! Un assassinat en règle. À la mort de Georges Bernier, le 10 janvier 2005 à Paris, Charlie hebdo ne célébrera pas celui qui fut son âme, son inspirateur (la couverture Bal tragique à Colombey : 1e mort, c’était lui) avec Cavanna, l’artisan de sa pérennité économique jusqu’en janvier 1982 (financement, diffusion etc.). Un petit entrefilet de Cavanna, presque gêné. Un numéro pénible à lire pour qui a aimé l’ancien Charlie Hebdo.

Ce rapport à l’histoire a un nom. Gommage de personnages clefs de l’histoire, réécriture des événements, mise en place d’une vérité officielle assez éloignée des faits... de là à penser que Val a fait l’école de Moscou...
Ce que révèle l’Affaire Siné de profondément dégueulasse.

Mais revenons à l’Affaire, à cette « ordure » d’ « antisémite » qu’est Siné. Tout le monde sait que Siné verse dans la brune, qu’il est tellement obsédé par l’Etat Israël que ses « dérapages » n’ont rien d’étonnant et qu’il était grand temps qu’il soit viré. Comment tolérer « un article antisémite dans un journal qui ne l’est pas », selon les dires de Claude Askolovitch qui s’est occupé de flinguer le caricaturiste Siné en place publique le 8 juillet sur les ondes de la Radio RTL. Une bonne purge, ça requinque ! « Antisémite » ! Ça vaut « Collabo » en 45, « Trotskyste » sous Staline, « Sorcière » sous l’Inquisition, « Pédophile » depuis l’affaire Dutroux. Ça salit bien, ça colle à la peau, ça tache éternellement, on ne s’en relève pas. Il faut faire gaffe avec ça. On connaît les ravages de l’antisémitisme. Il n’y a rien de plus odieux que l’antisémitisme, de plus crade, de plus dégueulasse, de plus dangereux. La bête immonde n’est pas morte, on le sait. Tous les jours on peut voir sa sale gueule menacer les libertés, la démocratie, le vivre ensemble. Personne ne devrait jouer avec ça. Et pourtant...

Que dit Philippe Val, que dit Claude Askolovitch (RTL, 8 juillet) que dit BHL (De quoi Siné est-il le nom ?, Le Monde, 21 juillet 2008), que dit Laurent Joffrin (Charlie Hebdo : sanctionner l’antisémitisme, Libération, Rebond, 25 juillet 2008) à propos de ce salopard de Siné ? Il a associé « juif, pouvoir et réussite sociale ». Siné est un sale gauchiste. Comme tous les sales gauchistes, Siné confond capitalisme, argent, juif, Amérique et Israël. Bang ! Un tampon d’antisémite sur la gueule et basta, va rejoindre tes camarades dans les poubelles de l’histoire.

Non. C’est faux. Siné n’a pas associé juif, pouvoir et réussite sociale. Il a suggéré une conversion à caractère supposée opportuniste de la part d’un garçon dont la récente geste politique a montré qu’il est brillant en la matière. Il ne l’a pas condamné, il l’a même félicité, avec un poil d’ironie, c’est de bonne guerre, c’est l’arme des Siné de tous les pays, l’ironie ! Dans cette phrase, Siné se fout que Mlle Darty soit de confession juive. Il le signale pour éclairer une opinion : Jean Sarkozy nous confirme encore une fois qu’il tient de son père car tout ce qu’il entreprend semble teinté d’un zest ou d’une louche d’opportunisme, même quand il s’agit du plus beau, en l’occurrence d’une romance avec une jeune fille ! Tout cerveau normalement constitué a compris ça. Des fous dangereux comme Guy Bedos, Gisèle Halimi, Christophe Alévèque, Lefred Thouron et des milliers d’anonymes qui le soutiennent ont compris ça.

Ceux qui y voient de l’antisémitisme ont un vrai problème. Un problème grave avec ce qui est de la définition de l’antisémitisme. L’antisémitisme, j’ai vérifié dans le Robert, mieux vaut être précis par les temps qui courent, c’est « le racisme dirigé contre les juifs ». Sur le plan historique, c’est la persécution en veux-tu en voilà, des pogroms en pagaille et enfin la Shoa, la négation de l’humanité, l’horreur absolue. Siné a défendu une thèse révisionniste ? Siné a encouragé la haine raciale ? Siné a fait de la provocation fascisante ? Non. A moins d’être d’un jésuitisme forcené, il faut être une véritable ordure pour affirmer que Siné fut tenté par de telles vilenies.
Ceux qui ont décelé de l’antisémitisme dans l’article de Siné sont des pompiers pyromanes.

Soit ils sont paranos et dénichent l’antisémitisme là où il n’est pas, et dans ce cas on ne peut rien pour eux, juste regretter qu’ils aient tant de facilité à répandre la peur qui les ronge sur la place publique. Soit ils sont sciemment manipulateurs, et dans ce cas ils sont dangereux pour la démocratie, car ils entretiennent un climat médiatique où l’antisémitisme est maintenu à un niveau artificiellement haut, en tout cas plus élevé qu’il ne l’est réellement. On se souvient tous de cette fausse agression antisémite dans le RER D en juillet 2004 qui avait soulevé l’indignation de toute la classe politique et fut relayée par tous les médias... et n’était qu’affabulation d’une jeune femme mythomane qui s’était elle même dessinée des croix gammées au marqueur sur le ventre. Tout le monde s’était emballé, de Libé au Figaro, en passant par TF1, RTL, LCI..... Personne n’avait fait d’enquête sérieuse. Pendant quelques jours, on avait agité le chiffon rouge de « la France antisémite », sans oublier de stigmatiser les jeunes de banlieues désignés par cette jeune femme égarée comme ses agresseurs... et patatras ! On n’a pas fait de progrès depuis ? Il y a bien assez de vraies agressions antisémites en France et dans le monde pour qu’on n’en invente pas ! Non ?

Philippe Val a-t-il fait une faute ? Une faute grave ? Si oui, cela mériterait des excuses publiques. Mais il ne s’excusera pas. Pourquoi ? Parce qu’il est d’une sincérité affolante dans cette affaire ! Il fait dire à Claude Askolovitch qu’il a découvert la tribune de Siné après publication. Il se fout ouvertement de notre gueule, de la gueule des lecteurs de Charlie Hebdo. Un Directeur de publication sait ce qui passe dans son journal, d’autant plus dans Charlie où la masse d’articles en une semaine est assez mince. C’est pas long à lire un Charlie. Et le bouclage, il n’y assiste pas au bouclage du lundi le Directeur ? Par ailleurs les lecteurs attentifs de Charlie savent que Val était assez obsédé par ce qu’il y avait dans la zone de Siné. Donc il ment ouvertement. Il reconstruit l’événement à son avantage. Vieille habitude du personnage. Et a au passage créé de toute pièce une affaire d’antisémitisme qui n’existe pas. Gravissime.

Siné piégé donc ? Possible. Mais pourquoi donc ? On n’oserait penser que l’antisémitisme n’est qu’un prétexte trouvé pour se débarrasser d’un gêneur dans la rédaction. Quel genre de gêneur ? Du genre qui prend la défense de Denis Robert5, du genre qui n’est pas dans la ligne du Boss ? Il faut dire que Charlie Hebdo a le même avocat que Clearstream, et que Siné était le dernier résistant à la « ligne » du patron depuis la disparition de Gébé... On n’oserait le penser, non... Utiliser l’antisémitisme, cet outil inflammable, pour salir un homme qu’on ne peut pas saquer... pour le mettre au banc... non... Et d’appeler le contexte au secours. Forcément le contexte, quand il n’y a rien dans le texte ! Yvan Rioufol termine son article Ce que dévoile l’affaire Siné (Le Figaro blog, 25 juillet 2008) avec un grand sens du hachoir « aussi, l’empressement des pétitionnaires à lui venir en aide [...] participe d’un vent mauvais visant à banaliser les considérations antisémites et à rendre suspect la libre critique des idéologies ; singulièrement de l’idéologie islamiste et ses liens avec le terrorisme, comme vient d’ailleurs de le rappeler Barack Obama. » Bah voilà, on est tous des antisémites, alliés objectifs du terrorisme, et Barak Obama le magnifique, sans le savoir, condamne Siné. Même lui, c’est dire... Rien que ça. Et c’est ce genre de type qui trouve Siné lourdingue...

Val est un inquisiteur. Sous des oripeaux moralisant à prétentions satiriques, le polémiste n’est qu’un vulgaire gardien de l’ordre moral et social. Il dit chaque semaine le bien et le mal, dans les longs prêches qui sont sa marque de fabrique. Il définit ce qui est critiquable de ce qui ne l’est pas. Il roucoule ses odes à la liberté et fait des courbettes à Jean Sarkozy, qui doit le mépriser d’être si dégoulinant de respect coupable. Val n’est qu’un petit courtisan voulant à tout prix garder un accès aux plateaux télé, quitte à sabrer son journal, à saigner sa rédaction. Il a hérité d’un brûlot et en a fait un infâme brouet. Il règne sur des cerveaux féconds et inventifs et le sien est d’une stérilité affligeante pour le titre qu’il dirige. Val est un curé, un curé censeur. Il espérait que ça passerait, il avait dû parier que personne n’oserait soutenir un homme taché du sceau de l’infamie. Plantage, mec. Siné, on l’aime parce que c’est un type bien. Toi, on te conchie, car ce que tu as fait est tristement dégueulasse.

Charlie Hebdo est mort, Vive Siné !

Renaud Chenu
(dans le site D&S)




Dessin de CHIMULUS




Dessin de JIHO








Télérama / Tribune

L'honneur perdu de “Charlie Hebdo”


- AFP PHOTO FRANCOIS GUILLOT

Siné, dessinateur historique de Charlie Hebdo, renvoyé par son directeur, Philippe Val. Motif invoqué : antisémitisme. Depuis deux semaines, cette décision a suscité énormément de réactions. Une pétition de soutien à Siné a recueilli dans un premier temps 2 000 signatures, parmi lesquelles celles d’Edgar Morin, de Gisèle Halimi, de Guy Bedos, mais aussi de confrères dessinateurs comme Willem, Gelück ou Pétillon. Par ailleurs, Philippe Val a reçu le soutien d’organisations de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, telles que la LICRA ou SOS Racisme, mais aussi du philosophe Bernard-Henri Lévy, dans une tribune publiée par Le Monde. Mon propos n’est pas ici de revenir sur les circonstances de ce renvoi, sur ses causes réelles et supposées, mais de montrer, en tant qu’historien, comment cet acte constitue une des ultimes étapes visant à transformer un journal libertaire et insolent en un bréviaire moraliste et politiquement correct. Cette mutation radicale s’est opérée dans plusieurs directions, que nous allons successivement détailler.

Première orientation : faire preuve de révisionnisme historique. Philippe Val s’efforce depuis plus de quinze ans à travestir l’histoire du premier Charlie Hebdo, celui des années 1970. Certes, plusieurs noms illustres de la grande époque (Cabu, Wolinski, Willem) y signent encore des articles et des dessins, mais ce n’est plus leur journal. Ils servent de caution pour de vieux lecteurs espérant retrouver la verve satirique de leurs jeunes années. Pour Val, le Professeur Choron n’a jamais existé. Ou il ne fut qu’un alcoolo pathétique et exhibitionniste. Par charité, on fait apparaître chaque semaine dans l’ours le nom de Cavanna comme « fondateur » du journal, mais s’il y écrit encore sa chronique hebdomadaire, son poids décisionnel dans la rédaction est quasi-nul. Jusqu’à sa mort en 2004, Gébé, grande figure de la bande Hara-Kiri, était directeur de la publication et donc gardien du temple « bête et méchant ». Dès lors, Philippe Val a procédé à ce que l’on pourrait appeler une captation d’héritage. Val est devenu l’essence même de Charlie Hebdo.

Deuxième orientation : passer de la confrérie des égaux à une monarchie absolue. Dans les années 1970, même si Cavanna en était nominativement le rédacteur en chef, c’est « toute la bande » qui exerçait en fait cette fonction, puisque chacun, dessinateur ou rédacteur, était responsable de sa page. Aujourd’hui, il y a bien un chef, c’est Philippe Val et personne d’autre. Et alors ? Quoi de plus normal qu’un journal ait un chef ? Le problème est précisément que Charlie Hebdo ne devrait pas être un journal comme les autres, qu’il a été fondé il y a près de 40 ans pour proposer autre chose que la presse traditionnelle. Naguère, on pouvait y lire des diatribes de Gébé, Delfeil de Ton ou Wolinski contre France-Soir, Le Point, Le Parisien Libéré… Le Charlie de Val entend être parfaitement intégré au « champ médiatique » et n’a de cesse que de descendre en flammes la critique des médias, incarnée par Acrimed ou Le Plan B. Val est copain avec Jean-Luc Hees, Denis Jeambar, Laurent Joffrin, Franz-Olivier Giesbert… L’une de ses obsessions est d’être accepté par les barons de la presse écrite comme un des leurs, voire le primus inter pares.

Troisième orientation : passer du « bête et méchant » au pseudo-intellectuel. Dans un vieil article du premier Charlie Hebdo, Cavanna pestait contre ceux qui usaient et abusaient de citations d’auteurs, trahissant ainsi la faiblesse de leur réflexion personnelle. Chaque semaine, Philippe Val veut nous montrer qu’il a lu beaucoup de livres, et des plus ardus. Il n’est pas rare de trouver sur une seule demi-page les noms de Spinoza, Voltaire, Montaigne, Hugo… Cette manie est aussi celle du nouveau meilleur ami de Charlie Hebdo : Bernard-Henri Lévy. Il l’a encore démontré dans sa spécieuse tribune publiée par Le Monde (22.07.08), dans laquelle il prend vaillamment la défense de Philippe Val contre Siné, l’affreux antisémite. La communion d’esprit entre le Charlie Hebdo de Val et BHL est le pathétique couronnement d’un édifice patiemment construit. Il y a tout juste 30 ans, le « nouveau philosophe » s’en prenait à « l’antisémitisme discret et familier » (1) de Charlie Hebdo, provoquant ce soupir de Cavanna : « C’est triste de perdre son temps à répondre à des conneries » (2). En 1998, Philippe Val qualifiait encore BHL d’« Aimé Jacquet de la pensée ». Depuis deux ans, Val et Lévy sont côte à côte, sur les mêmes estrades, militants infatigables des droits de l’homme et de la liberté d’expression.

Cela nous amène à la dernière orientation : le positionnement de Charlie Hebdo en matière de politique extérieure. Dans les années 70, le journal renvoyait dos à dos les pro-israéliens fanatiques et les pro-palestiniens fanatiques. À l’heure actuelle, Val est clairement du côté israélien, parce qu’Israël serait la seule démocratie du Proche-Orient. Il se méfie comme de la peste des Palestiniens, suspectés d’être des terroristes en puissance, ces « islamo-gauchistes » dénoncés sans relâche par BHL. Dans les années 70, Charlie Hebdo condamnait toutes les guerres, au nom d’un pacifisme intransigeant assumé. En 1999, Val a applaudi l’intervention militaire de l’OTAN au Kosovo. Dans les années 70, Charlie Hebdo offrait une critique impitoyable de l’impérialisme américain et de son système politique gangrené par la corruption. Aujourd’hui, Val dresse les louanges de la plus grande démocratie du monde et de sa guerre contre le terrorisme. Dans les années 70, Charlie Hebdo insistait sur les dangers d’une construction européenne fondée uniquement sur le libre-échange et la technocratie. En 2005, Val a plaidé vainement pour le « oui » au référendum sur la construction européenne.

Par ailleurs, après les résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2007, Val n’a pas consacré son billet à la nécessaire mobilisation de l’électorat de gauche pour battre Sarkozy. Pas du tout : il s’est réjoui de ce que les anciens partisans du « non » au référendum aient réalisé de faibles scores. Et, fidèle à ses raccourcis abjects dont il a le secret – ainsi comparer un article de Télérama, signé Weronica Zarachowicz, aux Protocole des Sages des Sion – il établit l’équation Bové = Le Pen.

En virant Siné, Val élimine un des derniers bastions de résistance interne au journal. Charlie Hebdo est mort. Pourquoi conserver ce titre ? Il y a tromperie sur la marchandise, sinon publicité mensongère. En tant qu’historien du Charlie Hebdo des années 1970, je demande donc solennellement à M. Val de changer le nom de son journal. Plusieurs possibilités s’offrent à lui : Le Meilleur des mondes illustré, Le Figaro rigolo ou Sarkoland-Posten (3).

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Stéphane Mazurier

(1) Le Matin de Paris, 1er novembre 1978.
(2) Charlie Hebdo, 9 novembre 1978.
(3) En hommage au journal danois ultra-conservateur, Jyllands-Posten, qui publia, le 30 septembre 2005, les caricatures de Mahomet


(*) Agrégé d’histoire, Stéphane Mazurier est l’auteur d’une thèse sur le Charlie Hebdo des années 1970 qui sera publiée chez Buchet-Chastel en 2009. il est aussi le co-auteur, avec Cavanna, Michèle Bernier et Delfeil de Ton de l’album “Hara-Kiri”, publié par Hoëbeke en octobre 2008.



Le Monde diplomatique
La valise diplomatique

jeudi 24 juillet 2008

L’« affaire Siné »

Antisémitisme : l’échec d’un chantage

Cette fois, ça n’a pas marché. Depuis le début des années 1990, on ne comptait plus les adversaires de l’impérialisme, du néolibéralisme, des médias dominants…, qualifiés d’antisémites, voire de « nazis » par quelque gardien de l’ordre social. Le prétexte pouvait être léger, inexistant même. Qu’importe : écrasé par la gravité de l’imputation, l’accusé devait aussitôt exciper de ses états de service antiracistes, évoquer la liste de ses amis et parents promptement transformés en cautions de moralité, autopsier un trait d’humour plus ou moins réussi.

Rien n’y faisait. Car seul le tribunal de l’Inquisition et ses juges inamovibles (Alain Finkielkraut, Ivan Rioufol, Alexandre Adler, Philippe Val, Bernard-Henri Lévy) avaient la permission de manier l’irrespect, la provocation, de frôler (ou de franchir) la ligne jaune de la stigmatisation collective. Eux pouvaient justifier — au nom de Voltaire et du droit à la caricature — leurs dérapages sur, par exemple, la couleur des joueurs de l’équipe de France ou l’assimilation de l’islam au terrorisme.

Torquemada n’avait rien à redouter. Quadrillant les médias, il déployait les techniques décrites dans Le Barbier de Séville« Puis tout à coup, on ne sait comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’œil ; elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription ». A une différence près : le « on ne sait comment » de Beaumarchais était dépassé puisque nul n’ignorait à cause de qui Edgar Morin, Pierre Péan et Philippe Cohen, Daniel Mermet, Hugo Chavez, Pascal Boniface, Jacques Bouveresse, Charles Enderlin, Pierre Bourdieu, José Bové… sans oublier Le Monde diplomatique (1), ont été tour à tour suspectés ou accusés d’antisémitisme.

En juillet dernier, un journal qui se voulut autrefois « bête et méchant » — et qui s’ingénie sur ce point à passer du second degré au premier — a entrepris d’ajouter à la liste le caricaturiste Siné. Torquemada, cette fois incarné par Philippe Val, est l’employeur du contrevenant. Il lui a fallu une semaine pour décréter que l’une des chroniques de Siné, publiée, avec son imprimatur, dans Charlie Hebdo était… antisémite. Terrible absence de vigilance ou accusation ciselée pour se débarrasser d’un gêneur, comme le soupçonnent à la fois l’auteur du « délit » et d’autres caricaturistes (Martin, Lefred-Thouron, Willem, Pétillon, Tignous) ? Récalcitrant, le prévenu a refusé de signer la lettre d’aveux que le patron du journal, s’inspirant pour le coup d’une tradition assez peu satirique, avait rédigée pour lui. Il a été congédié. L’affaire aurait pu en rester là, et Siné demeurer au banc d’infamie, lâché par la plupart de ses anciens camarades, sa photo bientôt gommée des albums commémoratifs.

Seulement, cette fois, l’affaire semble se retourner contre ses instigateurs. En marquant leur solidarité avec le dessinateur calomnié, des milliers de personnalités, d’intellectuels, de journalistes et d’anonymes ont signifié que ce manège devait cesser. Et que l’imputation d’antisémitisme, ce « mot qui tue » du débat intellectuel français, ne saurait être utilisée comme argument de convenance ou d’autorité pour discréditer un adversaire trop remuant.

Pierre Rimbert

(1) Bernard-Henri Lévy a reproché à plusieurs reprises au Monde diplomatique de s’être spécialisé dans la dénonciation des « synarchies new-yorkaises ». Cette expression (le mot de « synarchie », qui n’a rien de répréhensible au demeurant, signifie une « autorité exercée par plusieurs personnes ou plusieurs groupements à la fois », selon le dictionnaire Robert), ne figure pas une seule fois dans la banque de données du mensuel depuis 1977…






Lettre de Syvain GOLDSTEIN Président du MRAP 93


Suite à ce document du MRAP,
une pétition circule dont voici une première signature.







COUVERTURE de CHARLIE HEBDO
du 1er Octobre 1980





Dessin de Loïc FAUJOUR
paru dans ZOO en octobre 1999








Transcription du passage concernant Siné dans l’émission « on refait le monde » sur RTL le 8 juillet 2008-07-16


Nicolas Poincaré présente « on refait le monde sur RTL » avec la participation de Philippe Turle, Claude Askolovitch, Alain-Gérard Slama et Claude Cabannes

« Coup de cœur, coup de gueule » qui veut commencer ?
Claude Askolovotich :
-C’est une affaire, à mon avis, qui va faire beaucoup de bruit…C’est un article antisémite dans un journal qui ne l’est pas qui s’appelle « Charlie Hebdo ». L’auteur de l’article, c’est un vétéran du dessin de presse et de la polémique en France... il s’appelle Siné. Il est dans « Charlie Hebdo » depuis toujours. Il a une chronique hebdomadaire dans « Charlie »
Sa dernière chronique consacrée partiellement à Jean Sarkozy, fils de son père, etc. Et, à un moment donné, Siné dérape, mais dérape bien ! Je cite une phrase, voilà.. Il parle de Jean Sarkozy »digne fils de son paternel, etc…et il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritières fondateurs de « Darty ». Il fera du chemin dans la vie ce petit ! » Sous-entendu, pour faire du chemin dans la vie, vaut mieux être juif, pour avoir des héritiers (ici un mot inaudible)
Et il y en a d’autres du mêmeeau (sic) dans la chronique. Déjà, ça pose un gros problème ! Ce qui est intéressant, c’est un article qui est paru mercredi de la semaine dernière… Philippe Val, patron de « Charlie », totalement insoupçonnable de cette dérive et qui est même considéré comme philosémite…. Ça énerve pas mal de gens à l’extrême gauche… le lectorat de « Charlie Hebdo » est plutôt philosémite etc. Peu importe ! Philippe Val n’a pas lu cette chronique parce qu’il déteste tellement Siné, qui fait partie de la vieille garde de « Charlie Hebdo » d’un gauchisme imbécile qu’ il exècre, dixit Philipe Val, qu’il ne les lit plus. Donc, les chroniques de Siné arrivent directement par fax, et elles ont dans le journal.Et là, c’est très embétant parce que Val, patron de « Charlie Hebdo » va sans doute se payer, peut se payer un procès pour « antisémitisme » pour un article qu’il désavoue,qui est passé dans son journal qu’il n’a pas lu…et, la semaine prochaine- je lui ai parlé longuement au téléphone-il va faire lui, son éditorial pour expliquer que Siné est une ordure, a dérapé totalement et qu’il devrait partir. Vous me direz : pourquoi il ne le vire pas ? Et c’est là où l’histoire de la presse est extraordinaire : il ne peut pas le virer parce qu’il fait partie des « historiques » de « Charlie Hebdo », Siné !... Donc vous avez une affaire, on va en parler plus longuement, et c’est une affaire qui concentre toutes les ambiguïtés d’un certain discours très à gauche, quand on en vient à la question nazie ou à la question juive ?
L’ambiguïté d’un journal quia publié des articles avec lesquels il n’est pas d’accord mais qu’il passe quand même et l’impuissance d’un patron de presse, Philippe Val, totalement insoupçonnable, encore une fois, ni de racisme, ni d’antisémitisme, mais qui se retrouve en situation d’accusé qui pense que c’est juste…..


Alain Gérard Slama commente : Ce qui est très très curieux, c’est la force de cette tradition d’antisémitisme chez les caricaturistes. Je repense à Konk, dans « le Monde » qui était d’un antisémitisme forcené et qui a fait quelques disciples. D’ailleurs il est parti au « Front National (on entend distinctement Askolovitch qui commente : » lui était négationniste, ce que n’est pas Siné »)
Je pense comme quoi il y a souvent des liens entre la virulence de la dénonciation de l’argent des riches et puis l’antisémitisme. C’est pas une preuve de nouveauté ce que je dis, Freud l’avait vu et dit avant moi ! C’est une raison supplémentaire pour qu’on évite ce type d’argument car je reviens sur le discours sur l’argent







Jeudi 17 juillet 2008
COMMUNIQUE AFP

L’humoriste SINE a fait connaître aujourd’hui sa décision de déférer au Tribunal Correctionnel de Paris du chef de diffamation le journaliste Claude ASKOLOVITCH et tous ceux qui en le traitant injustement d’ “antisémite” et d’ “ordure” ont provoqué son licenciement par CHARLIE HEBDO et ruiné l’engagement de toute une vie en faveur de la tolérance, de la liberté d’expression et de l’égalité entre les usagers de la planète terre.








Paris, le 16 juillet 2008


Philippe Val,


Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France. À la différence près que lui a été élu ; toi, dans des conditions qui m’échappent et dont je me tape, tu as fait un coup d’État. Me revient une phrase que j’avais écrite à propos de certains politiques, de droite ou de gauche, et qui, au regard de ton attitude, te concerne aujourd’hui : « Ce n’est pas en crachant dans les miroirs qu’on guérit de l’eczéma. Ça les démange et ils se grattent sur la peau des autres. » Après t’être acharné – c’était une urgence !- sur Denis Robert, dont manifestement tu ne connais ni les livres, ni les films, voilà que tu t’en prends à Bob Siné, que, brutalement, tu vires pour antisémitisme. Il y a longtemps que les lecteurs attentifs de « Charlie » savent ce qui vous oppose à propos du conflit israélo-palestinien. Prétexte, donc. Antisémite, Siné ? As-tu lu David Grossman et Amos Oz, écrivains israéliens qui, sans relâche, luttent, en Israël, contre l’actuel pouvoir israélien ? Antisémites eux aussi ? Moi qui ai dit sur la scène de l’Olympia : « Je ne confondrai jamais Ariel Sharon et Bibi Netanyahu avec Anne Franck et Primo Levi », suis-je pour autant un néo-nazi qui s’ignore ? Je pourrais te mépriser, je te plains.

Guy Bedos







SINÉ ASSASSINÉ


On a retrouvé le corps sans vie du dessinateur de 79 ans à son domicile de Noisy-le-Sec, victime du mot "antisémite" en pleine tête. On sait que ce mot a charge creuse laisse peu de trace en façade mais fait d'immenses dégâts à l' arrière du crâne et sur le papier peint. Après visionnage des caméras de vidéosurveillance, il semble que l'auteur du tir mortel soit le tueur à gages Claude Askolovitch, commandité par Philippe Val, patron de la victime. Ce dernier aurait voulu se débarrasser d'un employé dont le franc parler et l'imprévisibilité menaçait de compromettre la suite de sa carrière de bien pensant. Si l'ombre du Parrain, et plus particulièrement de son fils, plane sur cette sordide affaire, ce ne serait selon les spécialistes du milieu que pure coïncidence. D'autres y voient malgré tout une nouvelle preuve du zèle de l'assassin.
Après une enquête rondement menée, la police, souvent vilipendée par la victime, a très rapidement conclu au suicide.
Selon les voeux de sa rédaction, le dessinateur sera enterré dans la presse française, sans fleurs ni couronnes.

Benoit Delépine






Siné n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler un ami. Sa misogynie
volontairement primaire nous a tenus éloignés l'un de l'autre, malgré
quelques causes communes essentielles. (anticolonialisme, antiracisme etc.).



La direction de Charlie Hebdo vient de le licencier brutalement. Motif
allégué : propos antisémites. A la lecture attentive de ses quelques lignes,
je suis en mesure d'affirmer - en spécialiste du droit de la presse - qu'il
ne s'agit que d'un prétexte ; un procès pour antisémitisme n'aurait guère de
chances d'aboutir.



Cette opération participe donc des procès en sorcellerie qui se multiplient
aujourd'hui pour maintenir une psychose du juif persécuté.



Charlie Hebdo s'est toujours posé en champion de la liberté d'expression.



Rappelez-vous le tonitruant procès mis en scène, filmé, supermédiatisé des
caricatures de Mahomet. Aujourd'hui il porte à cette liberté un coup
terrible en tentant de museler Siné-le-libertaire.



J'ai participé en son temps avec Cavanna et d'autres, à la création de
Charlie Hebdo. Cette aventure superbe risque de s'achever dans la honte.



J'ai bénéficié jusqu'à présent d'un service de presse du journal. Arrêtez.
Je ne veux plus vous entendre ni vous lire.



Gisèle HALIMI







Société

Plantu : « Charlie fait le contraire de ce qu'il prône »

Dessinateur du Monde depuis plus de trente ans, de L'Express et agitateur de la mythique émission ''Droit de réponse'', Plantu avoue que cette histoire le fait « bien marrer » :
« Oui, Siné est viré alors qu'il n'a fait que de la provocation. Charlie Hebdo fait le contraire de ce qu'il prône, censure la liberté de parole. Mais ce n'est pas la première fois. Il faut arrêter la démagogie qui laisse à penser qu'on peut tout dire ou dessiner à Charlie Hebdo. Cela fait des années que je dis que c'est faux. J'y ai travaillé quelques semaines et il n'était pas imaginable que je puisse faire le moindre dessin positif sur l'école privée.
Que ce soit clair, Charlie Hebdo est un journal de provocateurs, un journal que j'aime, qui fait du bien, avec des dessinateurs provocateurs, mais, dans la provocation, il convient également d'accepter les dérapages. Siné a fait un dérapage mais on ne peut pas le taxer d'antisémite pour autant. Après avoir poussé dehors le dessinateur Lefred Thouron il y a quelques années, Charlie vient de faire la plus belle connerie qu'il a jamais faite ! Je ne veux pas croire que les dessinateurs de Charlie Hebdo acceptent une telle censure ».

18/07/08 l’est republicain





Carte blanche :

A CHARLIE HEBDO

Non content de nous infliger depuis trop longtemps ses éditos indigestes, sentencieux, autant que bien pensants, Philippe Val donne maintenant dans l'abjection.
Il accuse Siné d'antisémitisme et l'exclut du journal. Il règle ainsi d'une façon sordide un vieux compte nauséabond, celui qui l'oppose depuis des lustres à une bonne partie des lecteurs du journal; ces lecteurs qui ne lui sont restés fidèles que grâce aux talents et à l'insolence de ses collaborateurs et pas à l'idéologie fumeuse de son patron.

Siné antisémite! Ce serait une bonne blague si cela ne relevait pas d'une chasse aux sorcières, initiée par des écrivaillons embourgeoisés prêts à toutes les forfaitures pour être du bon côté du manche médiatique.
Nos pères, si pleins de tolérance et d'humour doivent s'arracher les "payès" dans leur paradis kashèr en voyant la petitesse suffisante d'un Askolovitch et de ses comparses.

Oui! A cette insulte fielleuse, ma part de juif se révolte, partagée entre le dégoût et le rire. Quels nabots du journalisme il faut être pour se livrer à de telles bassesses, et quels flatteurs soumis pour les soutenir?

Oui, de la même façon qu'il défend les "underdogs" toutes couleurs confondues,Siné est le grand ami des juifs, Siné est notre ami, le meilleur de nos amis, l'ami de ce que nous avons de meilleur en nous! Siné,à te lire depuis si longtemps, à te fréquenter, j'en témoigne et suis prêt à le faire jusqu'à ce que tes lamentables détracteurs soient confondus.

Siné tu es un "mènsch"*, Siné je t'aime.

Mark Held


* "celui qu'on admire et qui sert d'exemple, celui qui a un noble caractère"
(Leo Rosten "Les Joies du Yiddish" . Livre de poche

Mark Held. Architecte. Blog Paul Moreira. 20 minutes






19.07.2008

Siné qua non
Viré de Charlie Hebdo pour excès de caricature… Caricaturer d’accord mais dans les limites du convenable. Siné, l’homme qui conchie toutes les chapelles, tous les tribalismes, tous les chauvinismes devrait savoir que l’époque n’est plus à l’outrance.
Je ne le connais pas Siné mais depuis que je suis gosse, ses dessins m’accompagnent. Ses petits mickeys furibards. Pas dans la dentelle. Un style entre deux gueules de bois. J’ai lu la phrase sur le fils Sarko qu’on lui reproche. Pas fin. A la Siné. Il suggère que le fils Sarko est prêt à se convertir au judaïsme pour épouser une riche héritière. Que faut-il y lire ? Une mise en lumière de l’opportunisme du petit monsieur qui a su si bien mener sa barque à Neuilly ? Ou comme le dénonce le flamboyant journaliste néo-sarkozyste Claude Askolovitch : anti-sémitisme puisque Siné affirme que pour réussir, il faudrait être juif ?
Siné est il assez imbécile pour penser un truc pareil ?
Personnellement, et jusqu’à preuve du contraire, j’appartiens au camp de ceux qui en doutent.
Par ailleurs, je ne peux m’empêcher de remarquer que Claude Askolovitch peut se montrer beaucoup plus tolérant envers des propos frôlant le racisme. Ainsi quand des journalistes israéliens de Haaretz avaient publié une interview d’Alain Finkielkraut où celui-ci remarquait - avec le style serein et bienveillant qui le caractérise- que nous étions la risée de l’Europe parce qu’il n’y avait, disait-il, que des noirs dans notre équipe de foot, Asko se fend d’un papier dans l’Obs. Devinez qui il conspue ? Les félons israéliens qui ont eu le toupet de mettre dans l’embarras le grand idéologue de l’anti-métissage ! Et de rappeler, fort à propos, qu’il y a aussi des « putes » en Israël.
Quant à Philippe Val, qui pratique avec un art consommé le journalisme de l’amalgame, j’avais admiré la maestria de son édito où il démolissait le travail de mon ami Denis Robert (l’homme qui a forcé le ministre Longuet à la démission par ses enquêtes, puis qui a organisé l’appel de Genève avec des rigolos du calibre du juge Baltazar Garzon, pour une meilleure coopération judiciaire contre la criminalité financière, puis enfin, pour son plus grand malheur, qui a croisé le chemin d’une banque un peu compliquée et hargneuse : Clearstream). En quelques glissements successifs, Denis Robert était lui aussi devenu suspect d’antisémitisme. Vous savez pourquoi ? Parce que quand on fait du journalisme d’investigation, d’après Val, c’est qu’on a la manie du complot. Et si on a la manie du complot, c’est qu’on est un peu pareil que les types qui ont écrit le protocole des sages de Sion. Les antisémites russes qui avaient inventé un texte sur un faux complot juif. Pourquoi se fouler à chercher les faits, trois comparaisons, ça fait la blague... Si ça démoli un peu plus un gars qui a eu à subir plus d’une centaine de visites d’huissiers, peu importe. Peu importe aussi qu’il ai gagné la plupart de ses procès. Peu importe que Clearstream ai hébergé des banques aussi morales que la BCCI. Val ne connaît pas la BCCI. Et de toutes façons, que valent les faits, quand on a raison ?...
Je vous écris tout ça alors que je suis chez un ami en Grèce. Il vit au bord d’une falaise et ne retient de ce qui se passe en France que les embruns. Lui, il connaît bien Siné qu’il a invité ici, en vacances, l’année dernière, pour quelques jours. Mon ami, Mark Held, qui a quelques années de plus que moi, il a eu à fuir et combattre des antisémites sur lesquels le doute n’était pas permis. On les appelait les nazis. Il est même médaillé de la résistance. Et comme il était fou furieux de cette chasse aux sorcières contre son pote Siné, je lui ai offert l’espace de mon blog, pour qu’il s’exprime. Mark est un peu juif. C’est secondaire. C’est surtout un gars qui aime la liberté…
Paul moreira. Jounaliste
Blog 20 minutes





Maintenant je n'ai plus de raison de lire Charlie.
Toutes mes pensées amicales.

Georges Moustaki









oute l'actu 18.07.2008 | 16:05
SINÉ VIRÉ DE CHARLIE HEBDO
Philippe Val : "Cela devient trop dégueulasse"
Exclusif Le directeur de Charlie Hebdo, qui a décidé de renvoyer le caricaturiste Siné pour des propos qu'il juge antisémite, déplore "l'ampleur incroyable" qu'a pris cette affaire. "Je reçois des menaces physiques", dit-il.

Philippe Val : "Cela devient trop dégueulasse"
Philippe Val, le directeur de la publication et de la rédaction de Charlie Hebdo, déplore vendredi 18 juillet l'ampleur qu'a pris l'affaire autour du licenciement du dessinateur Siné.
Le caricaturiste, accusé d'avoir tenu dans une chronique des propos antisémites liés au projet de mariage de Jean Sarkozy, a été renvoyé de l'hebdomadaire satirique, avait confirmé Philippe Val mardi. Une décision contestée par Siné qui, dans une interview à nouvelobs.com, dénonce l'attitude de Philippe Val, une "crapule" selon lui. Siné affirme que le patron de Charlie voulait "le virer depuis deux ans".

"Je reçois des menaces physiques"

Interrogé à son tour par nouvelobs.com, l'intéressé n'a pas souhaité s'exprimer sur ces accusations. "Je vais arrêter de répondre à tout ça", nous a-t-il dit, ajoutant : "cela devient trop dégueulasse, tellement ignoble". "Je reçois des menaces physiques, ma boîte mail est saturée de centaines de mails d'insultes. On me traite d'ordure sioniste", a-t-il déclaré. Pour Val, cette affaire a pris "une ampleur incroyable". "C'est le monde à l'envers", poursuit-il, "puisqu'on en oublie le fond de l'affaire, c'est-à-dire la tenue de propos antisémites". "Désormais, c'est moi qui suis suspecté", estime Philippe Val, pour qui cette polémique "démontre un certain état d'esprit".









TELERAMA

p
olémique
Affaire Val/Siné : le syndrome du “pétage de plomb”
Le 22 juillet 2008 à 15h27


En renvoyant le dessinateur Siné pour “antisémitisme”, Philippe Val, le directeur de “Charlie Hebdo”, s'est rangé du côté des censeurs qu'il prétend combattre. Dans sa chronique, qui visait Jean Sarkozy, Siné était pourtant fidèle à son goût de la provoc' et de l'outrance... A lire aussi, la chronologie d'une affaire plus complexe qu'il n'y paraît et qui commence par un article dans “Télérama”…
ET AUSSI

"L'affaire Siné", une chronologie | 22 juillet 2008

Philippe Val, le directeur de Charlie Hebdo, l’ignore sans doute, mais il a au moins un point commun avec Nicolas Sarkozy : l’art consommé du pétage de plombs. Dans Ces mots qui nous gouvernent (éd. Bayard), la sémiologue Mariette Darrigrand classe en bonne place la présidentielle répartie « casse-toi, pauvre con », inaugurée au dernier Salon de l’Agriculture. Elle fait même de ce « pétage de plomb », l’un des entrées de son abécédaire de la France sarkozienne.

En virant salement le dessinateur Siné pour antisémitisme (lire la chronologie de l'affaire), Philippe Val s’inscrit dans l’air du temps fait de violence verbale, de manichéisme et d’anathème. Mais il a surtout porté un sale coup à cette liberté de la presse qu’il prétend chérir comme un Saint-Just. Réglant à cette occasion un vieux contentieux avec le dessinateur – guerre de génération, conflit d’opinion sur l’affaire Clearstream et sur la question israélo-palestinienne, notamment – Val a cédé sur deux fronts : celui de l’insolence (en craignant une réaction des Sarkozy fils ou père) et celui du débat d’idées en brandissant l’antisémitisme, à mauvais escient, comme une bulle d'excommunication.

Même si Télérama a eu maille à partir, ces dernières semaines, avec Charlie Hebdo, même si l’une de nos consœurs a été diffamée (voir op cit), l’heure n’est pas aux règlements de compte. Ce n’est pas notre terrain. Car l’« affaire Siné » raconte aussi quelque chose de l’air du temps. Du débat intellectuel et de ses frontières gardées par d’étranges défenseurs autoproclamés, comme Val, de la liberté, du bon anti-racisme et des valeurs républicaines.

En juin dernier, Siné écrit ceci dans les colonnes de Charlie Hebdo : « Je n'ai jamais brillé par ma tolérance mais ça ne s'arrange pas et, au risque de passer pour politiquement incorrect, j'avoue que, de plus en plus, les musulmans m'insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j'ai envie de leur botter violemment le cul ! »
« Leurs maris barbus embabouchés et en sarouel coranique sous leur tunique n'ont rien à leur envier du point de vue disgracieux. Ils rivalisent de ridicule avec les juifs loubavitchs ! Je renverserais aussi de bon cœur, le plat de lentilles à la saucisse sur la tronche des mômes qui refusent de manger du cochon à la cantoche ».

Philippe Val a-t-il alors quelque chose à redire ? Non, l’excès et l’outrance font partie du contrat de mariage de Charlie Hebdo avec ses lecteurs. Et les juges ont même consacré cette impertinence en relaxant le journal poursuivi pour « injures publiques » dans l’affaire des caricatures de Mahomet. Val qui n’a cessé de défendre la publication de ces mauvaises caricatures et, notamment celle assimilant le prophète Mahomet à un terroriste au risque de jouer les pompiers pyromanes, s’est vu conforté par le Tribunal de grande instance de Paris, en mars 2007. En dépit « du caractère choquant, voire blessant, de cette caricature pour la sensibilité des musulmans », le jugement a reconnu que « les limites de la liberté d’expression n’avaient pas été dépassées ».

Comment ce qui s’appliquerait aux uns – les musulmans –, ne s’appliquerait-il pas aux autres – les juifs, les militaires, les Corses … et même les fils de président –, toutes cibles de choix du provocateur au bazooka nommé Siné ?

En prétendant défendre la république et ses libertés, Philippe Val dessine les contours manichéens d’un débat dont il veut lui-même garder les frontières. La République de Val sent la Terreur plus que le 14 juillet. A ce jeu là, l’universitaire Pascal Boniface, parce qu’il critiquait la politique d’Israël, a été accusé, naguère, de tous les maux par les amis de Charlie Hebdo... Le journaliste du Monde diplomatique, Alain Gresh, a été taxé de crypto-islamisme parce qu’il conversait avec Tariq Ramadan…

Heureusement, le pétage de plomb de Philippe Val a réveillé les esprits. A moins de considérer comme suspects les signataires de la pétition en faveur de Siné. Belle et éclectique brochette qui va des dessinateurs Willem, Pétillon, et Philippe Geluck aux écrivains Gilles Perrault, François Maspero ou Raphaël Confiant en passant par Rony Brauman et Edgar Morin. Tous antisémites ?
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Thierry Leclère



Affaire Val/Siné : le syndrome du “pétage de plomb” | 22 juillet 2008

De jour en jour dans les journaux, presque d'heure en heure sur les blogs, « l'affaire Siné » prend de l'ampleur. Les partisans de Siné et ceux de Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, se répondent à coup de lettres ouvertes, pétitions, diatribes, engageant chacun sinon à se rallier, du moins à se positionner sur le prétendu antisémitisme du caricaturiste de Charlie. Difficile devant l'emballement médiatique d'y voir clair. D'autant que le différend entre Siné, 79 ans, et Philippe Val, 55 ans, s'il explose aujourd'hui, ne date pas d'hier. Cette chronologie tente de résumer les prises de positions des deux camps.

11 juin
Dans un post-scriptum à son article publié dans Télérama et consacré à Denis Robert et à ses nouveaux démêlés avec l'institution financière luxembourgeoise Clearstream, notre consœur Weronika Zarachowicz rappelle qu'« ironie de l’affaire : Clearstream a pour (excellent) avocat Richard Malka, qui défend aussi Charlie Hebdo. La liberté de la presse, ça va un temps… il faut bien vivre. »

25 juin
Dans son éditorial de Charlie Hebdo, Philippe Val prend la défense de son avocat, Richard Malka et résume les années d'enquête de Denis Robert à de la diffamation. Juste avant de diffamer à son tour Weronika Zarachowicz en assimilant son article aux Protocoles des sages de Sion, faux document antisémite notoire, rédigé au XIXe pour accréditer la thèse d'un complot juif mondial.

Blessée, notre consœur adresse un droit de réponse à Philippe Val, qu'il refusera de publier : « Vous établissez un lien entre mon travail et les Protocoles des Sages de Sion, impliquant que je suis donc adepte du grand complot antisémite. C'est abject. Diffamatoire. Et d'autant plus rance de la part de quelqu'un qui donne des leçons de déontologie et affiche sans cesse sa prétention à défendre les grands principes. »

C'est Richard Malka en personne, l'avocat schizophrène, qui lui répond dans une lettre à la rhétorique pour le moins tordue dans laquelle éclate le conflit d'intérêts lié à sa double casquette d'avocat de Charlie et de Clearstream. « Et, au-delà de ma personne, vous rendez vous compte que Clearstream, loin d’être une abstraction fantasmagorique, constitue une société dans laquelle 1.500 personnes travaillent et qui, toutes, ont également été blessées d’être assimilées à des commanditaires de tueurs russes, rôle que vous attribuez aux tribunaux français. Cette comparaison ne vous paraît-elle pas relever quelque peu des excès que vous dénoncez ? »
Dans son blog sur bakchich.info, Sébastien Fontenelle, est l'un des rares à faire cas de la polémique : lire Philippe Val fait sa vilénie mercredique.

2 juillet
Dans sa chronique hebdomadaire de Charlie Hebdo, si judicieusement intitulée « Siné sème sa zone », Siné s'abstient de donner son point de vue (contradictoire) sur « l'édito-lynchage » de son rédacteur en chef et choisit de remplacer sa prose par un bandeau « Autocensure ». Juste en dessous de ce qui sera perçu comme une ultime provocation, Siné ironise sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy avant son mariage annoncé par la presse avec la fille du fondateur des magasins Darty :
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

8 juillet
Le journaliste Claude Askolovitch, commente l'article sur RTL dans l'émission On refait le monde, dont il est l'un des chroniqueurs : « C'est une affaire qui a mon avis va faire beaucoup de bruit. C'est un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas qui s'appelle Charlie hebdo. »

17 juillet
La machine médiatique est lancée, comme le résume cet article de Rue89. Val saute sur l'occasion pour engager une procédure de licenciement à l'encontre de son collaborateur qui refuse de s'excuser et dénonce le procès en sorcellerie dont il s'estime victime.

18 juillet
Guy Bedos, ami proche de Denis Robert (tout se tient), se fend d'une lettre ouverte au directeur de la publication de Charlie Hebdo dans laquelle il n'hésite pas à comparer les méthodes de managment de Philippe Val à celle de Nicolas Sarkozy : Philippe Val, Tu es à Charlie Hebdo ce que Sarkozy est à la France. Lettre dans laquelle Bedos estime que le prétendu antisémitisme de Siné n'est qu'un prétexte avancé Val pour se débarraser une fois pour toutes de celui dont il n'a jamais partagé les prises de positions contradictoires sur le conflit israélo-palestinien. Siné s'en prenant presque toutes les semaines à la politique israélienne. Val ayant la facheuse tendance à confondre Palestinien et terroriste.

Un peu plus tard dans la journée, c'est au tour de Gisèle Halimi, qui a participé à la création de Charlie, d'apporter son soutien au dessinateur et de dénoncer le « prétexte » : « Siné n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler un ami. Sa misogynie volontairement primaire nous a tenus éloignés l'un de l'autre, malgré quelques causes communes essentielles (anticolonialisme, antiracisme etc.). La direction de Charlie Hebdo vient de le licencier brutalement. Motif allégué : propos antisémites. A la lecture attentive de ses quelques lignes, je suis en mesure d’affirmer – en spécialiste du droit de la presse – qu’il ne s’agit que d’un prétexte ; un procès pour antisémitisme n’aurait guère de chances d’aboutir. »

Sur le Net, une pétition de « soutien inconditionnel » à Siné circule, réunissant les dessinateurs – Willem, Pétillon, Pichon, Philippe Geluck, Desclozeaux –, des écrivains tels Gilles Perrault, François Maspero et Raphaël Confiant, des philosophes comme Michel Onfray et Daniel Bensaïd, les humoristes Guy Bedos et Christophe Alévêque, l'écrivain et cinéaste Fernando Arrabal, le réalisateur Pierre Carles, des enseignants, des journalistes – Denis Robert, Denis Sieffert... –, la comédienne Marina Vlady, le porte-parole de la LCR Alain Krivine, l'entarteur Noël Godin...

22 juillet
Les amis de Philippe Val ne sont pas en reste. La Licra et SOS Racisme soutiennent le directeur de Charlie Hebdo. Ainsi que Bernard-Henri Lévy, qui prend la défense de son ami dans une tribune du Monde : « Bouffer du curé, du rabbin, de l'imam – jamais du « Juif » ou de l'« Arabe ». »
A suivre...
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Jérémie Couston

PS : Jérémie Couston et Weronika Zarachowicz et Thierry Leclère ont signé la pétition de soutien à Siné.








DELFEIL DE TON


Les lundis de Delfeil de Ton

Vive Siné !

Par Delfeil de Ton

Delfeil de Ton, aux premières loges, vous montre par quel miracle «Charlie-Hebdo» est tombé dans des mains indignes et comment «le petit monsieur Val» a pu «foutre à la porte le grand monsieur Siné».

«Dans notre monde libéral, les idées finissent toujours par appartenir à ceux qui ne les trouvent pas.» Cette sentence est de M. Philippe Val, penseur contemporain.

Elle figurait en couverture du premier numéro de «Charlie-Hebdo» nouvelle manière lorsque parut sous ce titre, en juillet 1992, un journal qui prétend poursuivre l'ancien, «le vrai», comme disent beaucoup de lecteurs, lequel avait cessé de paraître en 1981. Le titre n'appartenait à personne, il n'avait jamais été déposé là où se dépose la propriété industrielle et commerciale. La poignée de gens qui l'avait fait, moins d'une dizaine, dont je faisais partie, se souciait de faire un bon journal, c'est-à-dire un journal qui les faisait rire. Notre ambition était de rire, de faire rire, et d'en vivre. On n'allait pas voir plus loin. On était des humoristes contemporains.

«Charlie-Hebdo», système libéral ou pas système libéral, ce fut nos idées à tous, on l'a inventé ensemble, sans penseur ni personne.

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A son premier numéro, «l'hebdo», comme nous disons entre nous, les fondateurs, s'appelait «L'hebdo Hara-Kiri». En effet, ce qui nous réunissait, c'était le mensuel «Hara-kiri, journal bête et méchant», au départ duquel on trouve associés, pour l'éternité de l'histoire de la presse, le professeur Choron et Cavanna. Cet hebdo, à cause et grâce à la couverture imaginée par Choron à la mort du général de Gaulle, «Bal tragique à Colombey: un mort», devint «Charlie-Hebdo». Le «Charlie-Hebdo» d'aujourd'hui, même si son directeur de la direction lui nie publiquement toute créativité, doit tout, encore, au professeur Choron. Sans son génie, qui s'est exprimé génialement ce jour de grand deuil pour la France, le «Charlie-Hebdo» d'aujourd'hui n'existerait pas sous ce titre. Il n'aurait pas eu ses premiers lecteurs, qui furent immédiatement très nombreux grâce à la légende sur laquelle il s'appuyait, et qui lui ont donné sur-le-champ des finances florissantes, sans lesquelles, dans notre monde libéral, il ne fait pas bon vivre pour toute publication.

«Dans notre monde libéral, les idées finissent toujours par appartenir à ceux qui ne les trouvent pas.» La sentence de M. Philippe Val, penseur contemporain, figurait donc en couverture du numéro 1 du nouveau «Charlie-Hebdo». En 2004, lorsque parut un livre, «Les Années Charlie, 1969-2004», qui prétendait retracer l'histoire du journal, cette couverture y fut republiée sur une pleine grande page mais la sentence n'y figurait plus. Le court texte, dans lequel elle se trouvait, avait été supprimé. C'est ainsi qu'on fait l'histoire, au nouveau «Charlie-Hebdo».

C'est pourtant la pensée la plus juste du penseur contemporain mais c'est aussi que le penseur, qui n'a pas trouvé cette idée qui s'appelle «Charlie-Hebdo», pas plus qu'il n'a trouvé cette idée d'appeler un journal «Charlie», cette idée lui appartient aujourd'hui grâce au monde libéral où il navigue avec une si remarquable aisance.

Ces choses, je n'avais jamais pris la peine de les dire. Je me soucie de ce Charlie-Ersatz comme d'une guigne, je ne le lis pas.

Siné biblio.jpg
© Arnaud Baumann
Siné
Seulement voilà: le petit M. Val a foutu à la porte le grand M. Siné. Siné n'est pas un ami, à peine un copain, mais je sais que cette accusation d'antisémitisme dont on l'accable n'est qu'un prétexte, je le vois, et je sais que c'est une accusation ignominieuse, destinée à tuer un homme moralement, socialement, professionnellement. Siné, qui a mené le combat anticolonialiste quand il y avait encore des colonies. On les comptait, les journalistes qui ouvraient leur grande gueule en ces années-là. Grand graphiste, grand dessinateur à qui on veut faire porter les bottes de Darquier de Pellepoix. Dans sa 80e année, on assassine Siné. En Corse, on a fait sauter sa maison. Ici, on veut le déshonorer.

Une pétition pour Siné a été signée par 2.000 gens de bien. J'en citerai deux. Edgar Morin qui, à l'âge de 85 ans, en 2006, dut aller jusqu'en cassation pour faire annuler sa condamnation pour «incitation à la haine raciale» sur dénonciation du même milieu qui s'en prend à Siné. Le deuxième: Willem, seul de l'équipe du soi-disant «Charlie-Hebdo», qui a signé au risque de prendre lui aussi la porte. Bravo, Willem. Je t'embrasse.

Delfeil de Ton




"Siné, Asko et moi"

NOUVELOBS.COM | 23.07.2008 | 12:46

Dans un commentaire que nous publions, à propos de l'article de Claude Askolovitch sur l'affaire Siné, le chroniqueur du Nouvel Observateur François Reynaert estime que l’accusation d’antisémitisme contre le dessinateur de Charlie relève d'une "logique regrettable et dangereuse".

Siné (DR)

Siné (DR)

ANTISEMITISME crient les uns, règlement de compte politique répliquent les autres. Le terrain est glissant. Avec ça - pétition de défense de Siné, d’un côté, tribune de BHL et prise de position de SOS racisme de l’autre- l’artillerie lourde est de sortie. Et comme dans toutes les guerres, on n’en finit plus de toute évidence, de régler de vieilles batailles dont le détail échappe à tout le monde, sauf aux trois anciens combattants qui les ont faites. Oui je vois bien que dans ce contexte, le plus sûr serait de se coller un casque sur la tête, et d’attendre avec prudence au fond de la tranchée que l’orage se calme. Seulement je n’y arrive pas, et à propos d’une affaire bien délicate, je risque ces trois mots parce que je les rumine depuis la semaine passée, qu’ils me tiennent à cœur, et qu’ils concernent mon journal, le Nouvel Observateur.
Je l’écris franchement : à propos de la chronique de Siné (et de la phrase incriminée : "Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée juive et héritière des fondateurs de Darty. Il fera son chemin dans la vie ce petit".) , j’ai été étonné de lire sous la plume de Claude Askolovitch : "Son texte joue avec les registres magiques de l’antisémitisme , l’image du juif, favorisé, riche et puissant…". Eh bien non, cher Claude. Je n’ai rien à redire sur le reste de ton enquête. J’ai lu, relu, relu encore la phrase de Siné, j’ai soulevé les adjectifs, soupesé les virgules, cherché à voir derrière les principales et les subordonnées. Je hais autant que toi et autant que nous tous, au journal, toutes les formes de discriminations, et non seulement je ne suis pas d’accord avec ce que tu écris, mais je pense qu’en l’écrivant, tu nous fais entrer dans une logique regrettable et dangereuse.
Le propre de l’antisémitisme, comme de tous les racismes, c’est d’écraser un individu sous un stéréotype. Ca n’a rien à voir avec le fait de dénoncer le comportement particulier d’un individu, même si ce comportement rejoint je ne sais quel stéréotype. Siné n’a pas écrit "tous les juifs sont riches" ou "pour réussir, il faut vraiment être juif" ce qui serait une saloperie. Il a écrit, "ce garçon là est prêt à tout même à une conversion pour devenir riche", ça n’a rien à voir. On me dit : mais cette histoire de conversion de Jean Sarkozy est fausse. Alors il faut faire un procès à Siné pour fausse information, pas pour antisémitisme. On me dit : mais on sait bien que l’antisémitisme a toujours reposé sur cet amalgame entre les juifs et l’argent. Et après ? En quoi est ce que cela empêche de se moquer d’un individu qui chercherait à réussir dans la vie en épousant une héritière qui se trouve être d’une famille juive (si c’est le cas bien sur, ce que j’ignore, évidemment). Au contraire, refuser de le faire nous ferait entrer dans une logique de folie. A ce compte là, j’aurai le droit de me moquer ou de contester les milliards de M. Arnaud, de M. Bill Gates, ou de M. Mittal, uniquement si je suis bien sûr qu’ils sont catholiques, protestants, hindouiste, ou n’importe quoi d’autre, et je devrais me bâillonner la bouche à propos des milliards d’un M de Rothschild, parce qu’il s’appelle Rothschild ? C’est délirant.
Et pourquoi s’arrêter aux juifs alors ? Si je suis ta logique, je n’ai plus le droit de me moquer d’une bourde de Ségolène Royal ou de n’importe quelle autre femme politique : allons, on sait bien quelle misogynie honteuse se glisse derrière le fait d’accuser une femme d’inconséquence, non ? Et je n’aurais plus le droit non plus de dénoncer la corruption de je ne sais quel ministre d’un pays du Golfe : voyons, ne soyez pas naïf, traiter un arabe de voleur, c’est entrer dans un stéréotype raciste, non ?
Non et non. Il faut être d’une vigilance scrupuleuse pour lutter contre tous les racismes. Il faut aussi l’être contre une logique folle qui ferait basculer cette noble lutte dans un retour aux procès staliniens. Le Nouvel Observateur a toujours combattu avec autant de vigueur les uns et les autres, c’est aussi pour cela que nous sommes tous si fiers d’y écrire.

François Reynaert